Football professionnel : Un gouffre sans fond

Football professionnel : Un gouffre sans fondLes seuils atteints par les salaires dans le championnat national de football professionnel dépassent l’entendement et échappent à toute forme de contrôle, alors que l’Etat continue à subventionner les clubs.

Le professionnalisme a-t-il un avenir en Algérie ? Cinq ans après son instauration (saison 2010-2011), il ne renvoie aucun signe encourageant au sujet de sa viabilité. Si sur le plan technique les avis sont partagés, sur celui de la gestion financière, ils sont tranchés. Sur ce chapitre précis, les clubs pro sont plombés. Ils ont peu de chance de redresser la situation en maintenant le cap pour lequel ils ont opté dès les premiers instants de l’adoption du professionnalisme.

La politique salariale des clubs conjuguée à l’absence d’un organe de contrôle du financement des clubs pros condamne inéluctablement le professionnalisme à une mort certaine (dans sa version actuelle). Les clubs pros vivent au-dessus de leurs moyens. L’écrasante majorité d’entre eux n’engrange aucun bénéficie lié à leur activité. Pire, ils ne produisent que du déficit à cause, principalement, de leur politique salariale trop dispendieuse et sans aucun lien avec leur réalité économique. C’est aussi et pourquoi la mise en place d’un organe de gestion et de contrôle a été remise aux calendes grecques.

L’an dernier, des voix s’étaient élevées pour exiger le plafonnement des salaires. Qu’est-il advenu de cette demande ? Elle n’a pas rencontré d’adhésion. Des clubs ont adopté le même profil en ce qui concerne la principale charge qu’est le chapitre salarial. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas révisé à la baisse la masse salariale.

Sur les 13 clubs qui ont gardé leur place en Ligue I au terme de la saison 2013-2014, quatre seulement ont répondu positivement à la demande de plafonnement des salaires formulée par le ministère des Sports, la Fédération, la Ligue de football professionnel et beaucoup d’acteurs du football. Il s’agit de l’USM Alger qui a réduit sa masse salariale de 29,81%, le MC Alger l’a fait à hauteur de 28,20%, le CS Constantine de 28,03%, et l’ES Sétif de 21,75 %.

Les 8 autres clubs n’en démordent pas et maintiennent le cap de la politique salariale en hausse, défiant toute logique économique.
Le RC Arbaâ est en pole position en matière de masse salariale. Par rapport à la saison 2013-2014 où il a déboursé 11 263 000 00 DA, cette saison (2014-2015) il a doublé la masse salariale qui est passée à 25 846 294 00 DA. Ce chapitre a augmenté de 129%. C’est énorme pour un club qui boucle sa seconde année en Ligue I.

La JS Saoura, nouveau club dans le paysage de l’élite, a gonflé la masse salariale de 78,91% par rapport à l’exercice précédent. La JS Kabylie qui a vécu une saison difficile a enregistré une augmentation de ce chapitre de l’ordre de 47,28%. Elle est talonnée de près par l’ASO Chlef qui a gonflé sa masse salariale de 38,46%. Le MC Oran a augmenté ce chapitre de 17,57%, suivi par le MC El Eulma 12,34%, le MO Béjaïa,13,71%, l’USM El Harrach 3,13% et le CR Belouizdad 3,03%.

Deux des trois clubs promus en Ligue I en 2013-2014 n’ont pas fait dans l’économie. L’USM Bel Abbès a eu presque la même masse salariale que le MOB. C’est-à-dire plus de 21 millions Da (salaires bruts) par mois. Celui du NAHD a avoisiné celui de son voisin l’USMH (plus de 15 millions DA/mois) et l’ASM Oran aura été vraiment le parent pauvre de la Ligue I avec 10 millions DA/mois en salaires bruts. Sur ce plan, les clubs professionnels sont loin des normes et peuvent remercier les pouvoirs publics pour leur laxisme à l’égard de leur gestion financière. Ailleurs, c’est-à-dire là où le football professionnel, le vrai, a droit de cité, une situation pareille ne peut être tolérée.
 En Algérie, c’est possible.
 
 El Watan  

 

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