A J-1 du 8e de finale Allemagne-Algérie

Les raisons de croire en la victoire

A J-1 du 8e de finale Allemagne-Algérie
Les raisons de croire en la victoireL’histoire a retenu. L’Algérie est pour la première fois de son histoire en huitièmes de finale d’une Coupe du monde de football. Un immense exploit réalisé par Slimani et consorts. Depuis qu’ils sont au Brésil, les Verts ont fait tomber des records. D’autres sont encore en jeu.

Allemagne-Algérie de ce lundi 30 juin ne sera pas singulier. C’est la continuité d’un match qui a commencé un certain 16 juin 1982 au stade El-Molinon à Gijón. Ce jour, l’EN de Khalef a grillé la politesse à la RFA de la sélection de Jupp Derwall où brillaient les Kaltz, Briegel, Breitner, Littbarski et autre Karl-Heinz Rummenige. Des stars qui avaient promis monts et merveilles à leurs épouses, amis et supporters. Finalement, ce jour, les Cerbah, Korichi, Merzekane, Madjer, Belloumi et autre Dahleb ont fait chuter l’ogre allemand. Un exploit qui, au fil des années, 32 exactement, est devenu une légende que Feghouli et ses camarades, qui n’étaient pas encore de ce monde en 1982, veulent renforcer par une nouvelle page à la gloire du football algérien. Et pour ce faire, les protégés de Halilhodzic doivent réussir un autre match de légende, ce lundi, à l’Estadio Mineirao de Porto-Alegre, face à l’Allemagne de Löw, une autre constellation d’étoiles évoluant dans les plus grands championnats d’Europe comme la Bundesliga, la Liga ou encore la Premier League. Les joueurs, euphorisés par leur qualification à ce tour des 16 meilleures nations de la planète, y croient. Certains, comme Feghouli, pensent même que le vrai exploit est à réaliser. «Ce n’est pas que du bonus. Maintenant qu’on est là… Quand on joue pour nos couleurs, pour notre pays, c’est à fond et on ne craint personne», lâchait-il en fin de match, jeudi passé, contre la Russie.

Une revanche sur l’Histoire, d’abord !
C’est dire l’hypermotivation des troupes de Coach Vahid à l’annonce de ce duel algéro-germanique. S’il est vrai que l’actuel effectif de l’EN n’était pas encore de ce monde, le plus vieux d’entre les joueurs, Madjid Bouguerra en l’occurrence, a vu le jour le 7 octobre 1982), il n’en demeure pas moins que la légende écrite par les anciennes gloires algériennes lors du Mondial espagnol s’est incrustée dans les esprits comme une croyance. Ceux qui ont vécu ou suivi l’épopée de Gijón ont toujours su entretenir cette belle page de l’histoire du football algérien et du pays tout court. Tous se rappellent des exploits de l’EN durant cette Coupe du monde ibérique. Tous n’oublieront pas de sitôt le tragi-comique spectacle offert sur cette même pelouse de l’Estadio d’El-Molinon par les joueurs de Georg Schmidt et ceux de Jupp Derwall. Le monde entier se souvient de la grossière supercherie offerte ce jour-là, un 25 juin 1982. Un «match de la honte», écrivait la presse internationale à propos de cette rencontre durant laquelle Horst Hrubesh a signé l’unique réalisation d’un non-match resté dans les annales du football mondial. Un fait de l’Histoire qui a amené la Fifa à apporter des changements sur son calendrier, fixant les derniers matches du premier tour au même jour et à la même heure afin d’éviter toute velléité de combines. Aujourd’hui encore, le fait du prince qui a privé l’équipe d’Algérie d’une mémorable qualification au détriment de l’ex-RFA, en deuxième phase d’un tournoi Fifa, est encore vivace dans les esprits de ceux qui l’ont vécu et ceux qui, par la suite, ont appris et revu la mascarade footballistique. D’ailleurs, vendredi, le site de la DFB rappelait bien que ce nouveau face-à-face a tout d’une revanche. «L'Algérie qui s'est qualifiée pour la première fois de son histoire pour les 8es de finale de la Coupe du monde veut se venger lundi de l'équipe allemande, 32 ans après leur dernière confrontation en Espagne», écrivait le site officiel de la fédération allemande. Histoire certainement de mettre en garde les joueurs de Joachim Löw d’un éventuel relâchement qui pourrait leur être fatal durant ce huitième de finale du Mondial brésilien.

Pérenniser Gijón
Un rendez-vous que les protégés de Halilhodzic ont commencé à préparer aussitôt le sifflet final du Turc Cakir, arbitre de leur dernier match face aux Russes. Quelques minutes après l’exploit, celui de passer au second tour, le sélectionneur disait sa fierté à propos de cette équipe qu’il a façonnée depuis voilà trois ans. «J’ai eu beaucoup de sympathie pour cette équipe qui avait justement battu l’Allemagne en 1982. 32 ans après, l’Histoire se répète et on va encore affronter cette équipe allemande, c’est quelque chose d’inimaginable. Franchement, je n’ai jamais imaginé cette situation et ce scénario. Nous allons aussi nous reposer, car certains joueurs ont fini le match très difficilement. Il faudra aussi essayer de récupérer et préparer une stratégie», déclarait le Bosnien en conférence de presse. Ses joueurs, sans exception, ont communié à la qualification avec leurs fans et ont juré de prouver que cette qualification au deuxième tour n’est pas usurpée, un fait du hasard, mais un exploit vaillamment acquis au prix de sueurs et de sang. Cœur de lion, Carl Medjani en fait le serment en avouant que «la pression sera beaucoup plus pesante sur l’Allemagne. Nous avons réalisé l'essentiel, en passant le cap du premier tour, on n'aura rien à perdre face à l'Allemagne, même si la mission s'annonce délicate». Plein de motivation, donc, et avec le sentiment renouvelé de prouver leurs vertus de guerriers, les troupes de Coach Vahid semblent solidairement engagées pour rééditer leur performance et faire, du coup, taire les derniers sceptiques à propos des qualités de cette équipe algérienne. Un bonheur à recommencer aussi pour des joueurs qui, sur le papier, souffriront de la comparaison avec les stars de la Nationalmannschaft à l’image de Mesut Ozil, Philip Lahm et autre Müller.

Faire honneur aux Brésiliens, aussi
Un adversaire qui a suffisamment de métier pour se défaire d’un ensemble algérien qui, somme toute et malgré sa bonne volonté, risque de payer cash sa grande débauche d’énergie. Ce n’est pas un secret que d’affirmer que le sélectionneur des Verts a fait jouer tout son groupe. Hormis Cadamuro, fortement pressenti pour disputer la rencontre de ce lundi, et bien entendu les deux gardiens suppléants (Zemmamouche et Si-Mohamed), Halilhodzic s’est appuyé sur 19 joueurs de champ pendant la première dizaine de cette épreuve. Lui-même avouait que ces joueurs n’étaient pas en mesure de livrer autant de batailles face à des équipes lourdement armées, physiquement, techniquement et en joueurs d’expérience. Demain, il sera question d’affronter une solide équipe allemande. Physiquement à point (elle a prouvé durant les trois premiers matches du tournoi respectivement contre le Portugal, le Ghana et les USA), mécaniquement bien huilée, la Nationalmannschaft est un poids lourd qui sait esquiver les coups bas et les uppercuts. Une stratégie que les Algériens adoptent souvent quand il s’agit de rivaliser avec des formations de l’envergure des Allemands et autrefois des Belges. Avec comme principale arme redoutable, ce football léché où la primauté est donnée à l’offensive. Une option qui a porté chance à Brahimi et Cie, désormais pris en sympathie par les Brésiliens, adorateurs du beau jeu et du football champagne comme savent le faire Feghouli et ses petits amis. D’ailleurs, lors de la dernière conférence de presse animée par Halilhodzic à la fin du match face à la Russie, la plus grande certitude du Bosnien résidait dans cet apport inestimable qu’apportait le public brésilien, particulièrement celui de l’Estadio Mineirao de Porto Alegre. «Nous savons désormais que les supporters brésiliens nous ont pris en sympathie. Ils apprécient notre manière de jouer et nous applaudissent. Cela est réconfortant d’autant plus que nous savons aussi que nous sommes appréciés partout, en Algérie, dans les pays arabes et musulmans, en Croatie, en Bosnie et partout dans l’ex-Yougoslavie d’où je reçois quotidiennement les encouragements de mes compatriotes et amis. Je ne vous cache pas que ce sera agréable de jouer en étant certain d’avoir le soutien de ces millions de fans de divers horizons», confiera-t-il.

Voir Rio et périr…
Et énième motivation pour Saphir Taider et compagnie : une qualification historique pour les quarts de finale où, sur le chemin, il pourrait s’agir d’affronter les Tricolores de Deschamps. Une autre revanche sur le destin, en fait. «L'Algérie finira par rééditer le coup de 1982 et battre l'Allemagne, pour pouvoir rencontrer ensuite la France en quarts, au stade de Maracaña», s’égosillera chaudement le milieu de terrain des Nerazzuri qui, probablement, effectuera son come-back, demain contre les Allemands. La perspective d’un quart de finale dans une Coupe du monde n’est pas, en définitive, une simple quête de victoire à l’occasion d’un aussi banal match de football. Les condiments et autres ingrédients d’une guerre des générations, où l’identité et les souffrances du passé ressurgissent dans le subconscient collectif, sont omniprésents pour faire de ce énième affrontement algéro-allemand un rendez-vous hors normes. D’une autre dimension. Avec, au bout, un voyage inespéré pour voir Rio et son auguste Maracaña.

M. B.

Le Soir d'Algérie
  

Vous devez être connecté pour poster des commentaires

Identification

DIHIA - AMOR AMOR Clip Kabyle officiel 2016

Agenda

November 2017
M T W T F S S
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 1 2 3