L’Afrique commence à se libérer du joug des tyrans et des despotes

L’Algérie est l’une des dernières dictatures du XXIe siècle

L’Algérie est l’une des dernières dictatures du XXIe siècleLe changement, c’est maintenant

Le changement implique le changement du système politique et non un changement dans le système. L’Algérie est divisée ; d’un côté, il y a ceux qui ont créé le système politique en vigueur depuis l’indépendance du pays, tel qu’il est, tel qu’il a été imposé par la violence ; de l’autre côté, ceux qui luttent pour que le peuple algérien maîtrise son destin, retrouve sa souveraineté et l’Algérien sa citoyenneté. Les antisystème politique ne veulent pas un autre système, mais établir une transition démocratique qui ouvrira la voie à la liberté et à la justice.

Quoi de plus facile pour le pouvoir, ses alliés et ses ralliés que d’accuser les accusateurs de vouloir mettre fin à ce système, dont le crépuscule qui s’étend sur lui entrevoit l’aube de la démocratie.

Bouteflika est à la fois le produit de ce système et la négation de Boumediène. Il ne fait que gérer ce système, imprimer sa marque avec un changement de style. Il a renforcé les dignitaires corrompus du système politique, dont les représentants les plus emblématiques ont occupé le devant de la scène politique et ont accaparé des secteurs les plus riches de l’économie. L’arbitraire n’est pas une faute du système, c’est sa raison d’être.

La politique de Bouteflika repose sur la technique de la conquête de la pratique et de la conservation du pouvoir

Sachant que le pouvoir se garde par la force et la loyauté par les privilèges et la corruption, il n’a ménagé ni l’une ni les autres. Le présidentialisme est l’indentification du peuple avec celui qui le dirige, c’est la manière de le régenter qui est anachronique, c’est le renoncement qui prive les Algériens de leurs droits car il n’y a pas de place à leur participation à la vie politique du pays. La monopolisation du pouvoir entre les mains du Président entraîne la faiblesse, la fragilité, la marginalisation des institutions politiques. Un pouvoir long conduit au totalitarisme et à la dictature.

Hannah Arent, auteur de Régimes du totalitarisme, déplorait que ces régimes, après avoir réussi à corrompre l’âme des nations, se soient rendus presque invincibles. Le Président passe son temps à défendre son pouvoir en violant la Constitution et les lois et en faisant abstraction du peuple.

Se perpétuer au pouvoir, le monopoliser conduit au totalitarisme, à la dictature. Bouteflika s’est octroyé, s’est doté, par la révision constitutionnelle du 12 avril 2008 qui est un coup d’Etat constitutionnel, faite par lui et pour lui, de tous les pouvoirs, pour soi et non pour tous. La Constitution du président Zeroual de 1996 limitait à deux le nombre de mandats du Président, un mandat renouvelable une fois est une référence, la règle dans les démocraties. Le pouvoir est complètement détourné de son esprit originel par la décision du Président de s’octroyer un troisième mandat qui relève de la forfaiture.

Les dirigeants sont pour la plupart arrivés au pouvoir par des élections truquées

C’est le suffrage universel par des élections libres, transparentes, crédibles, incontestables qui donne aux élus leur légitimité.
L’élection n’a pas pour objet de choisir le Président mais seulement de le légitimer, car le choix est fait par les décideurs de l’armée qui dirigent le jeu politique, un jeu sans règles.

Que le peuple vote ou non, le pourcentage de voix est fixé à l’avance de manière bureaucratique. Quand un homme vole une banque, il est qualifié de gangster.Quand le pouvoir vole le vote du peuple, c’est du gangstérisme politique.

On ne peut pas gouverner l’Algérie sans partager le pouvoir et les responsabilités

La tendance du Président à personnaliser et à centraliser à l’excès le pouvoir, à régner et gouverner à la fois, à tout régenter et à tout contrôler, à développer des relations de type monarchique avec son entourage, à faire du gouvernement à son image et à sa dévotion l’annexe de la Présidence, du Parlement deux Chambres d’enregistrement, de nommer aux postes de souveraineté ses proches, a réveillé les vieux démons du régionalisme.

Le choix des dirigeants, ministres, ambassadeurs, walis, etc., se fait par filiation, cooptation, népotisme, consiste à placer les siens aux fonctions régaliennes. S’opposer au pouvoir, c’est ouvrir la voie aux inspecteurs du fisc qui font un redressement fiscal hors normes. Quand le pouvoir s’enferme, se replie sur lui-même, ne s’ouvre pas – car l’ouverture et le renouveau sont nécessaires, indispensables – il devient dangereux.

L’Algérie est l’un des états les plus corrompus du monde

La corruption est élevée au niveau d’une institution, l’appétit de jouissance et la recherche du luxe se sont substitués aux valeurs fondamentales du peuple. Les dirigeants possèdent pour la plupart un patrimoine mobilier important, une fortune personnelle et nombreux sont ceux qui ont des biens à l’étranger. Un dirigeant ne peut être poursuivi quand il est en délicatesse avec la justice pour scandales politico-financiers ou malversations, tant pour les sommes détournées que pour les réseaux impliqués, ou jeté en pâture à l’opinion publique.
L’impunité dont bénéficient les corrupteurs et les corrompus est un scandale.

Dans notre monarchie républicaine, celui qui est dans l’orbite du roi, comme le roi lui-même, échappent à la règle commune : rendre compte à la justice. Après la toute-puissance du président Bouteflika, son impuissance. Il veut reprendre en main tous les pouvoirs qu’il détenait et qu’il ne peut exercer, qu’il délègue à des élus et des non-élus. Sur l’échelle de Richter de la vie politique, le risque de séisme atteint la cote d’alerte maximum, car il existe les ferments d’une rupture. Il est donc urgent d’agir.

La vraie filière pour accéder au pouvoir passe par l’armée, qui exerce le pouvoir réel depuis l’indépendance

Non seulement les militaires occupent le champ politique, mais ils le dominent. Bien que son rôle politique ne soit pas consacré par la Constitution, l’institution militaire renforce son influence sur la vie politique. La fracture au sommet de l’Etat apparaît au grand jour. Le peuple algérien, qui redoute les convulsions politiques d’un pouvoir en fin de règne, a le droit de savoir ce qui se passe au sommet de l’Etat. Devant qui est responsable le Président ? Devant les décideurs de l’armée qui l’ont porté au pouvoir.

La solution de la crise par l’armée – hypothèse qui relève du possible, du souhaitable, donc du probable – doit être non seulement envisagée, mais préparée. Le pouvoir au peuple, l’armée à la nation en dehors du pouvoir, l’Algérie à tous les Algériens et toutes les Algériennes.
Quel est le bilan après 16 ans de pouvoir absolu, dictatorial ?


«Se tromper est humain, persévérer est diabolique» (proverbe latin).

Les libertés sont altérées, aliénées. C’est sur son comportement avec ses adversaires que l’on juge l’homme politique, le Président en particulier. Le peuple algérien est digne de tous les droits de l’homme et doit pouvoir en jouir sans aucune restriction. Lorsqu’on aborde un problème aussi sérieux et crucial que celui des droits de l’homme, qui sont le sel de la terre, un espace de liberté, une avancée certaine de la démocratie qu’il faut consolider par un travail pédagogique auprès de l’opinion publique, parce qu’il sont le patrimoine commun, un des lieux privilégiés des Algériens de tous bords, l’ultime valeur à défendre.

Le refus de l’exclusion n’est pas une opinion mais un crime. Qui a franchi le seuil de l’intolérance qui ne peut être tolérée, de l’arbitraire et de l’injustice, est celle de la dignité qui reconnaît l’autre différent de soi mais égal dans ses droits, ce qui lui permet de s’exprimer, de défendre ses idées, son opinion, ses convictions. Les droits de l’homme ne sont pas dans l’Etat mais en face de l’Etat, c’est l’homme ou la femme que ne baisse pas la tête et ne plie pas le genou.

La vie en soi est sacrée, il faut venir en aide à toute vie humaine en détresse. La loi contre les associations, loi scélérate, répressive, est un glissement du droit vers l’état d’urgence qui a duré 19 ans, du 9 février 1992 à janvier 2011. La surveillance des militants syndicaux et de la société civile met en relief l’opacité kafkaïenne des pratiques policières.

Quand le respect des droits de l’homme sera-t-il un vécu quotidien ? La liberté de la presse dont le pouvoir est limité par sa diversité – car elle n’est ni une, ni unie – protège un droit fondamental : la liberté d’expression.

Selon un proverbe persan, «la liberté de penser et de s’exprimer est comme l’air que nous respirons, indispensable à notre survie». Le pouvoir, qui a verrouillé l’information, est débordé par la virulence des blogs et des réseaux sociaux, libres, créatifs, pleins d’humour. L’influence d’internet, avec des arguments pertinents et convaincants, fustige les prévisions du pouvoir finissant.


L’ENTV fait de la désinformation et de la manipulation

Il faut dénoncer les années d’arrogance, de désespérance, d’ambition sans limites, d’incompétence du pouvoir qui divise les Algériens sur tous les fronts, y compris sur celui de leur identité. La recherche historique fait surgir de notre passé un chemin éclairant notre tâche d’aujourd’hui.

L’identité nationale, qui est au cœur du problème, se forge sur une mémoire longue, celle des événements successifs qui ont façonné l’Algérie et les Algériens. C’est l’accumulation au cours des siècles de ses strates qui font l’identité algérienne. L’enjeu demeure celui de l’accès à la modernité, à l’universalité. L’imitation de l’autre ne peut constituer une identité. Comme le disait Jacques Berque, «c’est l’identité et non l’imitation de l’autre qui permet d’accéder à l’universel».

Lorsqu’on nie votre personnalité, votre culture, votre identité, que se passe-t-il dans l’inconscient individuel et collectif ? Le pluralisme politique, culturel et linguistique est la condition nécessaire à la cohésion nationale.

Qu’avez-vous fait de vos 16 années de pouvoir absolu, Monsieur le Président ?

Quel est le bilan ? Il faut porter un regard lucide et critique sur le pouvoir. L’Occident soutient le pouvoir algérien qui a établi la stabilité politique, qui n’est qu’un euphémisme qui désigne la domination politique. La stabilité politique ne peut être soutenue que si elle est en faveur de la démocratie et non de la dictature. Le statu quo et l’immobilisme sont mortifères, préparent l’explosion politique et sociale par un orage et peut-être une tempête.

La jeunesse, qui représente la vie et l’espérance, doit succéder au pouvoir

Les jeunes sont révoltés contre un pouvoir qui refuse de les intégrer en tant qu’acteurs de la vie politique, culturelle, et fait d’eux non pas des citoyens mais des sujets.

Premières victimes ils sont sacrifiés, délaissés, avec les ferments d’une rupture générationnelle qui peut conduire à une situation explosive. L’avenir des jeunes générations qui arrivent en rangs serrés est bloqué par une politique génératrice d’inégalités. On ne peut laisser se noyer dans le plus grand cimetière marin de la Méditerranée des jeunes qui fuient la dictature et la détresse qu’elle engendre. De nombreux Algériens s’immolent par le feu pour exprimer leur désespoir.

La femme algérienne

Dans la vie des femmes, il y  a un temps pour donner la vie et un temps pour se donner à la vie. La femme, pilier du foyer, a de nombreux talents dans tous les domaines. Elle revendique sa juste place dans la société, qui est l’égale de l’homme. C’est pour leur émancipation que les femmes mènent un combat humaniste pour l’universalité des droits. Il faut réagir aux pressions physiques ou verbales subies par les femmes qui portent des robes ou des jupes courtes, réputées échauffer certains hommes, qui honorent la féminité, motif de fierté qui les réconforte. Il faut dénoncer toutes les injustices qui font partie de leur vie quotidienne.

Quelle est la place de l’humain dans notre société ?


Le Président a ouvert un boulevard au libéralisme sauvage et à l’informel

Une politique qui ne redistribue pas équitablement les richesses nationales perd sa raison d’être. L’Algérie n’a pas de vraie politique industrielle qui est un objectif majeur, prioritaire. L’investissement, qui est souvent bloqué par l’administration, sert l’intérêt général et profitera aux générations futures.

Selon un vieil adage ottoman encore en vigueur, «l’administré est au service de l’administration et non l’inverse». Le pouvoir fait parler non pas les syndicats autonomes et le Snapap qui proposent des solutions idoines, mais l’UGTA («qui est le syndicat du pouvoir», selon son secrétaire général) et le FCE trop attaché à la richesse de ses membres. Les syndicats sont frappés par la désespérance sociale. La manifestation et la grève sont historiquement les moyens d’expression des travailleurs pour défendre leurs revendications.

La préférence nationale est du patriotisme économique

Il faut produire algérien, fabriquer algérien pour acheter algérien et consommer algérien. L’Algérie ne produit pas l’essentiel des produits de large consommation mais achète tout à l’étranger, parce que la relance de la production sur le sol national est délaissée. La manne pétrolière suffit nos besoins, pourquoi travailler ? Les vergers qui produisent de très beaux fruits et légumes sur les riches terres agricoles sont devenus des terrains à bâtir.

Les tenants du pouvoir sont au dessus des lois, ont tous les droits. Le pouvoir judiciaire n’a pas la légitimité que l’élection confère au Président ou au pouvoir législatif par application du principe démocratique qui veut que tout pouvoir est fondé sur la délégation du souverain, le peuple.

Il ne peut être crédible que par son indépendance par rapport à l’Exécutif et par la compétence et l’honnêteté des juges. La soumission organique et fonctionnelle de la justice au pouvoir exécutif est la porte ouverte à l’arbitraire qui conduit à des injustices, ce qui est la négation de l’Etat de droit.

La police politique détient l’essentiel des leviers de la justice, pèse d’un poids considérable, démesuré sur son fonctionnement et ses décisions. Les ministres de la Justice qui ont servi le président Bouteflika ont une lourde responsabilité dans la soumission de la justice.

La justice a abdiqué ses pouvoirs constitutionnels pour se mettre au service du pouvoir politique. Il n’y a pas de pouvoir judiciaire comme le mentionne la Constitution, mais une simple autorité qui sert d’alibi au pouvoir exécutif, qui fait pression sur elle et la fait plier à ses injonctions. La dépendance de la justice au pouvoir, qui influence ses décisions, est totale. Quand une affaire politique prend le contrepied de la volonté du pouvoir, il fait donner la justice qui transforme en délits des faits politiques considérés, dans les pays démocratiques, comme des droits élémentaires des citoyens.

Comment améliorer l’image de la justice, comment peut-elle retrouver son audience, son prestige, quand des magistrats sont prêts à la soumission et au zèle au service du pouvoir, particulièrement dans les procès politiques et économiques où les jugements et arrêts qu’ils rendent sont dictés par le ministre de la Justice et la police politique ? Les tribunaux et cours ne sont pas des lieux où la justice est rendue, mais des instances politiques où le pouvoir juge ses adversaires. La justice est perçue par l’opinion publique comme soumise au pouvoir exécutif, son ombre, son bras séculier. La justice est décriée, brocardée.


«Moi, petit juge…»

Le cadre du juge est la loi, son devoir est l’impartialité. Le petit juge ne peut convoquer un ministre, ce que le droit et la loi l’autorisent à faire. A la force de la loi, il a substitué la loi de la puissance de la force qui fait jurisprudence : un ministre en activité ne peut se présenter devant la justice, même à titre de témoin.

Le juge place sa vie sous le signe du devoir, assume sa tâche avec intelligence dans la droiture, la loyauté et une profonde humanité. Les Algériens ne sont pas tous égaux devant la loi qui doit s’appliquer à chacun. Du juge qui donne l’impression de reproduire mécaniquement ce que le pouvoir lui demande de faire, c’est la robe qu’il faut respecter.

Il faut dénoncer le glissement progressif de la justice, debout et assise, vers une justice à genoux et qui finit couchée.
Les juges du pénal connaissent le code pénal, les normes juridiques nationales et internationales qui font un Etat de droit, mais n’ont pas ou ont une faible culture internationale nécessaire à l’exercice de leurs fonctions pour éviter les dérives.

Le processus d’accroissement du pouvoir du parquet dans la procédure pénale a pour objet l’ordre, toujours l’ordre, pour couvrir la torture subie par Mejdoub Chani et les autres détenus. Et la justice pénale ne trouve ni justifications ni motifs légaux pour condamner. Les procès politiques, d’opinion, économiques, sont placés sous le signe de l’arbitraire et de l’injustice. Il y a forfaiture des juges et perversion de la justice.

Les décisions des cours de justice sont souvent non motivées, rédigées en des termes qui ne respectent pas les obligations de présentation auxquelles doit satisfaire toute décision de justice. Il faut redonner à la justice sa dignité et son honneur.

La diplomatie algérienne vieillissante, qui brille par la parole sans résultat, a besoin de se moderniser

La manière de régenter le peuple malien est anachronique car aucune place ne lui est laissée pour participer à la vie politique du pays. Privilégier, au Mali, la cohésion nationale c’est éliminer les facteurs d’affrontement et de division. La fracture – avec ses contorsions politiques et sa confusion idéologique – est ouverte, publique, au sein de la société malienne.

La concentration du pouvoir déstabilise la démocratie. Les rapports coloniaux sont omniprésents au Mali et les programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale sont déjà prêts.
Des Maliens dotés de notoriété, hommes et femmes d’expérience et de qualité, qui ont connu la grâce et la disgrâce et ont au cœur de leurs actions quotidiennes l’indépendance du Mali, solution la plus rentable et la plus efficace, n’approuvent pas les interminables dialogues sous l’égide de la diplomatie algérienne. Il faut parler vrai et près des faits.

Un accord définitif n’est pas trouvé entre les parties en conflit. Les membres influents de la CMA (le MNLA, le HAIH, le MAD) sont les grands absents de l’Accord d’Alger, fruit des négociations entre le gouvernement malien et les rebelles touareg. Les combats ont repris au nord du Mali après la signature de l’Accord d’Alger qui doit être ratifié au Mali.

Il faut bannir le mensonge en diplomatie, qui est un mal absolu car le prix à payer est grand

Le mensonge permet de déformer la pensée des ennemis et des adversaires, de les discréditer. «Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose», disait Beaumarchais, et Jaurès : «Le courage est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe.»

La situation régionale est difficile sur le plan diplomatique. L’hégémonie politique et culturelle de la diplomatie américaine n’a pas entraîné la fermeté de la diplomatie algérienne, qui a renforcé le jeu diplomatique des Etats-Unis et de la France. Les discours très nombreux de Ramtane Lamamra mènent à la promotion de son image.

Le mensonge en diplomatie, forfaiture idéologique et historique, rehausse une carrière et même un destin. Mais selon les circonstances, il peut briser le destin du ministre des Affaires étrangères. La vérité des faits est dissimulée, fardée, travestie. L’éthique de la démocratie repose sur un principe pascalien : «A la fin de chaque vérité, il faut ajouter qu’on se souvient de la vérité contraire.»

La diplomatie algérienne n’est qu’un supplétif docile de la politique des Etats-Unis et de la France, qui reflète les déclarations de notre ministre des Affaires étrangères qui a ramené la paix au Mali et demain en Libye. Pour paraphraser La Fontaine, il suffit que l’Occident, particulièrement les Etats-Unis et la France, disent que le corbeau algérien est le plus beau pour qu’il lâche son fromage à leur profit.

Le prix Nobel de la paix plane sur l’Algérie

Pour Emmanuel Kant, «il ne faut pas séparer la fin des moyens car le moyen employé peut vider de son sens l’objectif recherché, détruire la légitimité du but que l’on croit viser».
L’Algérie à part Boumediène, n’a qu’un président, Abdelaziz Bouteflika, qui a déclaré que «ses prédécesseurs ne sont que des présidents stagiaires». Il est le seul vrai ministre des Affaires étrangères depuis l’indépendance du pays, tous les autres ne sont que des ministres intérimaires.

Miloud Brahimi, président de la Ligue officielle des droits de l’homme a, en 1987, demandé publiquement la remise du prix Nobel de la paix au président Chadli Bendjedid qui venait de libérer 22 militants démocrates et des droits de l’homme internés au Sahara.

Bouteflika a créé une commission nationale dont l’objectif est de lui obtenir le prix Nobel de la paix. Depuis Mandela, l’Afrique n’a pas obtenu de prix Nobel.

Elle intéresse l’Occident, qui panique à l’idée qu’elle pourrait basculer vers la violence comme le Moyen-Orient. L’Algérie est bien placée et c’est Ramtane Lamamra qui peut être le bénéficiaire. Dans le dernier remaniement ministériel, on remarque l’imprévisible et les retournements.

L’ISCO, opposition nationale

Pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie, une opposition nationale qui a fait la synthèse des différents courants politiques de la société s’est constituée. L’idée remonte à avril 2008, quand le président Bouteflika a révisé la Constitution pour instaurer un pouvoir à vie. La dictature va-t-elle céder au frémissement de la démocratie qui redonnera un sens à la politique et placera le pays sur la voie du redressement ? La démocratie doit reprendre ses droits, permettre au peuple de mettre fin au pouvoir des dirigeants qui ont fait son malheur. Dans ce pays vivent des femmes et des hommes qui luttent pour la démocratie, la liberté, la justice, les droits de l’homme, et d’autres qui sont au service du pouvoir.

De cette fin de règne va naître une nouvelle ère, à laquelle l’ISCO se prépare pour ouvrir la voie à la transition démocratique. La solution se mesure à la capacité de l’opposition nationale de parler d’une voix ferme et unique.

Ce qui compte en politique, c’est d’agir, d’occuper le terrain pour mettre fin à un pouvoir totalitaire, imposé par la violence. Il ne suffit pas de s’opposer à la dictature pour être démocrate ou républicain ;  il faut être humaniste, défendre l’Etat de droit, la souveraineté du peuple, la justice, la liberté, les droits de la femme égaux à ceux de l’homme.

L’opposition nationale mène un grand combat pour une cause juste qu’il faut défendre : sortir de la dictature pour construire la démocratie. Le constat est que l’offensive menée par les partis du pouvoir contre l’opposition nationale a mis en relief toutes ses rancœurs. Le FFS, avec ses contorsions politiques et sa confusion idéologique, cherche un consensus qui n’apparaît ni au présent ni à l’horizon.

Changer de Constitution n’est pas une priorité et ne peut se faire qu’après la transition démocratique qui permettra au peuple d’élire, par des élections libres, transparentes, crédibles, incontestables, ses représentants au niveau de toutes les institutions élues. La seule chance de sortie de crise réside dans le retour au peuple, au suffrage universel, pour mettre fin à l’illégitimité du pouvoir et surtout fonder un Etat démocratique, basé sur la souveraineté du peuple et la citoyenneté. L’Algérie a besoin de nouvelles élections présidentielles pour sonner le glas du système politique en vigueur.

L’idée que l’opposition nationale puisse arriver au pouvoir fait son chemin, prend consistance. La dynamique politique va propulser l’un des candidats de l’ISCO présent au deuxième tour de l’élection présidentielle, si elle est propre et transparente, à son élection, à sa victoire. Chacun doit soulager sa conscience pour dire ce qui doit être dit.

Alger, le 2 juin 2015
Ali Yahia Abdennour

El Watan  

 

Identification

Agenda

November 2017
M T W T F S S
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 1 2 3