Yemma Yemma Izarfen nnegh

 La célébration de la journée internationale de la femme. Yemma Yemma Izarfen nneghLa célébration de la journée internationale de la femme doit être perçue comme un rappel de tous les combats qu'avaient menés les femmes du monde entier pour arracher des droits. Ces derniers, même s'ils sont consacrées dans plusieurs pays, les plus développés et démocratiques, demeurent malmenés voire éradiqués dans certaines contrées.

Celles-ci continuent avec arrogance à étouffer la voix de leurs femmes au su et au vu de la communauté internationale.

En effet, des millions de femmes démunies subissent au quotidien les folies de l'extrémisme religieux, de l'incohérence des mentalités rétrogrades et surtout de la tyrannie des régimes totalitaires.

En Algérie, le statut de la femme demeure mineure et ce malgré sa contribution dans le combat de libération de son pays. Les lueurs d'espoir quant à la reconnaissance institutionnelle de ses mérites et de ses droits ont été assassinées dans l'œuf par les parlementaires des années 1980 avec la promulgation du code de la famille et l'acharnement des islamistes depuis les années 1990 à nos jours à la confiner dans le rôle de la ménagère soumise.

Les valeurs qui faisaient la force de notre société et qui étaient portées justement par les femmes ne cessent de s'effriter au grand bonheur de ces pseudo-cultures importées de l'Orient notamment. La cause est due au fait qu'on ait ciblé cette garante de notre héritage millénaire en l'exposant à tout ce qui vient d'ailleurs. En effet, si Yemma et Yaya (ma mère et ma grand-mère) étaient les miroirs vivants de notre civilisation millénaire, les nouvelles générations de femmes ne peuvent malheureusement pas assurer la relève et ou se targuer d'être les dignes descendantes de Dyhia ou de Fadma N soumer.

La modernité n'a pas été utilisée pour renforcer la dynamique identitaire et culturelle de notre société. Elle a été, au contraire, absorbée dans une approche de rejet de ce qu'on est. Pis encore, l'ouverture sur le monde n'a pas exporté ce que nous sommes, mais elle a importé ce que sont les autres au détriment de qu'on a hérité de nos ancêtres depuis des millénaires. Les exemples ne manquent pas pour illustrer cet horrible constat. La mariée par exemple à côté des tenues traditionnelles qui font notre fierté et notre identité, dépense un argent fou pour se déguiser en Indienne pendant le plus beau jour de sa vie. La mariée indienne porterait-elle une tenue traditionnelle berbère ou algérienne le jour de son mariage? La réponse est non. C'est dans ce genre de moments qu'elle affichera fièrement et dignement son identité et ses traditions. Cela ne veut pas dire que cette femme indienne n'est pas ouverte sur le monde. Elle est ouverte sur les autres tout en demeurant elle-même, solide et digne descendante de Gandhi.

Seul un sociologue pourrait analyser ce délabrement culturel qui a éventré l'ADN de l'Algérienne, de la Berbère. Sérieusement, nos femmes manqueraient-elles de référents ou de repères? N'auraient-elles pas assez de modèles féminins extraordinaires qui ont écrit les plus belles pages de notre histoire? Les valeurs de leurs mères et de leurs grand-mères seraient-elles devenues une tare ou un fardeau dont il faut se débarrasser?

La femme a été chantée pour sa beauté, mais surtout pour sa mission de transmission de la langue, de la civilisation à travers les âges dans toutes les sociétés. Certes, elle a des droits qu'elle doit défendre et revendiquer, mais aussi des devoirs qu'elle doit assumer. Ce constat ne concerne pas seulement ou uniquement la femme. Il touche également l'homme qui vénère sa mère, mais n'hésitera pas à se fondre dans la culture de l'autre dès qu'il pense avoir un certain degré d'instruction ou et surtout lorsqu'il côtoie les autres cultures du monde. Un diplomate algérien disait fièrement dans les coulisses que chez lui, il vit en berbère avec sa mère. On déduit, à travers cette confidence bizarroïde, qu'il cachait sa mère parce qu'il était complexé de montrer au monde son identité.

Ceci étant dit, d'autres gestes posés nous permettent de garder espoir et de croire en l'avenir. Il y a encore des femmes qui continuent à se battre contre les injustices et l'obscurantisme et des hommes authentiques qui soutiennent leurs revendications et qui s'affichent fièrement auprès de leurs mères, de leurs femmes, de leurs sœurs et de leurs filles. L'une des plus belles images que notre mémoire collective ait gardée est celle de la mère du boxeur Hamani. Habillée en robe kabyle, elle l'accompagnait partout. Elle était rayonnante et fière de son fils. Et ce dernier le lui rendait d'une façon admirable et enviable.

Bref, un 8 mars demeure un symbole du courage de toutes les femmes du monde qui se sont sacrifiées pour que d'autres femmes accèdent à l'instruction et aient le pouvoir de disposer d'elles-mêmes. Aussi, il nous rappelle que dans plusieurs pays, des milliers de femmes n'ont aucun acquis et que nous devons les aider et les soutenir dans leurs combats pour mener une vie digne et humaine.

 

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