LA MARCHE DES MÉDECINS EMPÊCHÉE


Le mercredi de la colère

LA MARCHE DES MÉDECINS EMPÊCHÉELes praticiens de la santé publique sont déterminés à poursuivre leur débrayage.

L’empêchement! C’est par ce moyen que la police a réagi, hier à Alger, à la manifestation des praticiens généralistes et spécialistes de la santé publique. Le premier mercredi de la colère n’a pas eu lieu. La marche, qui devait mener les «blouses blanches» de l’hôpital Mustapha-Pacha vers la présidence de la République, a été tout simplement empêchée. «Il nous ont bousculés, mais cela n’entamera pas notre détermination à poursuivre notre grève jusqu’ à la satisfaction de nos revendications», a affirmé le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp). Même son de cloche chez le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp). «Nos revendications sont légitimes et notre action pacifique», signale ce dernier.

Devant le pacifisme des praticiens, la réaction du service d’ordre a été des plus fermes. Très tôt dans la matinée, le rond-point du 1er-Mai a été investi par les forces de l’ordre. Quatre fourgons et deux véhicules 4x4 bordaient déjà la placette du jet d’eau.
Deux autres voitures sillonnaient les alentours. Aux craquements de leurs talkies-walkies, des flics en civil se trahissent. Ils surveillent les lieux comme du lait sur le feu.
D’autres policiers sont «disséminés» un peu partout dans les parages. Ainsi, les bancs qui bordent les trois placettes, celle du jet d’eau, du poisson et de l’horloge sont «soigneusement» et discrètement occupés. Il est 11h00, la placette de l’horloge (une horloge se dresse au milieu) est soudain entourée de véhicules de police. Trois fourgons, trois 4x4 et une autre voiture l’encerclent. L’occupation de ce lieu est importante.
D’autant qu’il est à proximité de l’entrée principale de l’hôpital. De plus, les praticiens ont l’habitude de tenir leur rassemblements au niveau de cette placette. Et aujourd’hui, ces derniers ont décidé de passer à la vitesse supérieure: marcher sur la présidence de la République. Cependant, les minutes passent et...point de manifestants. Pis, l’initiative passe presque inaperçue. A l’intérieur de l’hôpital Mustapha-Pacha, aucune tension n’est perceptible.

La vie hospitalière suit son cours normal. «Je ne suis pas au courant de cette marche», avoue une infirmière dont les traits déclinent son ancienneté dans la profession. Pour plus d’information, cette dernière nous invite à voir auprès de... la direction!
Une autre femme, médecin, le visage couvert du hidjab, semble avoir eu vent de la manifestation. «Normalement, ils ont l’habitude de se rassembler à la place de l’horloge», indique cette dernière. Les minutes s’égrènent.
A l’heure de pointe, l’affluence devient plus importante au niveau du carrefour. Les véhicules empruntent les différentes voies. Les piétons vaquent à leurs occupations. Le tout baigne dans les rayons doux du soleil. Soudain, les choses basculent. A midi, les manifestants effectuent une tournée à l’intérieur de l’hôpital.
«One,Two,Tree, où va la santé?», scandent-ils. A cette question, les policiers vont répliquer par la bousculade. Arrivés à l’entrée principale de l’enceinte sanitaire, les grévistes veulent sortir.
C’était compter sans l’hermétisme des policiers. Une bousculade a eu lieu. Un médecin tombe à terre. Il est pris d’un malaise C’est la panique! Finalement, ce dernier se relève.
Par excès de zèle ou suivant des instructions strictes, la police n’épargne pas les journalistes. La brutalité de la réaction des autorités publiques renseigne sur l’état critique dans lequel se trouve le secteur de la santé. Sur ce plan, le Snpsp et le Snpssp ont tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme. Devant l’intransigeance des autorités sanitaires du pays, ces derniers ont enclenché un débrayage qui entame sa sixième semaine.

Pour rappel, les contestataires ont décidé de faire de chaque mercredi une journée de colère. Le traitement réservé, hier, par le service d’ordre aux «blouses blanches» n’a pas laissé indifférents les citoyens rencontrés sur place. «Comment voulez-vous que le pays soit guéri de ses maux, si les praticiens de la santé sont traités de la sorte?», ironise un homme du haut de ses 60 ans l’air navré, sous sa moustache blanche.

L'Expression

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