LA VILLE EST DEVENUE UN PARKING À CIEL OUVERT


Azazga suffoque

Un encombrement permanent de véhiculesCette effrayante anarchie a été engendrée par la mauvaise organisation des plans de circulation urbaine.
Quotidiennement, du-rant toute la journée, la ville d’Azazga, traversée par deux importantes routes nationales, -Alger-Béjaïa et Azzefoun-Aïn El Hammam, est paralysée par un encombrement permanent et embarrassant de véhicules.
Les usagers de la route, contraints de traverser l’agglomération, sont prisonniers de la ville parfois pendant des heures et souffrent le martyre pour pouvoir quitter les lieux, quelquefois dans n’importe quelle direction, pour se libérer de ce véritable traquenard. Echaudés, certains d’entre eux ont décidé de changer d’itinéraire et d’éviter ainsi Azazga.
La circulation est perturbée tous les jours, les rues très gravement engorgées et empirant le jour du marché hebdomadaire. Toutes les voies de dégagement, artères, rues, ruelles sont asphyxiées par l’accumulation de files de voitures, immobilisées par un encombrement persistant.

Les trottoirs, les espaces verts, les placettes, devant les habitations sont envahis par des véhicules en stationnement irrégulier. Certains habitants et commerçants dressent des barricades devant leurs portes pour éviter d’être bloqués à l’intérieur de leur domicile ou de leur commerce par ces stationnements sauvages.
La chaussée occupée, les trottoirs obstrués, il ne reste aux piétons que de se faufiler dangereusement entre les automobiles pour se déplacer.
Cette situation dramatique n’a pas manqué d’empoisonner le bien-être des citoyens. Le trafic routier en souffrance dans le centre urbain accentue terriblement l’émanation de gaz toxiques et la pollution a atteint son paroxysme. La population, constamment sous pression et stressée par la dégradation de l’environnement urbain, est agacée de voir sa cité devenir une vaste aire de stationnement couverte de véhicules en ébullition, semblable au souk des automobiles de Tidjelabine (Boumerdès).
Certaines places, à l’intérieur du périmètre urbain, sont carrément transformées en points de vente, meules de foin, de paille et de fourrage. Ce marché du fourrage et encombrant toléré aggrave encore la catastrophe. A noter que cette troublante effervescence n’apporte malheureusement aucun intérêt économique ou social à la collectivité.

En effet, cet étouffement a causé aux habitants de la commune un grave préjudice économique et social.
L’ensemble des secteurs des activités primaire, tertiaire et secondaire sont en veilleuse et n’augurent aucun espoir de développement dans un proche avenir. En raison de la RN saturée, des citoyens nécessitant des urgences médicales sont obligés de passer par les villages d’Aït Bouhouni, puis Yakouren pour revenir vers l’hôpital d’Azazga. Les commerçants, les agriculteurs et les professions libérales se plaignent d’un manque à gagner, les empêchant de s’acquitter de leurs impôts.
La circulation perturbée, les prive de recevoir toute leur clientèle et ils ne commercent nullement avec les visiteurs et passagers qui ne peuvent quitter leurs véhicules faute de stationnement.
La collectivité enregistre d’importantes pertes relatives aux dégradations des trottoirs, des égouts, d’arbres, de poteaux électriques, sans parler d’ordures jetées partout. En un mot, l’activité économique est sclérosée, l’atmosphère polluée et la vie des citoyens est infernale.

Bien sûr, cette effrayante anarchie a été engendrée par la mauvaise organisation des plans de circulation urbaine. La réglementation régissant le transport public n’est pas respectée. La ville est inondée tous les matins par des centaines de véhicules de transport public, affluant des villages, des communes et des daïras environnants. Au lieu de déposer et d’embarquer leur cargaison, puis de regagner leur station d’origine, les transporteurs occupent irrégulièrement, toute la journée, une partie de la chaussée de chaque entrée et sortie de l’agglomération et étranglent ainsi les issues. L’entrave devient obstacle, se transformant en bouchons qui obstruent les voies et provoquent l’engorgement du trafic routier dans toutes les directions. C’est un véritable calvaire. Malgré les efforts louables des services d’ordre qui se démènent pour atténuer le dé-sordre, la déréglementation et la pagaille règnent.

L’APC a montré ses limites. Aucune mesure judicieuse n’a été prise pour organiser et réglementer convenablement l’ensemble des transporteurs publics à l’origine de cette confusion. Aucune initiative efficace n’a été entreprise pour discipliner le flux automobile et assurer la fluidité de la circulation. Rien n’a été fait pour créer des aires de stationnement et des parkings gérés pour solutionner le problème de stationnement. Aucune voie de dégagement ou de déviation n’a été réalisée pour désengorger le centre urbain et permettre une meilleure mobilité au trafic routier.
L’agglomération est abandonnée au laisser-aller et aucun optimisme ne pointe à l’horizon en dehors du soulagement que pourrait éventuellement apporter, mais pas pour demain, la future déviation de la RN12.
Curieusement, l’APC non intéressée par la création de capacités de stationnement urbain, a préféré au contraire dilapider illico, les poches de terrain, au profit des promoteurs privés, au détriment de l’intérêt public. La promotion immobilière privée aurait pu trouver aisément sa place à la périphérie et garder la priorité des endroits stratégiques à l’infrastructure publique, notamment les espaces de stationnement.

D’autre part, l’aménagement urbain n’est pas génial. Les services de l’administration publique ne sont pas répartis judicieusement à travers l’étendue de la ville pour décompresser l’intensité de la circulation. Toutes les administrations ont été concentrées sur un même plateau, déjà encombré par les anciennes structures.
Le nouveau siège de la daïra a été construit dans l’enceinte d’un jardin. Le nouveau tribunal a été réalisé sur le terrain de sport du lycée et du groupement scolaire. L’APC a délocalisé son projet de siège ayant déjà bénéficié du choix de terrain dans un site approprié et stratégique et d’une étude ficelée durant la mandature 1997-2002, pour le placer dans une aire de stationnement exploitée par l’association des handicapés. Ce projet du siège de l’APC n’a pas encore connu un début d’exécution. Il n’est peut- être pas trop tard de le reprendre afin d’aérer la ville.
Ce plateau exigu, érigé en forum administratif, dont presque tout l’espace est couvert par le bâti, ne possède aucune aire de stationnement et sera inaccessible aux administrés véhiculés. Situé au coeur de l’agglomération, ce site qui accueillera l’ensemble des citoyens pour différents dossiers administratifs, sera la source d’embouteillage et de blocage du trafic routier. Les citoyens seront obligés de garer leurs véhicules à des kilomètres, loin du site administratif.
Dénaturée et agressée par le bâti et les constructions improvisées, la belle cité, jardin historique, savamment conçue, alliant édifices administratifs entourés de magnifiques jardins fleuris et d’équipements sportifs, en harmonie avec les jolies façades du lycée Chihani-Bachir et du groupe scolaire ainsi que les autres établissements publics y compris le centre pénitencier, ne sera désormais qu’un merveilleux souvenir. Azazga est une ville splendide, accueillante. Elle a toujours bien accueilli ses hôtes, visiteurs et passagers. Elle doit rompre avec le désordre, ouvrir grandement ses portes et garder ses bonnes traditions d’hospitalité.

Devant cette situation grave et préoccupante, et étant donné la carence et l’incapacité de la municipalité à trouver des solutions pour régler les problèmes des ordures et des décharges publiques, de l’aménagement urbain, de la circulation routière etc. l’autorité compétente est interpellée pour intervenir afin d’y remédier dans l’intérêt de la population.

Mustapha BOUADI - Ex-maire d’Azazga

L'Expression

 

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