Un écrivain talentueux

Il y a 12 ans disparaissait Rachid Mimouni :

Le Jeune Indépendant 02/02/2007
C’est le 1er février 1995 que l’écrivain Rachid Mimouni disparaissait suite à une maladie, alors qu’il vivait en exil au Maroc. Cet intellectuel, qui comptait parmi les plus éminents écrivains du Maghreb, a laissé une œuvre de plus d’une dizaine de romans.

 

Rachid Mimouni avait créé son propre style où l’Algérie était le thème central et la trame de ses romans. Il décrivait les petites gens solitaires, en situation de marginalisation. Il prenait position et montrait son engagement dans la trame de la vie politique et sociale de l’Algérie.

 

L’œuvre de Mimouni est avant tout un engagement et une participation réelle au devenir de l’histoire de son pays. Dans son roman Tombéza, on peut lire : «On n’atteint jamais le fond de la déchéance, quand, par pans entiers, chutent nos restes de liberté.

 

La clientèle sélectionnée du comptoir agonit la masse attablée qui se console en observant ceux qui grouillent à ses pieds. On ne peut pas compter sur un peuple dont on prend plaisir à bafouer la dignité.» Dans ses romans le Fleuve détourné, Tombéza, l’Honneur de la tribu, Rachid Mimouni a présenté deux symboles intimement liés, qui sont les causes et les conséquences des problèmes sociaux.

 

Il oppose à cet effet un double récit mythique qui se compose d’un récit du passé et d’un récit du présent. Il est né le 20 novembre 1945 à Boudouaou, dans une famille de paysans. Licencié en sciences commerciales, il séjourne pendant deux ans à Montréal où il achève ses études.

 

Il a été professeur à l’Ecole supérieure de commerce d’Alger. Il a obtenu en 1991 le Prix de la nouvelle décerné par l’Académie française et le Prix liberté en 1994 pour son roman la Malédiction. Dans son roman le Fleuve détourné, on lit : «Sur mon chemin vers le village, j’emprunte un pont flambant neuf, large et solide, campé avec assurance sur ses piliers, avec l’arrogance d’un homme aux ambitions réalisées.» A son entrée dans le monde de la littérature, Rachid Mimouni avait publié Une peine à vivre et le Printemps n’en sera que plus beau, deux romans plutôt doux et fluides où l’on percevait à peine entre les lignes les signes d’un écrivain qui allait prendre des positions.

 

Surtout à cette époque, où la seule maison d’édition existante était la SNED… et la censure une règle qui régissait l’édition d’alors. Puis, il se démarqua par le Fleuve détourné, Tombéza. Arrive ensuite Une peine à vivre, la Ceinture de l’ogresse (recueil de nouvelles), la Malédiction et l’Honneur de la tribu.

 

Rachid Mimouni disait croire «à l’intellectuel comme éveilleur de conscience, comme dépositaire des impératifs humains, comme guetteur vigilant prêt à dénoncer les dangers qui menacent la société». Plusieurs thèses de DEA et de doctorat ont été réalisées sur cet écrivain dont l’œuvre a été traduite dans plusieurs langues.

 

Son roman l’Honneur de la tribu a été adapté au cinéma par le réalisateur Mahmoud Zemmouri. Romancier de talent, Rachid Mimouni demeure l’un des écrivains les plus célèbres du Maghreb.  

par Belkacem Rouache

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