Le Achewik (chant sacré) de Kabylie ou la survivance des femmes berbères

Le Achewik (chant sacré) de Kabylie ou la survivance des femmes berbèresArrêt sur image afin de comprendre l’importance du chant traditionnel berbère dans la vie des femmes kabyles. Des extraits en marge du film de Sid Ali Mazif qui présente le destin extraordinaire d’une femme, une centenaire, doyenne du tapis d’Aït Hichem, label International.

 

La souffrance et le courage de ces femmes kabyles à travers leurs chants et rituels sacrés sont la trame par excellence de ce film qui sera présenté au Festival international du film amazigh. « Deux yeux, un cœur et une conscience à tenir ouverts sans relâche. Un œil rivé sur le passé trie les images mariées au présent pour être offertes en un bouquet de fleurs senteurs éternelles à la conscience trop longtemps endormie. » L’autre œil, alerte et vif, jauge et juge et nous indique notre premier devoir : celui de barrer la route à la culture de l’oubli et d’extirper des geôles du temps tous les artistes. Maroui Saïd Sur les traces de Mohamed lgherbouchène (éditions HCA).

Marguerite Taos Amrouche a chanté la tradition berbère et ses usages. Elle était devenue le porte-voix de toutes ces femmes recluses qui souffraient en silence au fin fond de l’Algérie. Émerveillée par ce lourd héritage, elle dénoncera l’injustice dont sont victimes ses compatriotes en tant que femmes. Sa mère aura vécu, à cause du code moral, en marge d’une société qui la reniera, et elle en gardera de profondes séquelles. La fille n’est pas non plus en reste, puisqu’elle ne parviendra pas à être reconnue ni dans son identité plurielle ni dans sa féminité propre. Exilées, à la recherche constante de leurs profondes racines, elles ne se reconnaîtront dans aucune société, comme elles le disent elles-mêmes : « Ni Françaises, ni Kabyles, ni Arabes, ni chrétiennes, ni musulmanes. » La mère écrira : « J’étais toujours celle qui ne ressemblait pas aux autres », et d’ajouter : « Je n’ai été nulle part chez moi », (relatant les nombreux déplacements dans Histoire de ma vie, le livre. Sans se perdre en conjectures, elles dépasseront ce déni total dont elles auront été l’objet.

Par nostalgie, Fadhma Aït Mansour relatera sa vie avec courage, une première chez une femme berbère, où elle osera exprimer sa hargne et sa rage de vivre malgré tout. « Il s’agit d’un défi aux bouches cousues. C’est la première fois qu’une femme d’Algérie ose écrire ce qu’elle a vécu, sans fausse pudeur et sans détour. J’ai voulu être présent au grand événement que constitue pour nous la parution d’un tel livre » (Kateb Yacine). La fille deviendra pour sa part la première cantatrice en langue française du continent africain. Taos soulignera : « Tant qu’il y aura en moi un souffle de vie, qu’il soit mis au service de ces chants et de tous ceux qui leur ressemblent qui sont la gloire et le trésor de l’humanité toute entière. » (Marguerite Taos Amrouche). Leurs chants berbères seront compilés en 1937 et révélés au monde entier en 1939 par Taos Amrouche. Elle les aura exposés, certes restitués à l’original dans le texte, mais « rénovés par l’audace d’une interprétation qui lui était totalement étrangère, à savoir un style près du soprano. Contribuant ainsi même à ‘’sensibiliser’’ un public autre que celui auquel ils appartenaient à l’origine. L’Occident fut transporté par la magie féerique de sa voix. Il tomba amoureux de ces terres sauvages et fertiles de leur provenance, jusqu’alors inconnues. Taos enregistrera une série de disques dont un en espagnol. Permettant ainsi à son public d’apprécier les différents styles de ces chants : ahiha, asshihel, amedah, asvo-rer, asharkes, azuzen, achekar, adhekar, achewik... On saluera son courage, celui de son frère Jean et celui surtout de leur mère (qui pourtant a été reniée par son clan à cause de ses usages sans merci) pour les avoir transmis et ‘’sauvés de l’oubli’’ ».

Aujourd’hui 95 d’entre eux sont conservés à la Société des auteurs et compositeurs de musique sous la référence « Chants sauvés de l’oubli Monodies berbères » de Marguerite Taos avec le concours d’Yvette Grimaud, attachée de recherche au Centre national de la recherche scientifique, Paris. Cette dernière signera les commentaires du disque Chants berbères de Kabylie qui sera primé en 1967 Grand prix du disque français. Le mérite de Taos est d’autant plus grand, lorsque l’on sait qu’elle est née en Tunisie et qu’elle a vécu, malgré elle, loin de son pays d’origine. Elle rendra son dernier souffle de vie en 1976 à l’âge de 63 ans. L’histoire retiendra qu’elle a initié des recherches sur la survivance de l’héritage berbère jusque dans la péninsule ibérique, qu’elle aura animé des émissions radiophoniques pour vulgariser la culture de son peuple et qu’elle a participé même à la création de l’Académie berbère, en mettant à la disposition d’intellectuels de l’époque son propre appartement à Paris. Elle dira à l’une de ses représentations sur scène : « Je ne suis pas seulement le témoin d’une génération passée, mais aussi celle à venir », lorsqu’elle s’inquiétera sur le risque de voir cet héritage séculaire disparaître à jamais. Elle se désolera de l’inertie ambiante à l’époque sur ce sujet qui « ne faisait rien pour sauvegarder toutes les traditions du monde entier ». Enfin, il faut noter sa contribution et celle de son frère dans la restitution du patrimoine particulier kabyle à travers de nombreux ouvrages notamment Le Grain magique (Aa-âka issawalène), un recueil de contes populaires.

Grâce à la collecte et à l’édition de ces contes, elle dévoilera un autre aspect du charme de « la vie kabyle » autour du foyer qui n’a plus subsisté de nos jours. Si l’on salue aujourd’hui Assia Djebar pour son entrée à l’Académie française, il faudra aussi se souvenir que Taos a été la première femme Algérienne écrivain en langue française, peut-être même de l’Afrique à ce moment-là. La traduction de L’authenticité de la maisonnée kabyle et de sa magie à travers les œuvres du trio Amrouche et d’autres écrivains de l’époque aura contribué à tracer la voie aux jeunes en quête de « ressourcement identitaire » aussi bien à l’étranger qu’ en Algérie même. De nos jours encore, des étudiants s’intéressent à ces pans de la mémoire collective. Certains ont présenté des thèses et en préparent encore ici ou ailleurs. Des ethnomusicologues ont édité des livres sur ce legs ancestral, d’autres recherches sont en cours, car ces chants envoûtants ont attisé la curiosité de plus d’un. Dernièrement, après que diverses académies à l’étranger aient enfin reconnu la langue berbère, des modules même sur cette poésie viennent de se créer... Tout cela grâce à l’engagement de chacun depuis des lustres... Des sociologues se sont penchés sur d’autres variantes de ces chants jusque-là confinés dans l’oralité à l’image de Makunda Aurès à Paris (encore). Elle consignera pour sa part des chants chaouïs et les interprétera même.

Pour revenir à la poésie kabyle en particulier, les Issefra, on notera que la plupart seront signés par des hommes. Il est à retenir l’apport considérable de Si Muhand U Mhand à lui seul dans ce domaine (on fête actuellement son centenaire à travers le monde). Nombreux seront les artistes qui s’inspireront de son œuvre. Bien qu’il existe beaucoup de femmes qui aient porté leur griffe à l’histoire en ayant transgressé les tabous, nul n’ignore leur caractère de farouches combattantes. Ce n’était pas dans la tradition des Kabyles de laisser leurs femmes se faire « remarquer en public » sur ce plan là, d’où le paradoxe. Dès que le chant sort du cadre établi (foyer, fêtes, travaux, rituels sacrés), il relève de l’interdit, jusqu’à nos jours pour certains. On aura remarqué que bon nombre de chanteuses du début du siècle sont des femmes au passé douloureux, qui, souvent pour raisons « X », sont sorties du cocon de leur foyer, divorcées ou veuves ou encore orphelines pour la plupart. Elles seront reniées ou montrées du doigt, leur Achewik graine de souffrance s’enracinera encore plus dans leurs brûlures, il sera leur refuge et symbolisera leur déchéance lorsqu’elles boiront le calice jusqu’à la lie... Les aèdes kabyles, hommes et femmes, feront leur bilan sur leur vie singulière : Le printemps n’a pas fleuri, Je n’ai pas joui, Mes jours ont fini leur temps... (Si Muhand U Mhand) Hanifa se consolera avec Tha raï-iwe iti kha dhamène (c’est la faute à mon choix).

Elle partagera une misérable bicoque avec Chérifa, l’autre « grande dame » du genre achewik. Cette dernière nous laissera Bka ala khir ay akvo (aurevoir Akbou) entre autres. Slimane Azzem, le chantre kabyle du bassin lorrain, quant à lui, relatera ses brisures d’exil par Thaksite boum’karkour (l’histoire du crapaud) ou La résidence mettant ses « deux » pays au même pied d’égalité .On retiendra que les Issefra et Achewik sont indissociables les uns des autres, la poésie se crée pour être chantée, « sefru », voulant dire séparer le bon grain de l’ivraie. Cette prose porte alors les accents mélodieux de la voix du poète kabyle. Ces chants demeurent gravés dans la mémoire collective, et nous rappelle l’existence d’un royaume jadis unifié, d’un peuple glorieux noble et fier par ses valeurs. Ils doivent leur survivance au sacrifice et au dévouement de ses nombreux aèdes hommes et femmes confondus, immortalisés à jamais. Un peuple qui a aujourd’hui perdu la réalité de ses repères d’origine, séparé par des frontières réelles ou virtuelles, si différent de ses voisins, mais si uni par cette richesse ancestrale commune.

Les Amrouche étaient partis en croisade à la recherche d’eux-mêmes sur les traces des temps d’alors, où chaque chose avait encore une âme. Les fantômes de leur lointaine Kabylie les ont hantés toute leur vie. Ils traduiront leurs émotions en les couchant sur du papier. Jean transcrira, pour sa part, les mirages de la mère et de la sœur, qui leur donnera une vie au travers de sa propre voix.

A trois, ils berceront Su zuzène « leurs blessures multiples dans ces chants comme pour retrouver la lumière et le chemin vers l’Eden à jamais perdu. Ils s’éteindront comme les bougies répandent leur cire : la mèche s’épuisera peu à peu pour s’être nourrie de sa chaire. Les étoiles scintillantes rendront l’âme, loin, trop loin de la terre des origines sans jamais avoir pu la revoir juste une dernière fois. Ils deviendront, malgré eux, la gloire et le trésor de leur peuple immortalisés à jamais dans la trame de son histoire contemporaine, même si de part et d’autre de la Méditerranée (en France ou en Algérie) on ne leur a jamais rendu un hommage digne de leur nom. D’autres femmes berbères se rebelleront, comme Taos et sa mère, et sauvegarderont à leur manière cet héritage, par la plume et le combat engagé jusqu’au-delà de la Méditerranée. Les femmes d’aujourd’hui se battent encore à travers achewik pour leur affirmation Awal agui sal maânass (mes paroles ont un sens) par Nora Aït Brahim, Chah (bien fait !) par Djura du groupe Djurdjura. Et bien d’autres qui prendront comme repère ce legs... Car achewik reste une prose qui dénonce encore de nos jours le statut particulier et injuste de la gent féminine. Taos l’a bien mis en exergue du reste par ses travaux. Ces mêmes traditions qui ont brimé tant de femmes bien après elle. Force est de constater que la condition de la femme algérienne et kabyle en particulier n’a pas changé d’un iota, et ce, depuis des décennies, même dans un monde dit « moderniste » et de progrès.

Personne ne sait à quel moment et comment la position de la femme kabyle a basculé, lorsque l’on se rappelle les innombrables figures historiques qui se sont illustrées en menant des batailles, même à la tête d’armées d’hommes. Djura, une des chanteuses du groupe Durdjura, s’étonnera, bien des années plus tard, de cet « appel des racines ». Elle écrira alors dans son livre : « Il m’est impossible de repenser à la Kabylie sans que défilent devant moi des paysages gigantesques, des panoramas grandioses, des champs d’oliviers et de figuiers à perte de vue, la lumière éblouissante de ses gigantesques paysages. » Un siècle après, Ami, la grand-mère de Taos, « la kabyle » continue de subir une maltraitance injuste. Djura, parmi tant d’autres, continuera la lutte : elle devra se battre pour son identité et son statut de femme. Dans une France colorée pourtant si attachée aux valeurs des droits des hommes (et des femmes), mais toujours déchirée par une histoire commune avec l’Algérie, ô combien douloureuse. On est pas sans ignorer combien ce sujet reste encore d’actualité au vu de ce qui se passe aujourd’hui dans les banlieues. Le devoir de mémoire a été longtemps confisqué de part et d’autre, l’histoire a été réécrite aux normes des convenances de chacun. En atteste la soif de la jeunesse dans sa détermination à vouloir retrouver coûte que coûte et à se réapproprier les valeurs de ses racines d’origine. Dans cette confusion identitaire, Djura aura à affronter les siens et à subir les conséquences d’une liberté qu’elle payera au prix fort dans sa chair.

Elle raconte plus loin : « Je ne savais pas qu’alors je serais une petite immigrée à cloche-pied entre deux cultures, deux pays et deux mondes. » Grâce à sa fibre artistique, elle défiera le pouvoir absolu des mâles du clan dans un pays qui pourtant devait lui garantir la liberté. Son cas n’est qu’une goutte d’eau dans un vase déjà plein et nombre de ses congénères connaissent le même sort et paient « en silence » le même tribut. Après elles, nous subissions les mêmes souffrances qui ont « usé » nos aïeules et toujours dans l’indifférence totale de l’environnement pourtant « civilisé » qui était le nôtre. Notre « société clanique » n’avait jamais accepté une femme artiste, l’accusant de « libertinage ». On a beau dénoncer le caractère injuste et ce statut qui n’évoluait jamais, rien n’y fait. Il faut dire que nous avions vu comment nos mères avaient essuyé stoïquement tous les « coups » du sort de par leur condition sans jamais broncher, au péril de leur vie. Nous nous sommes jurées de ne jamais leur ressembler. Elles trouvaient, elles aussi, refuge dans ces chants, notamment les religieux, comme si dans toute cette débâcle, il ne leur restait que Dieu qui pouvait leur venir en aide, puisqu’on les brimait en son nom ! Hélas, la clémence et la miséricorde divines ne viennent jamais à bout de la bêtise humaine, la dernière génération n’était pas mieux lotie. A notre tour, nous connaîtrons le dictat des mâles, le rejet du clan, l’exclusion, et nous errerons longtemps spirituellement et physiquement à la recherche de nous-mêmes. Dans notre révolte intérieure et extérieure, nous étions devenues des « écorchées vives », le corps boursouflé par des flagellations continuelles, car toute notre vie avait été « confisquée » de fait. Avides de reconnaissance et certaines que l’on prouverait à la face du monde que nos valeurs mêmes pouvaient être un vecteur porteur de respectabilité et de dignité, on essayera d’être de tous les combats, en vain. Nous ne disperserons que nos énergies dans cette haine et le rejet total de nos us, d’un système, de tous les systèmes dans leur déni identitaire qui nous excluaient en tant que femmes, mais aussi en tant qu’êtres humains à part entière. C’est grâce à ces mêmes chants que nous avons retrouvé la sérénité.
A travers leur amour, celui de notre culture, de nos racines, des autres et de nous-mêmes. Cela nous aura permis de puiser la force nécessaire pour continuer à vivre, à survivre et à quel prix ! Ce don d’Assefrou (poésie) que nous tenons toutes de nos mères et de nos grands-mères, toutes originaires de ces montagnes fabuleuses que sont le Djurdjura. Les seuls maillons que nous connaîtrons à l’étranger d’une descendance dont on aura longtemps ignoré jusqu’à l’existence même. Perdues entre une culture plurielle et un héritage double au départ de la vie, nous serons confronté à un « troisième monde », une autre dimension, dans laquelle nous manquerons de nous noyer.

C’est un sentiment que tous les immigrés partagent, eux qui ont été forcés à se « préserver » face à un modèle « inconnu » qui leur a été imposé. Par choix ou par contrainte, ils seront obligés de vivre cette fracture entre deux cultures et deux pays. Dépassés par la réalité quotidienne, ils se replieront sur eux-mêmes dans leur instinct de survie et s’isoleront du monde refusant d’évoluer. Ils seront incapables de transmettre leur propre culture à une jeunesse née dans un monde en constante ébullition, lui-même dénaturé. Grâce aux chants, quelques repères des « migrants » se sont maintenus. Voir les œuvres de Idir (Vava inouva, Assendou, etc.). Notre Achewik se veut un hymne à la vie et à la rage de vivre. C’est un cri de femme, un hurlement de frayeur, mais aussi une explosion intense et profonde d’une passion pour un héritage cinq fois millénaire... Il nous permet d’« expier » nos « fautes » par rapport au « clan » et son ordre moral, mais aussi de nous imposer à lui dans nos choix par notre persévérance et notre abnégation. Nous apportons une modeste contribution, un petit éclairage sur ce legs commun que toutes les femmes de notre peuple jeunes et moins jeunes portent en elles comme des tatouages indélébiles. Pour notre part, nous aurons eu plus de témérité, mais pas plus de courage à mettre notre vie sous les « feux » de l’ire familiale. Plus rien pour nous n’aura de l’importance sauf panser « cette plaie » profonde et béante, qui ne guérira pas. Notre seul espoir reste que les générations à venir n’aient pas à subir, au grand jamais, ce que nous autres avions eu toutes à affronter à diverses époques. Nos propres souffrances nous ont permis de mieux saisir la majesté merveilleuse de nos chants. Elles nous auront permis d’apprécier les profondeurs abyssales de nos meurtrissures... Elles permettront encore aux autres de comprendre les interrogations, les doutes, les craintes, les peines et les attentes de toute femme, qui, éprise de poésie et d’absolu, arrive à dépasser sa propre colère en se surpassant elle-même.

Cet engagement nous a permis de revisiter le monde ensorcellant et intriguant des chants berbères de nos aînées. Ces chants dont la trame reste l’endurance de la femme, laborieuse, et ô combien courageuse ! Celle qui restitue le legs de ses racines lointaines véhiculées depuis une éternité dans l’oralité, elle qui symbolise la vie, elle qui donne la vie à ces vers.... Ainsi, d’autres femmes pourront les dédier à leur tour, à celles qui supportent sans jamais rechigner, à celles qu’on accuse sans jamais juger, à celles qu’on lapide sans qu’elles aient rien fait. Achewik portera au firmament les cris de leur innocence. Ne dit-on pas « the tsou chewak » (elle se consume ?) A travers lui, elles sauront malgré tout marquer leur présent par leurs essences et leur futur par leurs empreintes. Et ces chants qui ressuscitent, enchantent, captivent et envoûtent ceux qui les écoutent, leur permettant de garder espoir qu’une aube nouvelle se lèvera enfin sur un jour meilleur.

 

Les écorchures des cœurs en prose :

Que nos achewik résonnent,
résonnent ! Ou chewik iwe atheslane
Qu’ils libèrent tous ceux qui les entonnent Ayene ithe ni-harkene
Des souffrances qui les emprisonnent
Achewik iwe athis sah lou athi tan tan athi re nou ajrah boul ath iekfou
thil ha ve’sis athi twanfou
Thi el hav’se boul athe souf rane

Par : Flora

Les mirages de l’espoir en chants :

« L’appel à la joie »
O toi, dont j’ai partagé la joie, viens !
Rends-moi la joie que je t’ai donnée
Depuis longtemps, depuis trop longtemps
Nous étions sur le versant de l’ombre
Mais la lune vient d’éclore
Déjà, sa clarté nous inonde. »

Marguerite Taos Amrouche

Chant n°3 du disque Chants berbères de Kabylie I Aubade rituelle, style asvou’rer Primé en 1967 par l’Académie du disque français.

La torture de l’âme en « assefru » :

« Nous voulons habiter notre nom
Vivre ou mourir sur notre terre mère
Nous ne voulons pas d’une terre marâtre
Et des riches reliefs de ses festins
Nous voulons la patrie de nos pères
La langue de nos pères
La mélodie de nos songes
Et de nos chants
Sur nos berceaux et sur nos tombes
Nous ne voulons plus errer en exil
Dans le présent sans mémoire
Et sans avenir
Ici et maintenant
Nous voulons être libres à jamais
Sous le soleil, dans le vent, la pluie ou la neige Notre patrie : l’Algérie. »

Jean el mou houv Amrouche

 

par Fatma Flora Mouheb

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