Hommage à Ammouche Mohand

Seddouk

La Dépêche de Kabylie 20/08/2007
De son vivant et avant de rendre l’âme, le grand chanteur kabyle de l’émigration et de tous les temps, en l’occurrence Ammouche Mohand, a émis le souhait que la quote-part d’argent de la caisse de la communauté émigrée de son village destinée pour ses funérailles, soit consacrée à la rénovation de l’ancienne fontaine du village, un des monuments de son patelin qui l’a vu naître et grandir.

Chose souhaitée, chose acceptée par ses enfants ! Et le projet est en cours de réalisation. Cet homme si généreux, incrusté de la fibre patriotique dès son jeune âge, était un patriote infatigable et militant de la cause algérienne. Ne s’arrêtant pas là, à l’Indépendance il a continué son combat par le biais de la chanson en alliant le verbe et la musique, et ce pour propager la culture kabyle dans le monde. Décédé à Paris le 15/05/2004, Da Mohand a laissé derrière lui un vide difficile à combler pour sa famille, ses amis, ses fans de plusieurs générations qui l’ont toujours admiré et adoré tout au long de sa brillante carrière artistique au palmarès riche et varié.


Chanteur et compositeur de talent, issu d’une famille modeste et natif du village Tibouamouchine dans la commune de Seddouk, Da Mohand est reconnu comme étant un grand artiste de tous les temps. Comme beaucoup de chanteurs de sa génération, il a commencé à s’initier à la chanson dès son jeune âge en interprétant des “medhs”. Fuyant la misère des années quarante, il a quitté son village natal en 1946 pour s’installer d’abord à Alger avant de s’embarquer pour la France où il a persévéré dans la chanson en apprenant à jouer de la guitare et en composant une centaine de chansons, dont la moitié a été éditée.
Sa première chanson intitulée “A Takriets inas ivava thidhests” a été dédiée à son père, voulant lui dire que de cette gare, il a pris le train pour l’émigration.

Il a chanté aussi la nostalgie pour son amour au pays où il a invité un ami à rentrer ensemble au bled pour boire l’eau millénaire de la source de Seddouk Oueffela dans “Belhaddad aker matsaboudh anrouh arseddoukanagh, dhi thala aicha atsassoudh aman laoassarnagh”. Puis l’amour qu’il porte à la femme kabyle en général, et à son épouse en particulier, dans “Atyha chamaâth”. Dans son village, c’est tout monde qui fabriquait le balai traditionnel (thimeslah), aussi il a consacré une chanson aux contreforts de Gueldamen où très jeune, il était occupé à extraire de la matière première (Iguezdham) dans “Aya dhrar negheldamen agoumadhik dhakvou”. Même l’émigration et l’indépendance du pays ne sont pas en reste, en les mettant en relief dans respectivement “El ghorba melakouas” et “El Houria”.

Durant son parcours artistique, il a côtoyé de grands chanteurs de renommée nationale ou internationale, à l’image de Allaoua Zerrouki, Mohamed Djamoussi, Chérif Kheddam, Farid El Atrache, pour ne citer que ceux-là. Lors de ses retours dans son village, il est souvent sollicité pour animer des galas lors des fêtes des particuliers. C’est ainsi d’ailleurs que le public seddoukois a découvert ce grand talent de la chanson qui a su allier le verbe et la musique dans des chansons tirées toutes du terroir. D’ailleurs, depuis, les gens, notamment les jeunes, aimaient répéter ses chansons. Trois ans déjà se sont écoulés depuis qu’il a quitté ce monde, mais il reste toujours vivace dans la mémoire de tous ceux qui l’ont connu. “Repose en paix, Da Mohand!”.

 

par L. Beddar

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