Tahar Djaout, 22 ans déjà : Le symbole de la liberté est toujours vivant

Tahar Djaout, 22 ans déjà : Le symbole de la liberté est toujours vivantAujourd’hui encore, la voix de Tahar Djaout semble nous parvenir de tout près : il avait pleinement réussi à parler, dans ses poèmes et ses romans, de nos soucis majeurs.

Il avait décrit, avec une sensibilité saisissante, nos problèmes, nos sentiments et nos ambitions.

Pendant la décennie noire (les années quatre-vingt-dix), Tahar Djaout avait à effectuer, une à une, toutes les conquêtes nécessaires à la conscience et aux revendications des Algériens pour vivre libres et émancipés.

Son approche profondément spécifique de la réalité humaine confère à son œuvre une portée universelle.
On songe toujours à sa stimulation égale de la liberté et de l’angoisse humaine.
En poésie, Tahar Djaout semblait généralement peu à son aise dans un espace restreint. Il avait besoin de prendre son élan dans des longs poèmes, de commettre des excès, de s’appuyer à l’occasion sur des artifices littéraires. C’est ainsi qu’il réussit à se retrouver dans une sensation de plein-être : libre et convaincant.

Son œuvre aura eu sur les poètes algériens, de ce début du XXIe siècle, assoiffés de liberté, une influence similaire à celle de Kateb Yacine sur les poètes des années soixante et soixante-dix.

Parfois, Tahar Djaout emploie un langage sévère, intensément onirique. Quand le rêve ou la description s’unifient suffisamment, ils ouvrent sur une tendresse ou une violence parmi les plus pures.

Le poète pourchasse la mort jusqu’à ce qu’il puisse la scruter sans angoisse. Des poèmes comme tracés dans l’os par la pointe d’un poignard. Tahar Djaout  s’identifie à un aspect de notre destin collectif.

Plus intimes quelquefois, ses poème côtoient la fine sensibilité des grands poètes de notre temps.
On sent dans son œuvre également le réel toujours prêt à basculer dans l’irréel.

La force de Tahar Djaout dans son élaboration d’une poésie de l’identité algérienne aurait pu être de récupérer puis d’enrichir, à sa manière, une certaine sensibilité fondamentale commune à  l’épanouissement de notre société. C’est dans le mouvement de cette dernière que Tahar Djaout trouvait l’équilibre.

Il appartenait à ses artistes ingénieux qui ne sont compris qu’après que leur saveur a cessé d’être rare.

Fasciné par l’absolu, il ne se plaçait pas au centre du monde. Il recherchait avec ferveur la présence de la fraternité dans son pays. Il avait toujours espéré écrire des livres vraiment utiles aux hommes. Il trouvait dans la création littéraire son bonheur et son épanouissement et il voulait les partager avec générosité et affection.

Dans l’œuvre de Tahar Djaout, les notions de sincérité et de naturel ont trouvé leur plein emploi.

 
 El Watan   

 

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