Massacres du 8 mai 1945. La reconnaissance tôt ou tard

Massacres du 8 mai 1945. La reconnaissance tôt ou tardDans un entretien accordé à l’APS, le président de la Fondation du 8 Mai 45, Abdelhamid Selakdji, a dénoncé « l’ambiguïté » entretenue sciemment par la France dans sa position concernant les massacres du 8 Mai 45 affirmant que les quelques visites effectuées par des officiels français sur les lieux des massacres ne peuvent, en aucun cas, suffire.« Il existe en France un lobby néocolonialiste qui pèse lourdement sur la sphère politique de l’Hexagone et sur les résultats des élections. Ce lobby sait pertinemment que la France reconnaîtra tôt ou tard ses crimes coloniaux, non pas uniquement les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, mais aussi ceux commis à Saïda, Tigzirt et dans d’autres villes du pays », a-t-il soutenu. Le président de la Fondation considère que le silence autour de ces massacres n’a que « trop duré », enchaînant que « ce même lobby entretient sciemment la polémique autour du nombre de victimes ». « La répression avait causé 45.000 victimes, mais certaines parties de l’autre côté de la Méditerranée tentent de faire croire qu’il ne s’agissait que de 1.500, puis 8.000 ou 30.000 victimes ». Revenant sur la dernière visite en Algérie du secrétaire d’Etat français aux anciens combattants, Jean-Marc Todescini, qui s’est rendu à Sétif, le président de la Fondation affirme « ne pas croire » en ce genre d’initiatives, car, précise-t-il, « nous en avons déjà fait l’expérience » lors des visites effectuées par les anciens ambassadeurs à Alger, Collin de la Verdière et Bernard Bajolet. Selakdji note que la France doit faire « un geste qui symbolisera l’avancée vers la reconnaissance », proposant aux groupes de Français qui ont émis le vœu de participer aux festivités commémoratives de « venir d’abord se recueillir à la mémoire des martyrs de la guerre de Libération nationale dans les cimetières et les centaines de fosses communes ». Par ailleurs, Selakdji réitère les revendications de sa Fondation citant, entre autres, « l’attribution du statut de martyr à toutes les victimes de la Guerre d’Algérie depuis 1880 jusqu’à l’Indépendance, la signature et l’adhésion par l’Algérie du Traité de Rome afin de pouvoir poursuivre les auteurs des crimes de guerre et l’intégration au Tribunal pénal international, ainsi que l’introduction dans la législation algérienne d’un texte condamnant ces crimes et les crimes contre l’humanité ».

Une marche prévue demain à Sétif
La marche de la fidélité prévue demain à Sétif sera le fait marquant de ces commémorations. Il sera question, en effet, d’emprunter le même itinéraire que la procession pacifique réprimée dans le sang le 8 mai 1945, qui sera le point fort de la commémoration. Y participeront le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, les autorités locales et de nombreux invités. Il est prévu de riches activités sportives, culturelles, économiques et de mémoire, parmi lesquelles, une cérémonie de recueillement au vieux cimetière de Sidi-Saïd, au centre-ville, où l’administration française avait creusé une fosse commune pour y jeter sans ménagement des dizaines d’Algériens.

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