évocation 20e anniversaire de la disparition de Mustapha Bacha

Le militant des causes justes toujours vivant

évocation 20e anniversaire de la disparition de Mustapha Bacha
Le militant des causes justes toujours vivantCela fait 20 ans jour pour jour que Mustapha Bacha nous a quittés. Il a été de tous les combats de son peuple et les moindres acquis des ouvriers et de la démocratie en Algérie portent indélébilement son empreinte.

En effet, Mustapha a été, toute sa vie, un militant racé, un combattant sincère et déterminé. Depuis le lycée Amirouche de Tizi-Ouzou, où il avait trouvé son credo et les raisons qui avaient fondé, construit et structuré son engagement, jamais il n’a failli, ni faibli, ni a été lassé devant l’ouvrage qui était, alors, risqué. Ni la prison, ni les persécutions n’ont eu raison de sa fougue singulière encore moins les tentations d’une dolce vita que certains lui faisaient miroiter. Sa fidélité à son idéal « révolutionnaire » était sans tache, sans compromission. Certains voyaient en lui un romantique. Comment être totalement acquis aux idéaux de justice sociale, de reconnaissance identitaire et d’émancipation de la classe ouvrière sans être un tantinet romantique ? Il a été membre fondateur du Comité universitaire autonome, du Groupe communiste Révolutionnaire, de l’Organisation révolutionnaire des travailleurs, de la troupe théâtrale des étudiants « Debza » et du RCD. Il a participé à toutes les luttes de son peuple et il en a subi les dégâts collatéraux de ses engagements, jusqu’à la lie sans faillir.

Mustapha était un militant doublé d’un organisateur, d’un stratège et d’un orateur pointu et reconnu tant par ses amis que par ses ennemis. Il aimait dire qu’ « un islamiste modéré est un intégriste qui n’a pas les moyens de sa politique », et le temps lui a donné raison, déjà de son vivant. En 1994, après l’attentat contre la manifestation du 29 juin à Alger, il s’est installé à Tizi-Ouzou. Il paraissait fatigué mais pas découragé, désillusionné mais chargé d’espérance, désarmé mais jamais démotivé. On ne pouvait pas penser, vu son bagou, qu’il ne lui restait qu’un mois à vivre dans cette Algérie qu’il aimait par-dessus tout. Le 08 août 1994, la nouvelle d’abord de son hospitalisation au CHU Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou et ensuite de sa mort, suite à une attaque cardiaque, est tombée comme un couperet à la Direction de l’hebdomadaire « Le Pays ». Elle a cisaillé tout le monde, mais personne n’osait croire qu’un homme de la dimension de Mustapha Pacha pouvait être sollicité par la faucheuse qui l’attendait au tournant. Lui qui était pourtant un cavalier averti, il s’en est allé abandonnant sa monture à la fantasia.

La Dépêche de Kabylie  

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