Vingt-cinquième anniversaire de la disparition de Meksa

Loundja s’en souvient encore… !

Vingt-cinquième anniversaire de la disparition de Meksa
Loundja s’en souvient encore… !Cela fait exactement 25 années, jour pour jour, que Meksa Abdelkader, très connu sous le nom tout court de Meksa, est décédé à l’âge de 34 ans, suite à un accident de la circulation survenu, le 30 octobre 1988 à Créteil, en France.

Meksa est né un certain 4 juin 1954 à Mira. Il a été durant les années 1970, l’un des précurseurs de la chanson Kabyle moderne aux côtés de Idir et bien d’autres artistes. En 1976, il enregistre son premier album en France, qui le propulsa devant la scène artistique nationale et internationale. D’ailleurs, il donna un grand concert à la salle Sidi Fredj d’Alger, le 31 juillet 1976, aux côtés des monstres de la chanson française : Léo Ferré et Gilbert Lerroux.

Qui n’a pas un jour fredonné la très belle chanson «Loundja», du nom de la fille de l’ogresse (tseriel) que Meksa chante avec amour et tendresse ? Dans le même album, figurent d’autres chansons interprétées avec beaucoup de tendresse, dénotant cet amour viscéral qu’avait l’artiste pour son pays et surtout pour les traditions ancestrales. Dans la chanson «Anzar», une tradition séculaire que les berbères pratiquaient durant la sécheresse pour implorer le dieu de la pluie Anzar d’abreuver avec générosité les terres et les hommes. En 1979, il remet ça, en produisant un deuxième album qui le consacrera comme l’un des monstres de la chanson kabyle moderne. Avec «Tafunast igujilen», «Massinissa», «Zelgum», «Arzaz d tzizwa», pour ne citer que ces superbes chansons travaillées avec beaucoup de professionnalisme, Meksa en conteur magnifique, nous fait immerger dans notre culture orale, avec ces contes magistraux. L’auteur n’oublie pas pour autant de rendre un vibrant hommage au roi Massinissa et s’affirmer, ainsi, Amazigh malgré la chape de plomb imposée par le pouvoir de l’époque.

L’aventure de notre artiste continue en 1980, où il sort un troisième album au titre de «Amnekcham» ou le colonialiste. Il organise par la suite quelques concerts par-ci et par-là, et puis il disparaît de la scène artistique. Ce n’est qu’en 1988 qu’il produit son dernier album au titre éloquent : «Amghar Azemni» ou le vieux sage. Excellemment travaillé, l’album comme à l’accoutumée, retrace cette Kabylie qui refuse de se perdre dans les méandres de l’oubli et de fausse modernité. Lors de son dernier entretien qu’il avait accordé à Ali Ferragui, paru dans la revue «la semaine de l’émigration», Meksa déclara : «Ma grande satisfaction, c’est ma participation à cette construction de notre riche patrimoine culturel. Je suis parmi les maçons de cette œuvre». Malheureusement, ce «maçon» de la culture amazighe fut happé par la mort à la fleur de l’âge, laissant derrière lui un répertoire exceptionnel, témoignage d’un attachement ombilical à Tamurt et à ses traditions. Le chantre de l’amazighité et ce conteur a laissé son public orphelin de contes. «Lounja» et «Zelgoum» ne se content plus. Actuellement, il existe une association créée en 1999 par ses fans dans son village natal Mira, qui a vu naître l’enfant prodigue… Meksa !

La Dépêche de Kabylie   

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