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Lounès Matoub, 13 ans après son assassinat

commémoration :  Lounès Matoub, 13 ans après son assassinat Taourirt-Moussa se souvient de son fils, Lounès Matoub, assassiné le 25 juin 1998, à Tala Bounane. Le poète est-il mort ? Sûrement pas, tant ses fans continuent toujours d’affluer vers sa demeure à Taourirt-Moussa, actuellement siège de la fondation qui porte le nom de l’illustre artiste.
Chaque année, en cette date, où à l’occasion d’autres anniversaires, comme celui de sa naissance, ce lieu devient un lieu de mémoire où sa voix tonne encore et s’entend partout : dans les maisons, les cafés, les places publiques, les fourgons de voyageurs, les fêtes…  Cependant, preuve irréfutable de la tragédie et pièce à conviction qui parle d’elle-même, sa voiture criblée de balles est toujours exposée dans son garage. Une preuve en fer. Témoin muet d’un assassinat. Depuis mercredi, un riche programme d’activités est lancé par la fondation Matoub-Lounès. Aujourd’hui, deux dépôts de gerbes de fleurs sont programmés, l’un à Tala Bounane, lieu de son assassinat et l’autre sur la tombe de Lounès, à deux pas de sa maison.

Dans chaque village de Kabylie, le nom de Lounès est inscrit sur les murs, les voies de passage, les fontaines… pour que nul n’oublie ce sacrifice, cette voix au-dessus de la mêlée, cette voix qui résonne encore, au-delà de la mort, pour dénoncer l’arbitraire, combattre l’injustice, indiquer les lieux de l’espoir et de l’histoire. L’on veut, pour exemple, le village d’Aït Zellal, dans la daïra de Mekla, où l’association du village a inauguré hier une plaque commémorative à son effigie et en hommage aux victimes du Printemps noir. Une autre plaque dédiée à une autre figure culturelle, chantée par Lounès de son vivant, Mouloud Mammeri, est aussi inaugurée à cette occasion.

Matoub, c’est aussi une œuvre à protéger
Le 19 juin dernier, le tribunal de Tizi Ouzou a rendu le verdict dans l’affaire opposant les héritiers du chanteur à cinq maisons d’éditions. Chacune d’elle a été condamnée à une année de prison ferme et une amende de 100 000 DA. Ce qui pose la question de la protection des œuvres artistiques dont, bien sûr, celles de Lounès Matoub qui se trouvent malheureusement exploitées de manière frauduleuse.

En effet, plusieurs œuvres de cet artiste sont contrefaites et écoulées sur un support inadéquat, des CD qui ne sont vraisemblablement pas destinés au stockage de chansons. Ce n’est pas seulement les seules anomalies révélées par la fondation Matoub-Lounès, en plus du problème des droits d’auteur. Il est aussi question des titres de chansons qui ont été modifiés. “Qu’est-ce que le nom Titanic fait sur la jaquette d’un CD de Lounès, où encore la photo d’un lion, qui n’est autre que le logo d’une maison d’éditions, comme couverture d’un CD ! Des best-of et des chansons de l’artiste sont repris par des chanteurs et sont édités sans l’accord des ayants droit légitimes. Depuis 1998, date de sa mort, on n’a reçu aucun droit sur ses produits. Ce qu’on veut, c’est le respect du droit moral de ses œuvres”, s’est indignée Malika, la sœur de Lounès Matoub, lors de l’ouverture du procès avec les éditions incriminées le 5 juin passé. Pour l’un des avocats des héritiers, “ces éditeurs ne connaissent pas la valeur morale d’une œuvre d’art. Je me demande comment l’œuvre d’un homme qui est mort pour la démocratie est réduite à un simple produit commercial, ce qui échappe au contrôle fiscal et à l’Onda”. Un marché juteux en matière de contrefaçon de CD et vidéo-cassettes, au nez et à la barbe des services chargés de la protection des œuvres artistiques dans notre pays.

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