LE GÉNÉRAL À LA RETRAITE HOCINE BENMAÂLEM TÉMOIGNE


«14 généraux français pourchassaient Amirouche»

«Amirouche était un grand patriote», a déclaré le général à la retraite, Hocine Benmaâlem, à l’occasion de la conférence- débat sur la formation militaire durant la Révolution, organisée hier, au centre de presse du quotidien El Moudjahid. Répondant à une question soulevée par un groupe d’étudiants désireux d’en apprendre plus sur ce héros de la Révolution et sur le triste épisode de «la bleuite», l’ex-officier supérieur de l’ANP a tenu à apporter son propre témoignage en rétablissant la vérité.

«Le colonel Amirouche est un authentique héros de la lutte de Libération nationale. C’était un meneur et un stratège militaire dont la tête était mise à prix.» Pour le neutraliser, la France coloniale avait mobilisé d’importants moyens militaires. «Amirouche empêchait la hiérarchie militaire française de dormir. Grâce à sa connaissance parfaite des maquis et de la guérilla, il avait réussi à déjouer tous les pièges que lui avaient tendus les quatorze généraux chargés de le capturer». «La bleuite» est un plan diabolique dont les architectes sont le colonel Godard et le capitaine Leger. En le mettant en place, ils ont réussi à semer le trouble dans les rangs des moudjahidine. «C’est justement grâce à Amirouche et aux autres chefs historiques que ce plan a pu être mis en échec», a-t-il précisé. A une autre question concernant les étudiants et les rapports qu’entretenait l’ex-chef de la Wilaya III historique avec eux, Hocine Benmaâlem, sans l’ombre d’une hésitation, a précisé que «Amirouche était un visionnaire qui savait que tôt ou tard l’Algérie allait arracher son indépendance et que les étudiants en seraient les architectes». Pour de plus amples précisions, le général révèlera qu’il était lui-même lycéen et que c’est Amirouche qui l’avait pris sous sa coupe et l’avait envoyé en formation. Dans le cadre des festivités de célébration du 55e anniversaire de la Journée nationale de l’étudiant, des figures illustres de la Révolution, ont été également invitées pour livrer leurs témoignages sur la formation militaire durant la Révolution. Général à la retraite, Mohamed Allag est revenu sur ces années cruciales où la Révolution, pour se mettre en marche, avait besoin de djounoud formés et de formateurs. Ancien étudiant ayant répondu à l’appel de la patrie, Mustapha Hechmaoui a indiqué que malgré les faibles moyens dont disposait la Révolution à l’époque, les moudjahidine avaient réussi à ébranler l’ordre colonial. «Ils étaient 2370 djounoud lorsque la guerre du 1er Novembre 1954 a éclaté. La plupart avaient un fusil de chasse et n’avaient reçu aucun formation». Selon lui, cinq cents djounoud seulement avaient reçu une formation. Prenant la parole à leur tour, de jeunes étudiants ont salué la grève du 19 mai 1956, considérée comme un événement majeur parce que c’est à la suite de celle-ci que de nombreux étudiants ont déserté les bancs des universités et lycées pour rejoindre le maquis. Initiée par Abane Ramdane et Amara Rachid, le 19 Mai 1956 fait partie des hauts faits d’armes dont l’Algérie peut s’enorgueillir.

l'Expression

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