VINGT ANS APRÈS SA DISPARITION


Meksa sublime toujours “l’anzar”, le dieu de la pluie


Informaticien de profession, Meksa et né le 4 juin 1954 à Mira. Il décède tragiquement, le 30 octobre 1988 à Créteil, en région parisienne, dans des conditions obscures non encore élucidées. Il est parti non sans avoir marqué de son empreinte le patrimoine artistique du genre kabyle. Tout jeune, Meksa se découpait du monde de son enfance.

La voie artistique se profilait déjà en lui. Dans les années 1970, alors qu’il collaborait au sein de la radio Chaîne II, il fut un des tout premiers à s’inspirer du patrimoine culturel ancien. Cela tient de ce qu’il considérait comme un soubassement indispensable à une réalisation artistique en chaîne à travers l’histoire du monde musical. Il s’est ressourcé aux multiples traces et racines de la poésie populaire ancienne, aux cantiques, aux litanies qui jadis occupaient l’espace de la vie culturelle.
De “l’anzar”, le dieu de la pluie dans la tradition locale, il en tirera toute une analyse sociale qui fait actuellement l’objet d’un mémoire d’études au département amazigh de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Mais c’est surtout auprès de sa mère qu’il retiendra l’ardeur et l’exaltation des contes que seules justement nos mères savent tisser la trame dans une ambiance empreinte de philosophie.

Il est naturellement de coutume très ancienne que la femme kabyle passe pour être la gardienne du temple culturel berbère. Mais à dire vrai, c’est la mission passionnelle de toutes les mères à  travers le monde. Nous sommes là devant un fait d’analogie universelle commun et combien nous leur devons comme valeurs et reconnaissance !
C’est ainsi que Meksa redonne une nouvelle jeunesse au mythique, au délicat et au prestigieux prénom de Loundja ; le principal personnage féminin qui anime tous les contes merveilleux anciens.
Il tient également de sa mère l’histoire de l’épouse esseulée à qui la vie a brutalement ravi son compagnon. Asis, asif est alors devenue une anthologie d’un grand genre dramaturgique accompagnée d’une mélodie d’une rare beauté. Ce qui retient l’attention dans l’œuvre artistique de Meksa, c’est qu’il n’a pas étouffé sa musique avec le cordage d’une orchestration nantie d’un tas d’instruments encombrants.

Il a privilégié le couple composé d’une guitare sèche aux sons des gouttelettes d’eau et d’une flûte enchantée dans laquelle le berger des montagnes lointaines soufflait à pleins poumons ses désirs, ses joies et ses complaintes.
Meksa repose dans son village natal de Mira piqué sur la ligne de crête surplombant Azeffoun, et comme une sentinelle, il veille sur la rive sud de la Méditerranée.

LIBERTÉ

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