Marche historique du 14 Juin 2001

Pour ne pas oublier
 
La marche historique de la Kabylie le 14 juin 2001 a marqué la mémoire collective. Douloureux souvenir s’il en est, l’appel du Mouvement citoyen, en pleine crise du Printemps noir, avait mobilisé, on s’en souvient, toute la Kabylie pour dénoncer un crime d’État resté impuni. Près de deux millions de personnes ont afflué vers Alger pour faire entendre raison au pouvoir. Les villages se sont vidés, c’est le cas de le dire.

Tous les moyens de transport ont été réquisitionnés. Certains jeunes ont rallié Alger à pied à partir d’Amizour, à Béjaïa. Le groupe composé de 49 de jeunes d’Amizour, avait entamé son périple à pied samedi 9 juin. À chaque halte qu’il marquait sur son chemin, le groupe, accueilli par des youyous, était rejoint par d’autres jeunes mobilisés plus que jamais. C’était le cas à Azazga et Tizi Ouzou, puis à Naciria et Thénia. Le petit groupe de marcheurs d’Amizour qui grossissait à vue d’œil à chaque halte, est arrivé dans la capitale le jour de la marche sous les applaudissements nourris des manifestants qui étaient arrivés en empruntant des transports. Alors que les premiers carrés de la manifestation étaient à Alger-Centre, d’autres manifestants arrivaient encore par grappes à l’est d’Alger.

L’autoroute était noire de monde à partir de Bab-Ezzouar. Les animateurs du Mouvement citoyen étaient en négociations sur le trajet à suivre. Les délégués voulaient maintenir le trajet tracé à l’avance ; mais, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Yazid Zerhouni, voulait en imposer un autre. Sauf que les intrigues étaient antérieures à la négociation. Des prisonniers qui furent libérés la veille ont été appelés en renfort par la police qui interpellait les Algérois de “défendre leur ville”. C’est ainsi que la marche qui se voulait pacifique, tourna en drame : des morts et des blessés, sans compter les dégâts matériels. La marche sera alors avortée.
Des hélicoptères tournaient dans le ciel gris d’Alger. Depuis, chaque année, l’anniversaire du 14 Juin est commémoré dans la douleur. Cette année, c’est le Centre amazigh de Montréal (CAM) qui se propose de nous rappeler l’ampleur de la mobilisation dans le contexte de l’époque, en rendant hommage aux victimes du Printemps noir. L’organisme a prévu un programme de festivités pour ce samedi à 14 h, au centre William-Hingston de Montréal.
Ainsi, outre un documentaire sur la marche historique et une exposition de livres et de photos, une table-ronde, abordera plusieurs aspects liés à la cause identitaire. Lhacen Ziani reviendra sur les leçons à tirer de la mobilisation citoyenne de 2001, alors que Saliha Abdenbi et Mohand-Saïd Abdellah interviendront sur l’écriture de tamazight et le tourisme en Kabylie.

Pour sa part, Lyazid Laliam donnera une communication sur la crise dite berbériste de 1949. Invité par le CAM, un blessé des événements de 2001  témoignera sur son implication dans le Mouvement des archs.
Le programme sera clôturé par une soirée artistique animée par une pléiade d’artistes kabyles établis à Montréal, à l’image du groupe Berbanya, Hakim Kaci, Nacer Djenadi, Salah Aït Gherbi, Zahir Ouali, Rezki Grim, Hamid Ouchène, etc.

Liberté

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