L’anniversaire du Rebelle célébré hier en Kabylie


Lounès Matoub aurait eu 55 ans …

2011- Lounès Matoub aurait eu 55 ans …Matoub, le chantre de l’amazighité, la légende de la culture algérienne, né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa Ouamar, aurait fêté, hier, son 55eme anniversaire.

A cette occasion, la Kabylie se souvient de celui qui fut l’incarnation de l’engagement sans faille pour l’identité de la région, mais aussi  du talent indéniable et incontestable qui a fait de lui, un artiste et un militant hors pair.

Aujourd’hui, sa voix veloutée continue admirablement à mobiliser et à réveiller les consciences.
Dans sa Kabylie qui l’adule,  à l’Algérie pour laquelle, il a chanté, Matoub continue de semer son œuvre pittoresque au milieu d’une terre dont les talents engagés et sincères, les vrais, se raréfient.
Du haut de son piédestal sur lequel il repose aujourd’hui, Lounès comme l’appelle bien les milliers de jeunes qui adorent en lui sa modestie légendaire, continue à rendre heureux ses fans, à faire peur aux pires de ses détracteurs et surtout à faire vivre une lueur d’espoir dans les cœurs de tous ceux qui continuent à croire en lui.

Taourirt Moussa  s’est encore réveillé hier, sur la voix envoûtante, rauque mais porteuse d’une incroyable hargne, celle de son  fils prodigue, que ni le vent de l’amnésie qui souffle sur une société égocentrique, ni les innombrables campagnes d’intox et de propagandes, n’ont fait oublier…
Bien au contraire, Lounés vit toujours dans les cœurs …un poète peut- il mourir ? « Et si Lounès Matoub était toujours vivant parmi nous ?  » c’est une interrogation qui revenait en boucle hier, à l’occasion de la célébration de l’anniversaire du rebelle qui aurait bouclé , hier  ses 55 ans si les hordes sauvages n’ont pas mis fin à ses jours privant ainsi   la Kabylie de l’un de ses plus chers enfant. Même s’ils n’étaient pas nombreux à faire le déplacement, la mémoire de Matoub, son combat et surtout l’amour que lui vouent les jeunes sont toujours vivaces. hier, comme à l’accoutumée, Taourirt Moussa, son village natal, a abrité les festivités de célébration de l’anniversaire du Rebelle en présence de Nna Aldjia , la mère de Lounes , d’anciens délégués du mouvement des Aarchs , des élus locaux et des étudiants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou .

Lors d’une brève prise de parole après le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de Lounès Matoub, Nna Aldjia, réitérera son appel à l’union de toutes les bonnes volontés afin justement de faire avancer l’enquête sur l’assassinat du chantre de l’amazighité « Aujourd’hui , Matoub aurait eu 55 ans  . Il a été ravi aux siens, à la kabyle qui l’adore toujours et au pays qu’il a tant porté dans son cœur. Je ne peux pas l’ oublier. Sa mémoire vit en moi. Depuis cette date fatidique du 25 juin 1998, il n’a jamais quitté ma mémoire. 13 ans depuis sa tragique disparition, moi je suis toujours là, à continuer le combat » ajoute, d’une voix très émue, la mère de Lounès.
Cette dernière lancera par la suite un véritable SOS  en direction de tous ceux restés fidèles au combat de Matoub pour venir en aide à la fondation qui porte son nom « je me retrouve seule à gérer une telle organisation. Il n’est pas du tout facile de prendre en charge la fondation. Je lance un appel à tous les kabyles pour s’unir autour de la fondation afin d’ éviter sa disparition. Il ne suffit pas de venir et marquer sa présence uniquement durant les occasions comme celle-ci. Il faut être là, tout le temps car il s’agit du combat de Lounès qui exige l’implication de tous. Vous devez être là car la disparition de la fondation ferait plaisir à certains qui guettent, allégrement, ce moment. » Déclarera Nna Aldja.

Pour M.Boukhetouche, maire et président de l’Association Issagh, il naturel que la Kabylie se souvienne de Matoub «  cet hommage est plus qu’un devoir. Vu l’immense œuvre de Lounès, j’estime qu’il est important de maintenir et de perpétuer sa mémoire. Il s’agit justement de tous les idéaux, de liberté, de démocratie, que véhicule Matoub, qui appelle un attachement de la région à son combat. » Nous dira  le président de l’Association culturelle Issagh. Et si les assassins de Matoub n’auraient pas accompli leur forfait un certains 25 juin ?
Le rebelle aurait certainement continué à mettre son art au service de la cause Amazighe, du combat pour la démocratie et la liberté. Il aurait continué à dénoncer, vilipender et condamner les élucubrations  et autres dérapages, lui qui a choisi la vie et la résistance sur la compromission « En Algérie, il y a deux R : la reddition et la résistance » disait- il un  jour sur un plateau  d’une télévision étrangère. D’une vie consacrée à tous ces combats qui ont jaillis des tréfonds de la cause berbère, Lounés a fait, à plusieurs reprises, les frais de son engagement.

Au lendemain des cinglants événements d’octobre 1988,  cinq balles tirées par des gendarmes ont failli l’abattre.
Quelques années après, il sera victime, le 24 septembre 1994, d’un enlèvement à Takhoukht avant d’être libéré par ses ravisseurs un certain lundi 10 octobre de la même année.

Il recevra le prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand et une année après, il recevra le prix de la liberté de l'expression en 1995, remis par le SKY International du Québec au Canada. Lounés Matoub  aurait eu, hier,  55 ans et aurait certainement gardé la même ligne directrice qu’il s’était  juré de respecter … l’Amazighité,  « Si quatre murs m’enserrent,  Si je ne vois que l’échafaud, Si la misère m'aspire   et si mon chemin est une pente au gouffre Que l'on me dise : Où crois-tu aller ? Je clamerai : je suis Amazigh !» déclamait il, merveilleusement, dans l’une de ses chanson.

13 ans après son assassinat, le procès de ses bourreaux n’a pas encore eu lieu…

La Dépêche de Kabylie




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