EXCLUSIF. Ali Haddad se confie

Quelles sont les raisons qui ont motivé votre candidature à la présidence du FCE ?

 Comme vous le savez, Réda Hamiani a démissionné de la présidence du FCE. Les fondateurs de l’organisation ont cherché qui pourrait présider à ces destinées. Ils m’ont sollicité à plusieurs reprises. J’ai fini par accepter de me porter candidat.

Quel est votre projet pour le FCE ?

Dans mon programme, j’ai retenu six axes principaux. Le premier, concerne la mise en place d’une connexion pertinente avec les pouvoirs publics en maintenant le dialogue et la concertation afin d’être au plus près des enjeux et des préoccupations de l’économie et de l’entreprise. Le deuxième : agir pour faire du Forum le pôle représentatif de l’entreprise algérienne. Je veux mettre en place une plus grande proximité entre les membres du FCE. D’ailleurs, on était 247 membres mais depuis l’annonce de ma candidature, nous avons dépassé les 300. L’objectif est d’arriver, pendant mon mandat, à au moins 1000 ou 1500 membres. Le quatrième axe : offrir une gamme de services à valeur ajoutée aux adhérents. Le cinquième point consiste à consolider et développer l’organisation interne du Forum. Sixième axe : développer nos relations de partenariat à l’international.

Avez-vous identifié les problèmes des patrons ?

Chacun a ses problèmes. Nous n’allons pas régler les problèmes des individus mais ceux de l’entreprise. Et celle-ci rencontre plusieurs problèmes. Celui des banques par exemple. Les prêts bancaires ne sont pas exécutés rapidement et facilement. Il y a aussi le problème du foncier industriel qui demeure le principal souci de tout industriel qui est en activité ou qui vient de se lancer. Il y a également la bureaucratie. Aujourd’hui, plusieurs contraintes freinent le développement de l’entreprise algérienne.

Comment jugez-vous le climat des affaires en Algérie ?

Chaque pays a ses avantages et ses inconvénients. Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le climat des affaires est – comme je le lis dans une certaine presse – néfaste ou mauvais dans notre pays. Je pense qu’il est très bon.

 Mais des chefs d’entreprises algériens et étrangers critiquent l’environnement des affaires…

Si l’Algérie n’était pas très attractive, on n’aurait pas abouti au partenariat avec Renault par exemple.  Si Renault accepte de venir investir avec l’Etat et des entreprises publiques algériennes, c’est qu’il a fait ses calculs. Je peux vous dire qu’il y a, aujourd’hui, beaucoup d’Européens et d’Américains qui veulent venir travailler en Algérie malgré ce que vous êtes en train de dire. Certains disent qu’il y a des contraintes. Bien sûr qu’il y en a. Même à l’ETRHB, nous avons des contraintes. C’est quoi la vie ? Elle est faite de contraintes.  Quand vous décidez de créer une entité entrepreneuriale, vous devez vous mettre en tête que vous allez rencontrer des problèmes.

Etes-vous pour la révision de la règle du 49-51% ?

En 2009, nous étions deux ou trois personnes au sein du FCE à être favorables à cette mesure. L’ETRHB est peut-être l’entreprise algérienne qui a le plus de partenaires étrangers (plus de 25 partenaires sur de gros contrats). Et ce qu’a fait le président de la République en 2009 était salvateur. On avait besoin de protéger notre économie de cette manière et si on ne l’avait pas fait, on aurait été dans une situation très grave. Ce sont des décisions très difficiles. Comme le retrait de la loi sur les hydrocarbures en 2005. Cela étant dit, la règle du 49-51% est à mon sens obligatoire uniquement dans certains secteurs. D’ailleurs, le ministre Bouchouareb l’a annoncé au cours des assises qu’il a tenues dernièrement. Cette loi doit être revue mais pas supprimée.

La Banque d’Algérie vient d’autoriser les entreprises algériennes à investir à l’étranger. Avez-vous des projets à l’étranger ?

C’est une très bonne chose. Bien sûr nous sommes intéressés, si la loi nous autorise à le faire. D’ailleurs, on est en pourparlers sur plusieurs projets en France et en Italie pour des acquisitions dans le domaine de l’industrie notamment.

Vous dites vouloir unifier le patronat. Le patron de Cevital vous avait accusé de bloquer ses projets…

Je n’aime pas parler des gens. Je le dis : que Dieu ne me pardonne pas si j’ai bloqué ou essayé de nuire à une personne ou à une entreprise, dans ma vie. Chacun peut dire ce qu’il veut. Moi j’ai toujours aidé les gens et l’entreprise algérienne. Dans mon environnement, j’ai pu aider des gens à créer leurs entreprises. Aujourd’hui, Dieu merci, il y a des entreprises que j’ai aidées à se lancer,  qui emploient 400, 500 ou 1000 travailleurs. Moi je ne parle pas, j’agis.

Comment expliquez-vous cette accusation ?

Rebrab est notre aîné. C’est quelqu’un de bien et on a beaucoup de respect pour lui. Je ne pense,  à aucun moment, qu’il m’ait accusé de quoi que ce soit parce qu’il me connait très bien. C’est vous qui le dites, je ne peux pas vous contredire. Vous dites ce que vous voulez. Moi, c’est ce que je pense.

Est-ce que vous le rappellerai si vous êtes élu président du FCE ?

InchAllah. Les portes sont ouvertes. Regardez mon programme, vous lirez que j’appelle tout le monde à adhérer sans aucune exclusion.

Quel bilan faites-vous de la présidence du Forum par Réda Hamiani ?

C’est un très bon bilan. Il a bien travaillé. Je ne connais pas le bilan comptable, je dois être élu pour y accéder. Cela étant dit, le Forum n’a jamais fonctionné, ni au temps de Omar Ramdane ni au temps de Hamiani, d’une manière personnelle. Il a toujours fonctionné en exécutif et j’en ai fait partie depuis sa création. J’ai quatorze ans de présence au Forum.

Vous êtes également accusé par certains membres d’avoir fait pression sur Réda Hamiani afin de l’amener à démissionner de son poste…

Non, ce n’est pas vrai. On a aidé Hamiani à se libérer de cette mission. A un certain moment, Réda a voulu partir. Il était fatigué.

Votre groupe dépend actuellement des contrats publics. Pourriez-vous vous opposer au gouvernement sur certaines questions ?

Le premier partenaire de ce gouvernement, c’est l’entreprise. Et je ne pense pas que l’Etat soit contre le patron ou le travailleur.

Donc il n’est pas question de s’opposer au gouvernement ?

Non, je n’ai pas dit cela. On ne peut pas dire qu’on ne va pas s’opposer demain (au gouvernement, ndlr). On fait un contrat entre nous mais si le gouvernement touche aux intérêts des travailleurs, des patrons, on réagira.

Vous n’auriez aucune crainte sur les éventuelles conséquences sur vos projets ?

Ce sont deux choses différentes. L’ETRHB obtient ses contrats dans les règles de l’art. Le Forum des chefs d’entreprises est une association qui est dirigée par une équipe. Ali Haddad ne dirigera jamais seul le FCE. Il y a un exécutif et tout le monde doit se soumettre à la majorité.

 On vous dit proche de Said Bouteflika et du Premier ministre Sellal….

Je n’ai rien à cacher. Ce sont des gens que je connais depuis très longtemps. Je suis proche d’autres personnes aussi, d’autres ministres, d’autres responsables militaires et civils. En fait, moi je suis proche de tous les Algériens patriotes qui aiment leur pays. Je suis un Algérien à part entière.

 Vous êtes souvent critiqué par rapport à cette proximité…

Je me fous de la critique. Je fais ce que j’ai envie de faire. Cela dit,  j’ai beaucoup de respect pour les gens. Et je pense que chaque institution doit fonctionner dans le respect des lois de la République. Des lois que personne ne doit violer. Donc, Ali Haddad agira avec la majorité dans une association où la loi doit être respectée. Je suis un légaliste.

 Avez-vous d’autres investissements en dehors des travaux publics ?

Nous avons beaucoup d’investissements. Nous ne sommes pas uniquement sur les routes, l’hydraulique, les chemins de fer ou les carrières. Nous sommes aussi dans l’industrie. Nous avons par exemple deux usines de tuyaux grand diamètre. C’est nous qui avons réalisé le système de transfert (des eaux) MAO (Mostaganem-Arzew-Oran) qui était inscrit depuis les années 1950. Nous avons une autre usine qui fabriquera les canalisations pour l’eau, le gaz et le pétrole et dont l’inauguration est prévue dans une douzaine de mois à Bethioua (Oran). Nous travaillons également sur le lancement de cimenteries. Elles vont produire dix millions de tonnes dans deux ans et demi. Dans les médias, nous allons lancer trois imprimeries pour faciliter le tirage des journaux de meilleure qualité.

L’ETRHB est beaucoup critiqué concernant le respect des délais de réalisation des travaux…

Vous ne connaissez pas le secteur de la construction. Vous savez toujours quand est-ce que vous commencez, mais jamais quand est-ce que vous terminez. La construction, c’est de l’art. Et l’art, on ne sait pas quand est- ce qu’on le termine.

Qu’en est-il du projet du stade de Tizi-Ouzou ?

Ça avance très bien. Je suis un légaliste qui fait la part des choses.

EXCLUSIF. Ali Haddad se confie


Hadjer Guenanfa

TSA 

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