Abderrahmane Arar, président du réseau Nada, au Temps d'Algérie :

«150 tentatives de rapt d'enfants enregistrées depuis janvier»

A l'occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l’enfant qui coïncide avec le 20 novembre de chaque année, le président du réseau algérien de protection des droits de l’enfant (Nada), Abderrahmane Arar, a affirmé que l'Algérie a réalisé une grande avancée dans la mise en place de l'arsenal judiciaire ayant trait à la protection des droits de l’enfant. Selon lui, la défense de ces innocents est devenue réellement une préoccupation politique et stratégique du gouvernement ces dernières années, car le nombre de cas de rapt ou de tentatives de kidnapping d’enfants a nettement baissé durant ces dix premiers mois de l'année par rapport à la même période de l'année 2013.   

Le Temps d'Algérie : Comment évaluez-vous l'arsenal judiciaire pour protéger les enfants en Algérie ?
Abderrahmane Arar : Le gouvernement algérien a multiplié ses efforts pour assurer la protection de ces innocents. Une attention particulière a eu lieu suite à la prolifération du phénomène de kidnapping de cette frange juvénile durant ces dernières années. Il faut savoir qu'un nombre important de projets de loi a été adopté en 2014. A titre d'exemple : l'avant projet de loi modifiant les articles du code pénal à l'égard des ravisseurs auteurs de cet acte inhumain. Ainsi, un code de protection sociale et judiciaire des enfants délinquants en situation de détresse est actuellement en discussion au niveau de l'Assemblée populaire nationale (APN). Mais cela ne signifie sans aucun doute que les enfants algériens sont à l'abri de toutes formes de violence et de maltraitance. D'ailleurs, je tiens à souligner qu'à défaut de coordination entre les acteurs chargés de l'application effective de ces lois, nos enfants sont exposés à tous les dangers. Je m'explique : certes, les lois existent, mais malheureusement, leur application sur le terrain reste toujours faible dans notre pays, ce qui a un impact néfaste sur nos chérubins.

Justement, avez-vous saisi les pouvoirs publics pour l'application de la loi ?  
Oui, absolument. Notre objectif est de sauver nos enfants de toutes formes de délinquance ou de violence sociale. D'ailleurs, je saisis cette occasion pour appeler les premiers responsables des ministères considérés comme des acteurs clés pour l'application de ces projets de loi. Je cite les ministères de la Justice, de la Jeunesse, des Sports, de l'Education et de la Solidarité nationale et de la Famille qui devront assurer une meilleure coordination pour atteindre cet objectif et mettre à l'abri nos enfants, qui constituent la frange la plus menacée par les enlèvements.
 
Quel est le nombre de kidnappings enregistré cette année ?
Nous n'avons pas de chiffres exacts de ce phénomène. Mais ce qui sûr, c’est que nous avons constaté un recul de toutes formes de violence commises à l'égard de cette frange. Je tiens aussi à dire que la quasi-totalité des cas que nous avons enregistrés depuis le début de l'année 2014 sont des tentatives de rapt ou bien de fugues du domicile familial et non pas des actes de kidnapping. A ce jour, nous avons enregistré 150 tentatives de kidnapping contre 280 cas en 2013.

Quel est le nombre d'appels reçus sur votre numéro vert ?
Nous avons reçu plus de 16 000 appels téléphoniques sur le numéro vert de notre réseau 30 33 entre juin 2013 et juin 2014. Quant à la nature des appels, je tiens à préciser que les familles des enfants nous appellent non seulement  pour alerter sur des cas de tentatives de kidnapping, mais aussi pour nous informer de cas de maltraitance, de conflits familiaux ou de violences sexuelles commises à l'égard de leurs enfants.

Vous avez plaidé pour la mise en place d'un «signalisateur» automatique pour alerter tout enlèvement d’enfants. Qu'en est-il de l'état d'avancement de cette initiative ?
Nous nous sommes entretenus avec le gouvernement pour procéder à la mise en place de ce signalisateur automatique qui aura pour objectif d'intervenir en temps réel en cas de kidnapping des enfants, comme ce fut le cas dans les pays occidentaux. Nous avons compris qu'il y a un engagement politique pour la mise effective de ce mécanisme de veille et d'alerte, mais à ce jour, il n'y a rien de concret, puisque sa mise en œuvre nécessite tout d'abord l'élaboration d'un décret exécutif qui n'a pas encore vu le jour.

Propos recueillis par : Z. C. Hamri

Le Temps d'Algérie         

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