Lounis Aït Menguellet à la rencontre des journaliste, hier, à Alger

«Je ne suis ni philosophe, ni penseur, tout juste poète»

«Je ne suis ni philosophe, ni penseur, tout juste poète»Et si les paroles ont, chez lui, une toute autre symbolique, c’est uniquement parce que Lounis est incontestablement un poète hors normes. D’une grande ivresse poétique, Isefra pourrait être considéré comme l’aboutissement d’une carrière.

Mais l’auteur à succès s’en défend et considère qu’« on ne décide pas d’arrêter de chanter comme on décide de prendre sa retraite », pour le motif que « c’est l’inspiration qui décide de tout », a-t-il indiqué devant un parterre de journalistes venus à sa rencontre, hier à la salle Frantz Fanon de l’OREF. En réalité, Lounis Aït Menguellet ne s’est jamais pris pour ce que lui « collent » ses admirateurs. « Je ne suis ni philosophe, ni penseur, tout juste poète ». Et même concernant ce dernier attribut, il a fait savoir qu’« on me le dit si souvent que je commence à y croire ». De l’humilité ? C’est presque certain, pour cet homme qui a bercé des générations entières.

«Je récolte dans Isefra ce que j’ai semé dans Tiregwa »

À ce propos, et répondant à la question de savoir s’il s’était revêtu de l’habit du donneur de leçons, Lounis a rétorqué qu’il ne lui était jamais venu à l’esprit d’avoir la prétention de dire aux autres ce qu’ils doivent faire. Et d’ajouter : « Je ne fais que de l'observation. Elle peut être juste ou fausse. Mes mots ne sont pas des vérités éternelles. Mais quand je les dis, ça me fait du bien ». À une question relative au rapport qui pourrait exister entre le tout nouvel album Isefra et Tiregwa , sorti en 2010, le conférencier a confirmé : « Oui, il y a une forte ressemblance entre les deux albums, car il s’agit, en fait, d’une continuité ». Et d’ajouter : « Je récolte dans Isefra ce que j’ai semé dans Tiregwa ». Par ailleurs, cette longue période de quatre années pour éditer son album, alors qu’il avait habitué ses fans à un album par an, a été l’objet d’une autre question. Pour toute réponse, l’enfant d’Ighil Bouamas a indiqué que « seule l’inspiration peut décider du moment d’écrire (…) Si je pouvais sortir un album tous les 6 mois, j’en serai ravi ». Pour Lounis, « l’inspiration n’attend pas les événements », et de trancher en assénant : « La plupart de mes chansons sont intemporelles ». Une façon de dire, probablement, que lorsqu’il n’a rien à dire, il préfère se taire...

«Je n’ai jamais annoncé que j’allais prendre ma retraite »

Toujours dans cette atmosphère des mots qui ont un sens, Aït Menguellet a également indiqué ignorer s’il s’agissait là de son dernier album ou s’il allait en sortir d’autres à l’avenir. « Franchement, je ne le sais pas », pour le motif, a-t-il indiqué, que « je ne fonctionne pas avec un programme ». D’ailleurs, à ce sujet, Aït Menguellet a tenu à démentir les affirmations parues dans le quotidien Liberté (c’est lui qui le nomme), qui a parlé de sa retraite. « Je tiens énergiquement à démentir ce qui est par u dans la rubrique Radar du quotidien Liberté, à propos d’une prétendue retraite. Je suis toujours là, je chante quand j’ai quelque chose à dire et, moi-même, je n’ai jamais pensé à me retirer de la chanson », a-t-il tenu à dire. Dans l’album Isefra, une chanson, Din Amchum en l’occurrence, a fait soulever des questionnements parmi certains confrères qui n’ont pas manqué de le lui faire remarquer. Mais, avec son légendaire sourire, Lounis Ait Menguellet profita pour lever l’équivoque et mettre définitivement les points sur les « i ». « Dans la chanson Din Amchum, il ne s’agit nullement de religion, mais de dettes », a-t-il tenu à préciser, comme persuadé que ça n’allait pas échapper aux mauvaises intentions. Questionné à propos de la chanson kabyle, que d’aucuns considèrent qu’elle a régressé sur les plans revendicatif et de la consistance, le poète a approuvé de fait. « Vous savez, la chanson kabyle a connu, certes, des fluctuations, des hauts et des bas, mais je considère qu’elle ne s’est jamais mieux portée que durant l’époque de la censure », at- il asséné, en ajoutant que cela était dû au fait qu’ « aujourd’hui, il y a moins de passion ».

L’Album ne sortira pas en France

Pour des motifs de « piratage » et de la quasi-inexistence d’éditeurs « crédibles », selon Aït Menguellet, le nouvel Album ne paraîtra pas en France.


La Dépêche de kabylie      

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