ENTRETIEN AVEC IDIR

L'enfant chéri de Djurdjura à Montréal

ENTRETIEN AVEC IDIR 
L'enfant chéri de Djurdjura à MontréalDans le cadre du 21e édition du Festival de musique du Maghreb, nous avons  eu le plaisir de rencontrer, le 14 mars 2013, dans les studios CIBL 101.5 FM de Montréal, un auteur-compositeur et interprète berbère des plus marquants de son époque, un artiste de haute volée, l'enfant chéri de Djurdjura, Hamid Cheriet, alias Idir

Lors de cet entretien, l'artiste élabore sur la technique musicale, explique les conditions de travail de l'artiste et jette un regard rétrospectif sur l'évolution de la chanson kabyle. Il exprime volontiers ses appréhensions et ses joies et partage avec clarté ses prises de position. Un entretien riche en enseignements. Appréciez…


 Dans votre nouvel album, les textes de vos chansons demeurent largement intemporels et conservateurs par rapport aux précédents. Est-ce un choix dicté par l'inspiration intérieure à soi ou par la réalité extérieure?
D'abord un texte quand il est intemporel cela veut dire qu'il est valable à tout moment, c'est une carte permanente. Moi, ce que j'ai fait dans cet album c'était, comme tu le disais, de me replier un peu sur moi, sur ce que j'étais et éventuellement remonter vers le cordon ombilical qui me mène vers mon père, ma mère, ma grand-mère, mes ancêtres et au-delà. Quelle que ce soit sa nature, c'est la source dont je suis issu. Ça, c'est une chose. Donc, j'ai fait un disque qui parlait pour une fois de moi. Un disque de famille puisque j'y ai cité ma mère, j'ai fait des choses avec ma fille.
Ensuite, je me suis intéressé à l'aspect traditionnel de ma musique. Je me suis intéressé à la musique telle qu'elle existait avant, telle qu'on la jouait avant que les instruments modernes, qu'était la derbouka dans quelques années plus tard ou une certaine boîte à rythmes, venaient en tout cas perturber le paysage musical tel qu'on le connaissait. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, à condition de ne pas oublier le côté originel de ces rythmiques. Car, ces rythmiques n'ont pas été inventées par hasard : elles ont été inventées en fonction des pas de danse qu'une femme ou un homme peuvent faire dessus. Qu'est-ce qui fait mouvoir un kabyle? Quelle rythmique le fait danser plus qu'une autre? Alors, je me suis penché sur tous ces problèmes. Donc, j'ai fait des recherches sur " Idhebbalen " (percussionnistes) : des gens qui jouaient des tambours, entre autres, Hocine " adhebbal " qui était borgne, Dda Kaci, Hcen " adhebbal " d'il y a quelque temps. J'ai également écouté les formations qui jouaient sur les ondes de la Chaine II, notamment, Si El Hafid, Si Zahir qui avaient apporté une frappe de la région d'Ath Warthilane. Je voyais, pour un même rythme, comment ils plaçaient leurs bâtons et pour quelle raison. Donc, j'ai récolté toutes ces rythmiques et toutes ces figures et je les ai placées sur un thème traditionnel, qui s'intitule " Saïd U Lamara ", qui se déroule facilement. Comme la mélodie est fluide, j'y ai mis toutes ces rythmiques et je les ai placées à des moments précis. Pourquoi? Parce que j'avais envie de montrer comment jouaient les gens de chez nous et qu'est-ce qui faisait que ça swinguait (balançait) toute la femme et  que ça provoquait des youyous chez les femmes qui dansaient même si on les mélangeait pas (séparées des hommes), elles dansaient derrière (un " délimiteur ") parce qu'elles ne pouvaient pas faire autrement.
En fait, mon problème ce n'est pas d'enlever une derbouka, une boîte à rythmes ou un quelconque autre instrument. Mon problème est de restituer ces figures telles qu'elles étaient et de dire aux gens voilà comment cela a existé, ensuite vous en faites ce que vous voulez.
Voilà! Il y a donc ce côté de la recherche des chants anciens dont un, celui qu'on vient d'écouter (dans le studio CIBL), qui s'intitule " Ccac l-lwiz Aremaq " et qui m'a été révélé par Dda Lmulud, Mouloud Mammeri, que Dieu ait son âme, qui m'a dit que c'est comme ça que l'on chantait avec des textes anciens. Des textes qu'on reconnaît d'ailleurs, qui ne trompent pas, qui n'ont pas été inventés maintenant. Puis, les chansons dont je te parlais, tout à l'heure, qui ont bercé mon adolescence, ma jeunesse, qui m'ont fait vibrer et que j'ai envie aussi de " kabyliser " à ma manière.   

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L'enfant chéri de Djurdjura à Montréal
Pensez-vous qu'il y a une relève pour la chanson kabyle ou est-ce qu'elle est en régression? Si régression il y a, quelles en sont les raisons?
La culture berbère en général, et kabyle en particulier, est en danger c'est sûr. Ça, il faut le savoir. Est-ce que ceux qui sont censés la servir, qu'ils soient peintres, hommes de théâtre, écrivains, chanteurs ou musiciens, ont eu l'audace, est-ce que nous, parce que je me mets dans le lot, nous avons eu l'audace d'aller chercher dans le tréfonds de notre conscient collectif les plus belles notes, les plus belles phrases, les plus belles rythmiques. Est-ce qu'on ne se suit pas, tout en faisant tous, les uns derrière les autres, la même chose? Est-ce qu'on ne se banalise pas? Car, celui qui passe après n'apporte rien par rapport à celui qui était là avant.
L'approche d'une musique est une construction de notes qui doivent sonner entre elles qui doivent avoir une harmonie, et cette harmonie dépend des fréquences qu'on utilise. Nous avons atteint, je m'excuse, c'est un peu technique, une configuration optimum au niveau de la musique traditionnelle, par exemple, on essayant d'utiliser deux tambours, deux bendirs et deux ghaytas. D'abord, la ghayta pousse, donne la mélodie, même s'il y a de fausses notes, de temps en temps, parce qu'elles sont mal préparées, mais même celles-ci on les intègre. Alors, les ghaytas chantent. Ensuite, les bendirs assurent l'assise rythmique d'une espèce de rythme constant. Enfin, les tambours jouent un peu aux " fous " en mettant des rives et des interventions. C'est cela qui donne la gaité aux danseurs et qui donne de la gaité dans les cœurs aussi. Je crois que traditionnellement, nous avons atteint cette espèce de plénitude musicale où ces instruments-là se suffisent à eux-mêmes pour qu'ils reflètent des concepts musicaux bien de chez nous.
Au-delà de cela, nous avons importé la guitare, par l'intermédiaire de Taleb Rabah, qui est un grand artiste pour moi, suivi par Ait Menguellat et toute une flopée de jeunes qui étaient derrière et qui subdivisaient tout le manche de la guitare, les 3e et 5e cases, pour faire le quart de temps que seul " Al Aoud " (le luth), qui est oriental, faisait à l'époque. En fait, on a trouvé effectivement qu'avec ce quart de temps les mélodies avaient plus de sensibilité,  de sentiments parce que c'est très méditerranéen. Tu trouveras ce quart de temps chez les Grecs, les Israéliens, etc. Donc, ce n'est pas une chose qui vient forcément de l'Orient ou qui soit forcément arabe. Alors, il y a eu la chanson traditionnelle avec Ait Menguellat et tous les gens qui l'ont suivi. Je parle d'Ait Menguellet parce que je pense qu'il est le chef de file de toute cette génération. Puis, la musique a évolué vers la modernité avec l'apparition de Djamel Allam, Idir et Nourddine Chenoud qui apportaient le côté vertical de la mélodie, des notes en dessus, des notes en dessous, alors que la mélodie est là. En fait, cela enrichissait encore le paysage. Au-delà, dans les années 80, c'est la stagnation : soit parce qu'on avait mal digéré ou ingurgité cette musique moderne, soit parce qu'on a fait, je pense,  une erreur en ne pensant pas à son âme originelle. Quand Idir fait une chose nouvelle, son premier souci c'est de ne jamais quitter l'âme kabyle parce que si tu la quittes, tu as tout faux. À vrai dire, si c'est pour faire de la musique moderne, les Occidentaux sont mieux placés que nous pour le faire. Dès lors que tu places une tierce ou une quinte, tu es dans la musique occidentale, tu as la couleur tout de suite. Donc, cela ne sert à rien. Alors que quand tu écoutes Le Mystère des voix  bulgares, un chœur de femmes bulgares, quand elles se mettent en chœur, tu as l'impression que tu es en Kabylie parce que l'harmonie est différente, elle est propre à notre univers méditerranéen.
En conséquence, vers les années 80, on se contentait de moins de choses : d'une derbouka, d'un mandole qui suffisaient. Cela a donné la génération de Hamidouche, de Zeddak Mouloud, de Rahim, émaillée, entre temps, par des  présences comme celles d'Agraw ou de Takfarinas qui eux étaient complètement décomplexés et allaient vers une musique très moderne. C'était heureux, parce qu'il y'en avait pour tous les goûts, le paysage était rempli.
Une musique ou un art est souvent lié à la conjoncture politique existante. En Algérie, le pouvoir algérien n'a jamais donné voix au chapitre à la culture. On a payé des chanteurs comme Rabah Driassa, quoiqu'il y avait des chanteurs de talent, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, là n'est pas la question. Mais, on leur faisait des commandes où il fallait chanter la révolution agraire, etc., c'était des fonctionnaires. Or, tu ne peux pas le fonctionnariser un artiste. À partir de là, c'était le déclin de l'approche de la musique de chez nous. Donc, il ne faut pas s'étonner quand on ne donne pas les moyens aux gens, pour réfléchir pleinement à leur musique, qu'ils se contentent du service minimum. Alors, on ne peut pas dire que c'est la faute aux jeunes. Même si parfois, ce n'est pas par manque de moyen. Quand j'ai fait " A baba Inuba ", je l'ai faite avec une guitare toute vieille et il a suffi d'une voix de fille et de garçon pour que ça soit un succès planétaire. Les moyens sont dans la tête qu'on a. Toutefois, il faut se libérer, essayer d'évoluer dans la musique, de connaître d'autres musiques parce que celles-ci peuvent t'aider à revenir sur toi et à regarder ta kabylité, puisqu'on parle de la musique kabyle, à travers le prisme de tout ce que tu as appris. Tu es là et tu croies que la culture du monde s'arrête au bord de ton village. Mais quand tu sors et tu rencontres des gens différents, qui sont ni pires ni meilleurs, mais qui ont le mérite d'exister, et l'essentiel que tu pourrais faire est de t'enrichir d'eux et de les enrichir en retour.
On peut dire effectivement qu'on n'a pas joué le rôle qu'il fallait pour faire évoluer cette musique et faire éventuellement d'elle des courants musicaux comme on a fait pour le Reggae, le Rock. Je ne parle pas du Rai parce qu'il n'est pas une musique d'identification, on consomme et cela s'arrête là. En général, les gens qui chantent Rai ont des voix exceptionnelles, mais quand tu les vois danser sur scène, on peut aimer, on peut danser, sans savoir qui est sur scène. Mais, tu ne peux pas aller écouter Matoub sur scène sans t'identifier, c'est impossible. Voilà la différence. Après le reste, c'est une question de goût : on aime ou on n'aime pas.
Maintenant, il y a des gens, comme Ali Amrane, qui font des expériences, qui sont de plus en plus décomplexés et qui font une musique qui plus tard sera comprise. Le tout, ils sont kabyles et ils te disent. On chante en kabyle c'est déjà un mouvement de résistance et j'essaye d'ouvrir une autre voie et c'est heureux. La seule chose que je leur demande, c'est de ne jamais quitter l'âme de la Kabylie parce que si on la perd, on fera peut-être des choses exceptionnelles, mais on ira ailleurs                              

Les enfants d'INAS (école d'enseignement de tamazight à Montréal) apprennent vos chansons dans leur programme d'école, notamment " A baba Inuba ", " Ssendu ", " Hay Hay Amumi " et les plus âgés mettent en scène et chantent " Tamacahut n Tsekkurt ".  Que pourriez-vous dire particulièrement à ces enfants en guise d'encouragement?
D'abord, je leur dis qu'ils emplissent mon cœur de joies, parce que nous sommes à combien de milliers de kilomètres du berceau de la culture amazighe et je retrouve des mômes, des bambins qui reprennent le relai de ce que nous avons fait. Ils sont en train de nous dire qu'on va vous sauver, qu'on va vous donner l'oxygène nécessaire pour que vous puissiez encore vivre, et nous cela nous sert aussi. Cela est extraordinaire. Moi, je leur dirai un grand merci.
 
Pour quand un concert en Algérie?
Pour visiter (le pays), j'y vais. Chacun peut aller de son refrain. Comme chacun peut dire qu'il a chanté partout dans le monde sauf dans son pays, ce qui est légitime. Le problème est comme suit : pendant les années 80, quand j'ai voulu chanter là-bas, je devais commencer par Tizi Ouzou. Ils (les organisateurs) m'ont dit oui, aucun souci. Ensuite, ils me rappellent pour me dire que c'est difficile qu'ils étaient envahis par les réservations de places et qu'ils ne voulaient pas surtout porter la responsabilité d'un éventuel chaos. Tu sais comment cela se passe dans les années 80, chacun avait peur pour son poste. En fait, ils avaient peur que leurs responsabilités rejaillissent sur eux s'il y a un pépin. De là, je leur avais dit qu'on pourrait le faire dans des stades, puis ils m'ont dit qu'il y a des travaux dans les stades. Ensuite, comme la musique que je faisais à l'époque n'avait pas besoin de beaucoup de musiciens, une petite "sono" suffisait, alors je leur ai dit qu'on peut monter dans les villages, chaque soir, et puis comme ça, on va désengorger (les lieux). Bref, j'ai tout essayé. Enfin, ils m'ont dit non, c'est une question d'intendance et de logistique qui est difficile. Après, j'ai compris qu'il ne pas fallait pas trop insister parce que, soit qu'ils avaient peur parce qu'ils n'arrivaient pas à assumer cela, soit qu'ils se disaient : nous ne touchons pas (à cela), c'est plus fort que nous, car ils peuvent se retrouver sans "boulot" le lendemain. La Kabylie étant une zone sensible, on leur a conseillé peut-être de ne pas faire trop de vagues.
Dans les années 90, c'était le terrorisme, je n'avais pas le cœur de faire ça (un spectacle). Aujourd'hui, on m'envoie souvent des gens, mais à chaque fois il faut que cela se passe sous le patronat de " x " ou d' " y ", moi, je ne suis qu'un saltimbanque qui gratte sa guitare et je veux aller en toute liberté chanter devant qui veut bien m'écouter, je ne force personne. Mais, je n'ai pas à être chapeauté ou à être dorloté, par un président ou un ministre, ce n'est pas mon " truc ". Je viens pour chanter et je ne dois rien à ceux qui veulent me parrainer.    
     
Un dernier mot pour la communauté de Montréal et les lecteurs de berberes.com?
Je les salue bien sûr. Mais, tu sais, je suis dans une place où les gens ne comprennent pas trop qui je suis. Dès fois, j'amène des choses de loin, de très haut, puis ils se disent : on ne sait pas avec lui si c'est du lard ou du cochon, on ne le comprend pas. Pourtant, je fais des choses simples. Quand il s'agit de faire des chansons contre le régime, j'ai fait " A wid id-agh-ihekmen, yebbdhed lawan ad truham ", il n'y a pas plus explicite que cela. Quand il fallait prendre des options, par rapport à mon pays, comme participer à l'année de l'Algérie en France, j'ai refusé. Parce que c'était fait sur des bases qui n'étaient pas très solides. Quand on m'a demandé de participer à la célébration du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, j'ai dit non. Les gens étaient étonnés. Alors, j'ai dit que je ne suis contre personne. En fait, lorsqu'en 1962, on s'acheminait vers  un gouvernement petit-bourgeois libéral avec Ferhat Abbas, Ben Khedda, et tous les autres selon les termes des Accords d'Évian (ces derniers), arrivés au pouvoir, allaient préparer la constituante qui allait donner une constitution, et le peuple choisira. Mais, ce qu'on a vu c'est l'arrivée des gens de l'armée des frontières, venus avec des chars, et ont pris le pouvoir de force et confisqué la révolution. Puis, ce ceux les mêmes qui sont aujourd'hui au pouvoir. Donc, si je fais ces choses (officielles) c'est pour eux que je le fais. Alors, qu'est-ce que je fais de tous ceux qui sont morts avant  et qui ont participé à cette révolution. Peut-être ceux qui sont morts étaient mauvais, mais enfin, je leur accorde le bénéfice du doute. Alors, je n'ai pas à me mêler avec ces gens-là parce qu'ils sont illégitimes et ils se sont construit, sur cette illégitimité, une légalité à travers laquelle l'Algérie marche. Je ne peux pas refuser cette légalité, je dois l'accepter,  sinon, il n'y aurait pas d'Algérie. Toutefois, si tu n'es pas légitime, je ne le ferai pas avec toi, je le ferai avec ceux qui le sont.
Maintenant, au fur et à mesure (que le temps passe), je me rends compte que les gens me connaissent. Puis, je suis arrivé maintenant à une étape stratégique où je pose des questions au gouvernement et au peuple. C'est-à-dire on leur disant qu'avec ce que vous  (les gens du gouvernement) nous donnez, vous faites de nous moins Algériens que les autres; est-ce qu'il y a un principe discriminatoire selon lequel moi, Hamid Cheriet Idir, je suis moins Algérien qu'un autre, simplement, parce que vous ne me donnez pas la possibilité de légitimer mon identité, ma langue et de la faire arriver où elle devrait arriver. Alors, répondez-moi sur ça. Car, si vous me considérez comme un sous Algérien et faire de moi quelqu'un que je ne suis pas, je ne l'accepterais pas. Qu'est-ce que je vais faire, en conséquence, je vais me retrancher sur mes positions et montrer mon désir de voir ma région indépendante, parce que c'est le seul moyen que j'ai pour me définir pleinement. Donc, il faut commencer par poser la question. Il faut poser cette question au peuple également. Vous, les arabophones, est-ce vous êtes prêts à marcher avec moi pour demander l'officialisation, pour donner les pleins moyens à ma culture de pouvoir exister et que vous la parliez au même titre que je parle l'arabe.
Je pense qu'il faut aller dans ces chemins-là et poser les questions qu'il faut. Lorsqu'on ne te donne pas de réponses, alors on se met devant un fait accompli.

Entretien réalisé par Saliha Abdenbi  

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