Fadéla Amara, ministre française chargée de la Politique de la ville


“Quand je regarde l’histoire des Berbères, je trouve quelques réponses à ma personnalité de battante...”

“Quand je regarde l’histoire des Berbères, je trouve quelques réponses à ma personnalité de battante...”C'est dans son bureau ministériel sis au 3, place de Fontenoy 75007 Paris la ministre Fadéla Amara nous a chaleureusement reçu pour aborder ensemble ses nouvelles fonctions gouvernementales, son projet pour la politique de la ville sans oublier quelques questions relatives à son appartenance kabyle,  C'est une femme toujours fidèle à elle-même et toujours souriante qui tient beaucoup aux valeurs héritées de ses parents qu'on a rencontrée.
De Paris, Djillali Djerdi

Pouvez-vous nous résumer votre parcours de militante et femme politique?
En résumé j'ai commencé mon parcours de militante à l'age de 14ans dans des associations , mes premiers combats je les ai menés dans mon quartier où j'ai milité pour sa réhabilitation pour vivre dans des conditions plus dignes car à l'époque nous vivions presque dans des bidonvilles ensuite, j'ai organisé avec des amis la marche civique qui consiste à aider les jeunes des quartiers à s'inscrire sur les listes électorales pour devenir acteurs de leur citoyenneté donc aller voter pour changer les choses à l'identique de ce que faisait Martin Luther King aux États unis dans son combat civique car moi j'ai toujours défendu la citoyenneté, Ensuite j'ai créé , alors que je n'avais pas encore 18 ans, l'AFEI association des femmes pour l'échange inter communautaire pour vous dire que déjà, à cet âge là j'étais sensible à la question de la condition de la femme et notre action consistait tout simplement à aider les mamans du quartier à sortir  et découvrir des sites, des musées etc. J'étais également l'une des organisatrices locales – je vivais à Clermont-Ferrand – de la marche des beurs , cette fameuse marche de 1983 où des jeunes issus de l'immigration et dont la plupart était formée d'algériens, qui réclamaient l'égalité . je suis rentrée dans un grand mouvement antiracisme qui est SOS racisme qui lutte contre tous les racismes et les xénophobies. Ensuite, voulant un peu plus de concret dans mes actions qui tournaient jusque là autour de principes et idéologies, j'ai milité dans des associations ancrées dans les quartiers puis je suis devenue présidente d'une structure qui s'appelle la fédération des maisons des potes, une structure qui s'occupe des quartiers de plusieurs villes de France avant de créer ce grand mouvement féministe qui dérangeait certains mais qui était aussi salué par d'autres qui est "ni putes ni soumises" avec tout ce qu'il a apporté comme changement. Et la vie a fait que j'accepte la proposition du président de la République d'intégrer un gouvernement de rupture moi qui suis militante de gauche et je considère que je suis restée la même dans mes idées car je me considère comme ministre militante. 

Justement , des gens de la gauche vous reprochent d'avoir intégré un gouvernement de droite. Comment le viviez-vous?
Écoutez les critiques m'importent peu car la situation des quartiers et des gens qui y vivent depuis les années 1980, a toujours été précaire, que se soit avec les gouvernements de droite ou de gauche et cette dernière était au pouvoir pendant 14ans et la situation est restée la même, donc en fait , que ce soit le gouvernement de droite ou de gauche au pouvoir, la réalité dans les quartiers dit difficiles ou sensibles et les Huit millions de personnes qui y vivent sur ce qu'on appelle les territoires prioritaires est des plus difficiles. Et moi, j'ai toujours été agacée par cette situation d'autant plus que cette cause est souvent instrumentalisée pour des raisons politiques sectaires idéologiques et une fois arrivés au pouvoir que ce soit la droite au la gauche personne ne fait rien ou en tout cas personne ne règle les problèmes de fond, on reste sur de l'événementiel au lieu de prendre de vraies décisions politiques qui changent la situation par le fond et qui mène la transformation sociale en profondeur pour plus de justice sociale, d'égalité et de liberté. Donc quand le président Sarkozy est élu au pouvoir j'étais déjà en rupture avec la direction du parti socialiste avec laquelle je divergeais notamment sur la question de la laïcité, une valeur en laquelle je suis très attachée car elle est fondatrice et porteuse de la démocratie qui aide à l'émancipation des femmes. Et les dirigeants du parti socialiste de l'époque, y compris les élus de droite d'ailleurs, avaient commencé à acheter la paix sociale négociant avec des imams auto proclamés qui sortaient de nulle part mais qui au moment des élections pouvaient faire la différence car ils pouvaient avoir 1, 2, 3 % de voix et vous savez que les élections municipales se jouent sur cet écart et donc c'était plus rentable de négocier avec un imam auto proclamé plutôt que de se retourner envers des associations comme nous républiques laïcs qui exercent pour la citoyenneté et qui voulaient la transformation sociale en profondeur pour plus de justice car nous à travers tout ce que nous revendiquions nous posions les vrais débats de fond à savoir la justice sociale, la question de l'immigration, la gestion de la politique de l'immigration, la politique de l'intégration. 

Vous êtes actuellement secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville avec en programme un plan banlieue baptisé sous le slogan une dynamique pour la France , un projet qui avance considérablement mais qui n'est pas épargné par les critiques. En quoi consiste globalement ce plan et vous attendiez-vous à tant de critiques?
-D'abord il faut saluer le courage politique du président de la République car même si on s'est battu dans le passé pour les questions de la diversité et des discriminations, c'est le seul qui a eu dans son gouvernement des femmes issues de l'immigration et de la diversité en l'occurrence Rachida Dati garde des seaux, Rama Yade secrétaire d'État aux droits de l'homme et au sport et en fin moi-même Fadela Amara secrétaire d'État à la politique de la ville moi qui ne suis pas de sa famille politique dire aussi l'ouverture de ce gouvernement qu'il a formé avec beaucoup de courage politique parce que c'est un acte fort à mes yeux que d'avoir réellement mis la diversité et des femmes issues de l'immigration dans son gouvernement, c'est un message fort aux organisations et aux hommes et femmes de ce pays. Je pense que cet acte politique permettra demain de ne plus retourner en arrière c'est à dire que les gouverneurs de demain seront obligés d'intégrer la diversité dans les mandats et les responsabilités politiques et ça c'est acquis et on le doit devant l'histoire au président Sarkozy et Dieu sait qu'il fait l'objet de beaucoup de critiques et moi, je tiens à le saluer.

Sur la dynamique espoir banlieue, vous savez qu'on s'occupe de quasiment plus de 8 millions de personnes qui habitent dans ces zones sensibles et avec le président Sarkozy on a décidé de définir trois axes forts de la dynamique espoir banlieue qui sont : l'emploi et la formation, l'éducation et évidemment le désenclavement car la majorité de ces quartiers sont totalement fermés à cause de l'absence de moyens de transport, ce qui empêche les jeunes de pouvoir grâce à une mobilité, aller chercher du travail. Donc on a mis ces trois axes forts dans dynamique espoir banlieue avec bien sur un travail en plus sur la justice, la culture, la santé etc. Ce que j'ai changé moi par rapport à ce qui se passait avant c'est que pendant des années la politique de la ville n'était la responsabilité que d'un seul ministre , imaginez un seul ministre avec son petit milliard qui s'occupaient de 751 zones urbaines sensibles et dans lesquelles habitent 8 millions de personnes, moi j'ai dit au président de la République: ce n'est pas juste, il faut que ça soit l'ensemble du gouvernement qui soit concerné par ces territoires et par les gens qui y habitent et c’est cette proposition que j'ai faite, il l'a acceptée d'ailleurs il l'a annoncée le 8 janvier 2008 au lancement de la dynamique espoir banlieue demandant à chaque ministre de mettre en place un programme triennal en direction des quartiers populaires et des zones sensibles. Et moi, la politique de la ville je me l’ajoute presque comme une cerise sur le gâteau pour aider à la réduction des écarts et donc à la réduction des inégalités sociales. Aujourd'hui tous les ministres ont mis un programme sur trois années et qui a comme générique la dynamique espoir banlieue donc l'ensemble du gouvernement est motivé sur la question mais aussi les collectivités territoriales car nous sommes en phase de décentralisation ; vous avez le département qui a la compétence dans l'action sociale, puis la région qui s'occupe de la formation professionnelle, pour montrer aussi que les collectivités territoriales indépendantes participent aussi à cette dynamique pour régler le malaise des banlieue des années 80. Et puis vous avez aussi un troisième acteur qui est très important et qui est le monde économique et du travail ; moi, je ne crois pas au processus de l'intégration si ça ne passe pas par une fiche de paie , la première dignité d'un homme et d'une femme est qu'il ait un emploi ; avec un emploi, on devient un homme ou une femme libre qui peut financer et payer son loyer et subvenir à ses besoins et loisirs et devient citoyen à part entière. On a mobilisé le monde de l'entreprise pour embaucher les jeunes diplômés des quartiers souvent victimes de la discrimination. Comme vous voyez, on est dans une vraie dynamique qui englobe un programme très conséquent quand on regarde bien en détail et même si ce programme a été décidé bien avant la crise je voulais construire philosophiquement une politique de la ville sur mesure qui correspond aux besoins des territoires et des gens qui y habitent c'est bien évidemment une dynamique qui est réactivée tous les jours et pour cela nous nous réunissons régulièrement sous la responsabilité du premier ministre Mr Fillon avec l'ensemble des ministres pour faire le point sur l'état d'avancement du programme mais aussi sur ce qui nous reste à faire et puis surtout pour alimenter encore à travers de nouveaux dispositifs qui seront mis en place pour permettre de réduire ces écarts le plus vite possible. C'est vrai qu'à cause de la crise nous avons des difficultés en terme d'emploi et même si le chômage augmente moins dans ces quartiers que dans les autres endroits qui ne sont pas en difficulté, n'empêche que nous avons quand même des actions à faire à savoir accélérer l'application concrète de la dynamique espoir banlieue. 

Et justement ce plan que vous avez entamé il y a dix huit mois, il en est à quel degré de réalisation?
Il est très difficile de quantifier ce projet car à chaque fois, on est confronté à d'autres besoins de la population que c'est difficile de dire aujourd'hui où l'en est mais je peux vous dire qu'on est à la limite à un tiers de réalisation mais vous savez qu'il est difficile de situer une dynamique dans l'espace et le temps car ce projet est tellement nouveau dans les esprits des uns et des autres que certains membres du gouvernement jouent bien le jeu et d'autres y vont difficilement prétendant que la banlieue n'est pas leur priorité majeure est mon rôle à moi, justement c'est d'aller les titiller pour mettre leur programme en place comme leur a demandé le président de la République, cela en plus du travail de motivation des collectivités territoriales et du monde de l'entreprise. Ce que je veux dire c'est que globalement la dynamique existe et avance et on commence à avoir des résultats au bout de dix huit mois d'application , vous savez que le problème date de vingt ans, et comme moi je viens du quartier et j'y vais régulièrement visiter ces quartiers partout dans le territoire je suis, comme eux, impatiente donc je pense qu'il faut aller encore plus vite et plus fort car à cause de la crise financière et économique nous sommes entrain de subir la crise sociale et les quartiers sont évidemment touchés donc nous devons aller encore plus vite et alimenter tout ce qui a été décidé par le président de la république et le Premier ministre que ce soit le plan jeunes qui va au bénéfice des jeunes des quartiers aussi, ou les reformes en cours, on a de très bons résultats sur les mesures éducatives; on a de plus en plus de gamins qui viennent dans ces quartiers là notamment ceux issus de l'immigration qui réussissent les classes prépa et qui sont admis dans les grandes écoles ,ça c'est ma grande réussite je paye beaucoup d'argent mais j'en suis très fière 

Qu'en pensez vous de l'avenir des banlieues en France notamment sur la question de l'intégration? Et quel est à votre avis le travail à long terme après aboutissement de ce plan?
L'objectif du plan espoir banlieue est politique - il consiste à réduire les écarts territoriaux et des inégalités sociales, si on atteint cet objectif là, on aura gagné la bataille et il n'y aura plus de raison que la politique de la ville existe ça voudrait dire que dans les quartiers pauvres, on aura réussi à améliorer les conditions de vie des gens et que ça se passe très bien, et si le travail est bien fait, j'en serai très heureuse , mais pour l'instant on n’en est pas là il nous faudra encore du temps pour améliorer une situation qui se dégrade depuis trente ans et pour lutter contre la paupérisation dans ces quartiers, il faut mener une politique forte , volontaire et déterminée c'est le cas de celle du président de la République qui reste très attentif à ce qui se passe dans les banlieues et très souciant du devenir des ces dernières c'est pour ça qu'il est très attaché par exemple à tout combat pour la promotion de la diversité, il est convaincu, comme moi d'ailleurs, qu'il faut absolument réunir toutes les conditions pour la réussite des enfants de banlieue et aussi des enfants issus de l'immigration c'est pour ça qu'il est attaché de nommer un préfet issu de l'immigration algérienne par exemple à la Seine-Saint-Denis et il en est très fier car ça fait effet d'exemple aussi, c'est la démonstration pour les autres que eux aussi ils peuvent devenir préfets s'ils le souhaitent, s'ils s'en donnent les moyens s'ils y arrivent voilà il est très attaché à la notion d'égalité des chances dans le travail et la réussite et de méritocratie et ça c'est très important car à un moment donné, on passe le discours courant dans les quartiers qui tourne autour de la victimisation qui empêche les gens de s'améliorer et de s'émanciper

D'aucuns vous reconnaissent cette qualité de femme battante modeste et qui aime se démarquer du stéréotype même en politique car même en tant que ministre d'État vous n'avez pas quitté votre modeste HLM. Comment expliquez-vous cela?
-Je suis née dans une famille d'immigrés Algériens de dix enfants avec un père ouvrier et une maman qui élevait ses enfants ; mes parents m'ont transmis des valeurs et l'une de ces valeurs qu'ils m'ont transmises c'est de rester humble et modeste quel que soit le parcours que nous ayons les uns les autres, et ce n'est pas parce que je suis devenue ministre que je dois rompre avec mes origines sociales et les quartiers populaires, moi, je suis enfant d'ouvrier, j'appartiens à la classe ouvrière donc j'ai une conscience aigüe de mon appartenance c'est pour cela que je continue à vivre là où je me sens bien , dans mon HLM même si j'ai réclamé de payer un surloyer. Je ne veux pas être la personne qui, sous prétexte de devenir ministre par le hasard de sa vie et ses combats et surtout grâce au président Sarkozy, coupe les liens avec les siens pour aller habiter dans le XVIe arrondissement. Je suis une femme très attachée à la fois à mes racines et à mes origines sociales. 

Le président Sarkozy a réitéré son soutien et sa confiance en vous et votre travail, en décidant de vous maintenir dans votre poste lors du dernier remaniement. Quel est votre sentiment envers cette confiance?
Je peux vous dire que le président Sarkozy et moi-même, nous avons une relation un peu particulière par rapport aux autres membres du gouvernement; je viens de la société civile je suis une femme de gauche, quand il m'a demandé de rejoindre le gouvernement j'ai refusé dans un premier temps mais après mûre réflexion et les conseils de beaucoup d'amis de gauches qui m'ont recommandé d'y aller et comme je suis une femme qui aime relever les défis, j'ai accepté. Et c'est vrai que j'entretiens une relation franche et honnête basée sur la confiance et lors des entretiens que j'ai, avec lui, je peux tout lui dire à la fois mes révoltes et mes incompréhensions mais aussi mes propositions et lui il sait aussi qu'il peut me dire tout, c'est-à-dire qu'est ce qu'il attend de moi et comment on peut travailler ensemble tout en respectant ce que je suis et d'où je viens ; il ne m'a jamais demandé par exemple et ça fait partie de l'accord politique qu'on a ensemble d'être militante à l'UMP il n'a jamais essayé de me pousser à renier ce que je suis ni même mes combats politiques . Et je pense qu'il a conscience aussi que c'est impossible de me demander de changer car je ne changerai pas. C'est mon coté kabyle...

Cette marque de confiance qu'il a réitérée lors du dernier remaniement est réciproque car le président est un homme de parole. 

Vous êtes aujourd'hui considérée comme ministre issue de la gauche dans un gouvernement de droite, par les uns, et femme politique d'origine kabyle dans un gouvernement français , par les autres. Comment vivez-vous cette double appartenance?
Écoutez, moi je la vis très bien, car je pense qu'il n'y a pas de contradiction dramatique car c'est un gouvernement d'ouverture que le président Sarkozy a mis en place, il a souhaité que des personnalités de gauche viennent et participent à l'idée de mettre en place des réformes , d'ailleurs moi, je suis totalement d'accord pour une politique qui fait bouger les choses et qui bouscule l'ordre établi car je n'ai jamais été conservatrice dans ma tête. Vous savez je suis convaincue qu'on n'est plus dans un paysage politique où il y a la droite d'un coté et la gauche de l'autre mais vous avez ceux qui veulent changer les choses et qui sont dans le mouvement tout simplement et puis vous avez les autres qui sont plutôt pour l'ordre publique et sont plutôt pour que rien ne bouge et moi je me suis jamais inscrite dans le conservatisme je suis plutôt une femme qui aime la transformation, sociale et qui aime le mouvement et et qui se bat pour plus de justice sociale d'égalité et des respect dans ce pays, et c'est vrai que je rejoins totalement le président Sarkozy quand il explique qu'il faut absolument réformer ce pays pour qu'on arrive à faire en sorte qu'il se mette en mouvement. 

Et cette liberté de penser et d'agir qui fait votre particularité dans l'environnement politique français, n'est-elle pas tirée de vos origines kabyle ?
-Certainement, il doit y avoir un lien c'est comme un héritage que je ne peux pas expliquer scientifiquement mais quand je regarde mon père et ma mère originaire d'Ath Youcef en petite kabylie et quand je regarde aussi l'histoire des berbères je trouve quelques réponses à ma personnalité de battante, têtue et rebelle qui n'aime pas les choses établies et les vérité absolues je crois que j'ai hérité ces traits de caractère des berbères c'est une manière aussi d'être dans une posture de résistance face à toutes formes d'oppression qui puissent exister et qui sont insupportables pour les hommes et les femmes qui s'inscrivent dans le combat pour la liberté et pour la démocratie je me suis par exemple beaucoup inspirée de la femme berbère , algérienne dans mon combat pour la femme en France. 

Et en parlant de l'intégrisme qui se prolifère en banlieues, est-ce que vous vous inspirez de l'expérience algérienne aussi?
Il y a malheureusement quelques groupuscules islamistes fondamentalistes qui existent dans certains quartiers en banlieue, ils sont minoritaires mais comme ce sont des militants politiques agissants donc actifs, j'estime qu'il faut les combattre car ils véhiculent des projets politiques qui portent la mort et rien d'autre. L'Algérie pour moi est un exemple de réflexion à la manière dont on doit se mettre en mouvement pour combattre ces intégristes religieux qui portent la mort, et quand je suivais à la télé ce qui se passait en Algérie durant les années difficiles, d'abord je suis bouleversée car ce sont mes frères et sœurs qui vivaient ce malheur, puis je suis solidaire pour ces hommes et ces femme qui résistent et pour mon combat pour la femme ici en France à travers ni putes ni soumises je me suis beaucoup inspirée du combat des femmes algériennes et je considère le mouvement comme un prolongement de celui des femmes algériennes. 

Et si on parlait un peu du projet de l'UPM qui est resté presque au point de départ à cause des résistances des uns et des autres? Comment êtes-vous impliquée dans ce projet qui tient à cœur au président Sarkozy?
-Vous savez , c'est un projet toujours en marche et moi comme le président de la République, je suis très attachée à ce projet car je crois que ce concept politique nouveau qui est l'Union pour la Méditerranée peut permettre l'émergence d'un nouveau projet de société et de civilisation porteuse de valeurs de solidarité, de fraternité et d'unité entre les pays du pourtour méditerranéen car l'histoire témoigne des civilisations émanant de cette région et de ses peuples, je crois que nous avons une responsabilité historique, celle de retrouver les chemins de cette civilisation là, celle du partage de la solidarité et de l'humanité à travers ce projet commun que nous écrivons ensemble et corriger les uns les autres, quand les choses ne nous plaisent pas.

On n'est pas dans un concept où c'est l'Europe qui dicte et les autres appliquent mais celui où chaque pays participe à la rédaction du projet de civilisation dans le respect des uns et des autres, et je crois, qu'on est dans un changement total des mentalités et des philosophies, nous sommes dans une posture où chacun , pays, peuple, autorité politique, respecte l'autre dans son identité, son concept dans ce projet de civilisation 

Vous vous rendez souvent en Algérie ?
Oui, mais pas assez à mon goût j'y vais évidemment car il y a ma grande famille et donc j'essaye d'y aller le plus souvent je suis partie cet été avec mes parents qui y sont restés plus de trois mois mais moi, en tant que ministre je ne pouvais pas rester longtemps peut être le jour où je ne serai plus en fonction, aurais-je l'opportunité de rester plus de temps pour me rapprocher plus de mon pays d'origine et j'y tiens car je suis très attachée à ma culture berbère et à mon pays l'Algérie. Lors de la dernière visite du président de la République en Algérie j'étais là, et j'étais très fière d'y être - si je peux dire - aux cotés de mes deux présidents et c'était des moments d'émotion très forts d'autant plus que mon père m'a dit cette phrase incroyable me voyant entre les deux présidents Algérien et français : quel beau clin d'œil de l'histoire!!! 

Un mot de la fin madame la ministre...

Je fais un grand coucou pour les kabyles et je leur réitère toute mon estime, mon respect et mon admiration pour tout ce qu'ils sont , ce qu'ils pensent et ce qu'ils sont capable d'être demain.

La Dépêche de kabylie

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