Entretien avec Ramdane Iftini, réalisateur


Entretien avec Ramdane Iftini, réalisateur“Certains feuilletons qui passent à la télévision frisent le crétinisme”

Réalisateur du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, d’après l’œuvre de Rachid Hamoudi, Ramdane Iftini estime, dans cet entretien, que les feuilletons diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision nationale, notamment la 4 n’ont rien avoir avec le travail artistique. Pour lui, le cinéma doit d’abord identifier les attentes du public. Il a aussi évoqué ses projets dans le domaine du septième art, l’appellation du cinéma amazigh…

Entretien réalisé par M. Mouloudj

La Dépêche de Kabylie : Vous êtes le réalisateurs du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, et qui a eu un succès considérable, quel est le secret de cette réussite ?
Ramdane Iftini :  C’est un succès relatif. Il eu un succès parce qu’il y’a une attente du public, ensuite, le travail réalisé a été fait d’une manière assez intéressante. Le fait d’avoir contextualiser H’nifa dans un pan de l’histoire algérienne, et s’être entouré d’une équipe intéressante, comme Samy Allam qui a co-réalisé et qui a fait le montage également, Belaid Branis qui a fait la musique et toute la petite équipe qui a été autour, donc, on a fait un travail d’équipe, et ce sont des gens qui étaient impliqués c’était un travail où il y’avait une synergie. Et puis, ce qui fait, maintenant que le film à une vie. Il est en DVD, il passe entre plusieurs mains, les gens en parlent. Quand on réalise un film, le plus important c’est qu’il ait une vie. Cela fait deux années qu’il a été réalisé, il a eu une tournée ici, en France… et c’est le plus important.

Quand vous dites les attentes du public, sur quelle base vous les identifiez ?
Je pense que le public s’attend à un travail de mémoire. Les gens ont besoin de ce genre de travail parce qu’on tend à devenir amnésique dans ce pays, on oublie vite nos artistes ! il n’y a pas de biographies qui sont faites, il n’y a pas de travail de mémoire qui été fait sur nos artistes. Donc ce travail sur H’nifa a permis de mettre en exergue ce manque et de dire qu’on peut faire des choses simples et bien faites. C’était un travail de recherche très important. Rachid Hamoudi a fait un travail pendant quatre ans, où il a fallu interviewer des gens, faire des recherches pour aboutir à un travail intéressant.

Sinon, globalement, comment se présente le cinéma d’expression amazighe ?

Qu’est-ce qu’on appelle, le cinéma d’expression amazighe ? Le cinéma est d’abord de l’image ! Maintenant, la langue c’est autre chose. Le cinéma amazigh doit être un cinéma qui véhicule des idées, qui a un regard novateur sur la société. Quant on parle du cinéma italien, ce n’est parce qu’il est italien, mais parce que ce cinéma a apporté une nouvelle approche de l’image et de son traitement c’était l’époque du néo-réalisme… Si on résume le cinéma d’expression amazighe à un film qui parle en berbère, notamment en kabyle actuellement, on dit que c’est du cinéma amazigh, mais il n’y a pas d’identité par rapport au cinéma. Je ne sais pas, au fait, ce qu’est le cinéma amazigh ? Le cinéma c’est de l’image, c’est une autre manière de voir les choses, les raconter et les montrer.
parmi les productions que j’ai pu voir actuellement dans ce qu’on appelle le cinéma amazigh, celui qui peut représenter, je crois, le cinéma amazigh, malgré que c’est un petit film à maigre budget, dont l’histoire est très intéressante et bien faite, c’est La dernière cigarette de Ali Berkennou.

Plusieurs feuilletons sont diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision algérienne, quelle appréciation faites-vous de ces productions ?
Je veux le dire en toute sincérité. Le peu de travail que j’ai vu, actuellement à la télévision et qui passe en ce mois de ramadan sur la chaîne Tamazight, frise la débilité. C’est du crétinisme pour moi. Mis à part le feuilleton de Amar Arab où il y’a une très belle image. A mon avis le traitement, au niveau continuité, manque, mais je sais qu’au niveau de l’image, il est excellent. Un autre petit problème des musiques. A la limite, on aurait pu faire une musique pour tout le film au lieu de mettre des morceaux de chansons, un peu de Matoub…etc.  Sinon, le reste, sincèrement c’est pire que la folklorisation, c’est du crétinisme. On est dans un truc complètement débile. Je suis désolé de le dire, mais c’est l’impression que j’ai.
Des sketches à trois sous, un humour de premier degré, enfin, je ne me reconnais pas dans ces productions.

Des projets dans le domaine du cinéma ?
Oui, on a des projets toujours avec la même équipe. Des projets de documentaires et un projet de long métrage. C’est deux nouvelles du Guy de Maupassant qui ont été traduites par Muhya. On les a scénarisées avec Samy Allam et qu’on compte réalisé si on obtient les financements qu’il faut.

La Dépêche de kabylie

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