La chronique de Benchicou. Prix du pétrole : l’absurde gasconnade de Bouteflika (1)

 

 

La chronique de Benchicou. Prix du pétrole : l’absurde gasconnade de Bouteflika (1)

Disons-le carrément : le Conseil des ministres restreint censé discuter des mesures à prendre pour faire face à la chute des prix du pétrole n’est rien d’autre qu’un triste numéro de cirque qui ne dupe ni n’amuse plus personne.  Un gouvernement qui a passé son temps à faire la sourde oreille aux mises en garde de ses propres spécialistes, que l’on a même entendu se gausser des prévisions pessimistes de ses propres experts, ce  gouvernement qui, au plus fort de la chute des prix du pétrole, promettait d’ériger une Californie du côté de Mascara et le plein emploi avant 2019, ce gouvernement-là  n’est ni à la mesure de la gravité de la situation ni encore moins à la mesure de l’époque.

L’avantage d’être Premier ministre dans une autocratie débridée où la population tourne le dos au pouvoir et réciproquement, c’est qu’il ne coûte rien de faire les promesses qu’on ne tiendra pas. On ne craint pas la sanction électorale puisque la moitié de la population ne vote pas et que, pour l’autre moitié, le vote est truqué. En parfaite république bananière dont le président n’a aucun compte à rendre à la population, ni sur sa bonne santé, ni sur sa maladie, ni sur l’argent du pétrole, ni sur la façon dont s’exerce le pouvoir, l’Algérie se prête aux bobards politiciens.

Alors que se profilent de noires années de crise, eux, Bouteflika et ses hommes, affolés par la perspective d’une remise en question de leur règne, ne pensent qu’à rassurer la population par de fausses promesses qui prolongeraient pour un mois ou pour un an, cette fameuse paix sociale qu’ils appellent stabilité. Écoutons-les qui se font les relais de ce dérisoire engagement de Bouteflika de ne pas toucher aux subventions des prix, ni aux aides octroyées aux classes sociales démunies. Autrement dit, « population, ne te soulève pas, j’ai toujours pour toi un peu de sucre ! ».

Mais où trouver les 60 milliards de dollars nécessaires pour les transferts sociaux quand on sait que les recettes totales d’exportation des hydrocarbures pourraient être inférieures à ce montant ? Le gouvernement ne le dit pas. Comme il ne dit pas d’où il puisera les fonds nécessaires pour garder les investissements publics, au cours de l’année qui vient, à leur niveau astronomique de 3 908 milliards de dinars (50 milliards de dollars).

L’essentiel pour ce régime d’affabulateurs qui nous gouverne, c’est de gagner un peu de temps sur le temps, une année peut-être, le reste, eh bien le reste, on verra plus tard. C’est, du moins, ce que dit ce responsable qui a  judicieusement préféré garder l’anonymat : « Notre balance de paiement et nos réserves de changes nous permettent d’amortir le choc du moins pour l’année 2015 ».

–  Et pour 2016, lui demande la journaliste ?

–  Pour 2016, nous allons observer la situation…

Puis, il ajouta cette terrible confession : « Il faut dire que nous n’avons pas la possibilité d’agir sur les prix du baril ». Il conclut le tout par ce déchirant aveu de faiblesse :

–  Mais Bouteflika a quelques pistes pour faire face à la crise…

Avec Bouteflika !

Toute une Nation réduite à espérer s’en sortir par les quelques pistes qui germent dans le cerveau de Bouteflika !

Aujourd’hui, c’est trop tard pour la Californie, trop tard pour Mascara : les caisses sont vides. Comme l’annonce un ancien conseiller et directeur de la stratégie au ministère de l’Énergie et des Mines (El Watan du 3 avril 2014), l’Algérie sera en situation d’endettement dès 2015 et atteindra dès 2016 le double de l’endettement de 1994, mais chaque année notre pays verra son endettement augmenter de 62 milliards de dollars, atteignant les 200 milliards dès 2018 !

Parce qu’il n’a pas diversifié l’économie nationale, malgré un afflux financier sans précédent, Bouteflika laisse une Algérie à l’agonie : le pétrole n’assurera pas la survie ! « Le Fonds de régulation (FRR) disparaîtra dès 2017 et l’Algérie devra faire des choix budgétaires sévères et impopulaires : plus de subventions, licenciements de fonctionnaires et d’employés des EPE, réduction drastique des investissements…».

Comment donc a fait le clan Bouteflika pour échouer si lamentablement avec un pétrole qui a caracolé à 140 dollars le baril ? De ses alliances inavouables, dépourvu totalement de vision à long terme, inapte à prévoir le retournement de situation, polarisé sur le seul exercice du pouvoir, absorbé par la lutte des clans, il n’a aucune qualification pour faire face à la dramatique baisse du prix du pétrole qui s’apprête à nous couvrir de malheur.

Les experts sont unanimes : l’Algérie, ruinée, sera obligée de recourir au Fonds monétaire international (FMI) pour s’endetter et espérer sortir de la crise. Les Algériens seront, de nouveau, invités à se serrer la ceinture et à laisser leur dignité devant la porte. D’ores et déjà, on annonce que les retraites comme la plupart des prestations sociales, ne pourraient plus être honorées dans quelques mois.

Mais tout cela, ces hâbleries indécentes, ces mensonges qui viennent s’ajouter à ceux qui les ont précédés, tout cela serait, sinon excusable, du moins méprisable si la lourde incompétence des hommes qui nous dirigent, n’avait été précédée de leurs impardonnables connivences.

L’histoire jugera Bouteflika comme un des plus grands dilapidateurs de son époque.

TSA    

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