Seul l’espoir est antiharraga

La Tribune 01/10/2007

La réponse au phénomène des harraga est dans les orientations que donne Bouteflika aux différents ministres qu’il auditionne. Les Algériens, notamment les jeunes, veulent se sentir Algériens à travers l’emploi, le salaire, le logement, l’espoir de fonder une famille dans la dignité.

 

Seul le travail peut faire renaître cet espoir. Seul le développement du pays et la croissance économique peuvent répondre aux attentes de millions de jeunes. Seule une école performante, ouverte sur l’universalité, sur les valeurs du progrès et de la modernité, peut arracher les enfants et les jeunes Algériens à ce sentiment d’abattement, de défaitisme, de haine et de mépris de soi. Bouteflika a rappelé avec force que la lutte contre le chômage reste l’une de nos principales préoccupations qu’il faut poursuivre et intensifier, tout en insistant sur la question de l’insertion des jeunes diplômés universitaires, qui doit constituer une préoccupation permanente, d’une part, et sur la nécessité de la formation d’une main-d’œuvre spécialisée dans les différents métiers et professions, d’autre part, instruisant également les responsables du secteur pour veiller à une adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. Le chef de l’Etat a exhorté les responsables du secteur à déployer des efforts en matière d’emploi des jeunes, particulièrement les jeunes diplômés universitaires, notamment, par l’appui aux actions qualifiantes améliorant les chances d’employabilité. Enfin, le président Bouteflika a insisté sur l’importance de la poursuite du renforcement de la concertation sociale et la consolidation du dialogue social qui demeure le garant de la préservation de la paix sociale.

L’oisiveté étant la mère de tous les vices, il est normal que les jeunes chômeurs s’adonnent à toute activité légale ou illégale, qui puisse leur procurer les moyens financiers nécessaires pour la satisfaction de leurs besoins. Ces jeunes qui étouffent dans leur quartier, dans leur douar, rêvent de vivre pleinement leur adolescence et leur jeunesse. Avant de se lancer dans l’aventure des harraga, ils ont espéré que l’ouverture politique et économique allait changer leur quotidien et leur offrir des perspectives intéressantes. C’est le chaos qui s’est installé, provoquant une tragédie nationale dont la majorité des victimes est composée de jeunes et d’enfants. Ces jeunes ont déjà exprimé leur ras-le-bol en octobre 1988 et la mort en a fauché un bon nombre à travers le pays.
Avant les embarcations vers le « paradis infernal », les jeunes ont essayé l’émeute pour dire leur douleur, leurs rêves mais aussi leur attachement au pays. Aujourd’hui, les jeunes rêvent de l’Europe parce qu’ils voient comment les jeunes vivent en Europe. Ces jeunes connaissent les risques et savent que même s’ils réussissent la traversée, il n’est pas évident de trouver l’Eldorado. Cependant, se disent-ils « on peut toujours se débrouiller pour vivre ».

 

par Abdelkrim Ghezali

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