Il n'y a pas d'islamisme, il n'y a que l'arabo-islamisme !


Cette contribution  pourrait s'arrêter  là. Tout est dit ou presque dans ce titre. Cependant, il est  nécessaire d'expliciter  l'ambiguïté et  l'insuffisance  des dénominations utilisées jusque-là par ignorance, par simplification ou bien, plus grave, par calcul.

Depuis trois décennies, dès que survient une nouvelle manifestation violente de l'extrémisme politico-religieux liée à l'Islamisme, la liste des qualificaifs pour nommer les acteurs s'allonge inexorablement  : islamistes, intégristes, fondamentalistes, salafistes, wahhabistes, terroristes, narco-terroristes,   islamo-terroristes  et  plus récemment djihadistes, depuis  les évènements du Mali et de l'Azawad.

Par ignorance, par tactique ou par peur de nommer de manière plus précise pour situer correctement les responsabilités,  les auteurs de ces dénominations tronquées occultent sa composante idéologique, sa stratégie et son objectif.

L'actuel ministre des affaires étrangères de la République française, Laurent Fabius, avait récemment cité Albert Camus, à juste titre, dans une émission télévisée : «mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde ».

Il nous parait utile de contribuer au débat afin d'éclairer le lecteur  et ainsi de ne pas « ajouter au malheur du monde » !

Tous ces mouvements violents liés à l'islam s'inscrivent totalement dans la matrice culturelle arabo-islamique.

L'objectif annoncé par les mouvements, organisations et acteurs qui revendiquent  ces violences  vise, officiellement, l'instauration ou l'extension  de la communauté des croyants musulmans, la nation musulmane (« la oumma… » en arabe ), régie par la charia.

Mais la suite  n'est jamais assumée publiquement, c'est-à-dire « la oumma arabo-islamique "»,  un monde régi selon les canons de la société arabe du Moyen Âge,  c'est-à-dire selon les lois actuelles de l'Arabie Seoudite, du Koweit, du Qatar, des Emirats et des autres royautés pétrolières.

L'expérience malheureuse des habitants de Tombouctou, de Gao et d'autres villes maliennes, pendant ces mois de leur mise au pas par les groupes arabo-islamistes, est là pour nous  convaincre que ce n'est pas de la spéculation.  Le drapeau noir des " salafistes " n'est autre qu'une annonce publique pour  l'instauration de la dictature/chariaâ arabo-islamiste. La création puis la mise  en  exploitation de la « Place de sharia'a » à Gao  pour les châtiments et  exécutions publiques  lèvent tout doute sur le type de société programmée. (sur le fronton de la place citée  est écrit en plus, en arabe :  « notre charia'a est notre vie », photo déjà publiée par le journal Libération)

L'islamisme et l'arabisme sont dialectiquement liés, indissociables.

Dans tout  délit ou crime, il est d'usage de s'interroger « à qui profite le crime ? ». Dans le cas de l'arabo-islamisme expansionniste et violent,  tous les regards s'orientent vers les monarchies arabes (Arabie Seoudite, Koweit, Qatar, Emirats, …). Dans leur stratégie expansionniste, indépendamment de la compétition qui existe entre elles, on peut avancer, sans se tromper, que l'islam n'est qu'une " couverture " pour leur politique arabiste.

Les tentatives de camoufflage de leur stratégie, par ces monarchies arabes, par des actions parfois efficaces de  communication (achat du club de foot ball « Paris SG », l'organisation de la coupe du Monde de foot ball,  l'organisation de rencontres internationales sur l'écologie, la propagande des chaînes Al Jazeera et El Arabia, etc…)  ne trompent personne. Les plus gros chèques financent, en plus des actions  de corruption,  les relais locaux et les armes destructrices.

Cette stratégie arabo-islamiste, enfourchant l'islam comme vecteur apparent, constitue réellement une simple alternative au " nationalisme arabe " du vingtième siècle  conduit par le nassérisme pendant plusieurs décennies.  L'échec du " nationalisme arabe ", après la fin du nassérisme et  l'effondrement de l'Irak et du Baâthisme a remis en mouvement cette dimension islamique. Changement de sponsors et d'acteurs,  mais l'objectif demeure inchangé.

Certains mouvements arabo-islamistes  et leurs idéologues citent souvent le mouvement politique turc, l'Akapi, comme exemple à suivre pour l'accession au pouvoir et la gestion des affaires publiques.  Ils oublient, cependant, que la Turquie a déjà fait sa révolution kémaliste en 1923 avec Ataturk et rompu avec la " nation arabe ". Il ne reste à la Turquie que la moitié du problème : gérer à sa façon le fondamentalisme musulman.

L'Afrique est  actuellement la zone la plus ciblée pour l'expansion arabo-islamiste.

En Europe, les communautés d'origine musulmane sont particulièrements visées et la récente tentative du Qatar d'investir dans les banlieues parisiennes pour le bénéfice de la  « communauté maghrébine » a rencontré une vive opposition de l'opinion publique et de la classe politique en France.

Deux stratégies distinctes sont déployées en direction del'Afrique : " parachever " la colonisation arabe de l'Afrique du Nord , initiée par Oqba Ibn Nafaâ , par la prise du pouvoir par  ses relais  arabo-islamistes (En Nahda en Tunisie,  Libye, …) et pénétrer l'Afrique noir par l'apport massif de financements destinés aussi bien aux dictateurs au pouvoir qu'aux groupes  terroristes. La liste des relais est déjà longue (AQMI et sa feuille de route pour occuper l'Azawad, MUJAO, Ansar Dine, Bouko Haram, …) et risque de s'allonger dans le futur si les peuples ciblés  et la communauté internationale laissaient faire.

La mise en échec de cet expansionnisme culturel ne peut provenir  des dirigeants des Etats africains majoritairement corrompus par les capitaux orientaux.  Dans le cas de l'Afrique du Nord, le seul rempart qui peut s'opposer à  l'expansion arabo-islamiste est le mouvement amazigh émergeant, qui défend l'authencité des peuples d'Afrique du Nord, Tamazgha,  qui est  un mouvement populaire d'essence démocratique et laïc, profondément ancré dans le terroir et ouvert sur le monde et l'universalité.

Dans cette  perspective, le retournement de situation au Mali, par la reconnaissance de la légitimité de la lutte du Mouvement Nationale de Libération de l'Azawad (MNLA) pour la reconnaissance des  droits des peuples de l'Azawad et sa contribution active à la lutte contre les arabo-islamistes aux côté de la communauté internationale,  avec les armées française et africaines,  permet aujourd'hui de croire au sursaut de l'Afrique. Il permet  de prouver aussi que les dollars du pétrole ne peuvent tout acheter.  Le succès de cette résistance  est très attendu. Il permettra d'affirmer demain que " les peuples ne sont pas à vendre ".

Nota : Lemouvement Bouko Haram, qui a enlevé les 7 otages d'une même famille française au Cameroun puis transférés au Nigéria, a exprimé le 25/02/2013, depuis le Nigéria, ses revendications en langue arabe. Dont acte !

Aumer U Lamara                                     
Physicien.

 

Gao (Gawa), Mali : " Place de la sharia'a " (photo. Libération)

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