L’environnement pas mûr des “Verts”


Parmi ceux-là mêmes qui se réjouissaient des exploits de l’équipe nationale de football, des voix s’élèvent pour déplorer la mainmise des “expatriés”. L’appel aux “étrangers”, que certains articles désignent par le vocable, rendu infamant par la propagande politique, de “binationaux”, d’abord solution applaudie, est dénoncé comme dérive, parce que des “vedettes” maison sont rayées de la liste des sélectionnés.

Jusqu’ici, l’EN n’a connu qu’empressements. Son sponsoring est couru par les grosses fortunes du pays et l’argent coule à flots autour de la FAF. Même l’État, en plus du budget légal, veut la sponsoriser ! C’est peut-être cet excès de liquidités qui a fait que la Fédération pense, rapporte-t-on, à engager des agences de communication pour vendre l’image de l’équipe nationale. Ah ! les agences de communication. Quand on sait le nombre de pontes du régime qui se sont installés — quand ce n’est pas la fille ou le fils — en agences de communication au bout de la distillerie de la rente, il n’est plus nécessaire de se demander où va l’argent de l’image nationale. Le produit de communication étant la marchandise dont le prix est difficile à évaluer — et à contester —, l’activité constitue un moyen privilégié d’allocations occultes des ressources publiques.

Pour une fois que l’Algérie a un produit qui se vend sans avoir besoin de recourir au marketing, on veut tout de même dépenser. Car enfin, a-t-on besoin de soigner l’image d’une équipe autrement que par ses performances ?
À mesure que le pays tend à se résumer, en termes de propagande, à ses “Verts”, l’équipe nationale attire sur elle toutes les stratégies. Les groupes d’affaires y investissent leur réputation, les équarrisseurs de trésoreries institutionnelles par “boîtes de communication” interposées, aiguisent leurs couteaux, les dirigeants de club se révoltent de voir la défense des couleurs nationales entièrement sous-traitée à la diaspora sportive ! C’est le cas de l’entraîneur du MCA. C’est aussi le cas du président de la JSK qui va jusqu’à prévenir que la Kabylie n’a pas avalé l’omission de Meftah et de l’imam Achiou. Tiens ! Celui qui “ne fait pas de politique” quand, dans l’épreuve, des voix kabyles le sollicitent, s’exprime au nom de la région quand il veut faire pression sur les structures officielles et que les arguments sportifs lui font défaut.

Le niveau du championnat national vient d’être illustré par le dernier match international de club à Sétif : trois à zéro contre un modeste adversaire africain.
Peut-on échapper au choix de Saâdane ? Non. Juste qu’il n’est pas bon d’en faire le voile d’une faillite de la politique nationale des sports et le support de la propagande politique.
Même s’il est compréhensible que dans le contexte actuel de naufrage, tout le monde veut s’accrocher à cette bouée de sauvetage : les entreprises, les clubs, les orpailleurs de la rente, les propagandistes politiques et religieux… Destinée à faire ce qu’elle peut pour aider au maintien d’une unité nationale menacée par les échecs, les manipulations de toutes natures, voilà cette équipe agressée par l’affairisme et le chauvinisme.

Comme cela arrive à chaque fois que, chez nous, quelque chose a l’air de réussir, la voici qu’elle risque de se transformer en pomme de discorde !

LIBERTÉ

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