Le scénario en tournage de l’amnistie générale


De temps à autre, une “sériat” serait sur le point de se rendre. Cette fois-ci, la meute fait halte du côté de Bordj Menaïel. Une autre campe, nous dit-on, sur le mont Akfadou.
Ainsi cantonnés, les terroristes négocient, paraît-il, leurs conditions de reddition. On ignore les exigences formulées par ces groupes, mais on sait qu’ils ne se contenteraient pas des récompenses prévues par la Charte pour la réconciliation nationale. Ainsi, nous racontait-on, l’an passé, un groupe en bivouac du côté de Kadiria réclamait cinq millions de dinars par tête de barbu pour déposer les armes.

C’est étrange comme on a des précisions sur les positions de groupes terroristes en quête d’accueil, sur les conditions qu’ils posent et même sur les motifs qui les poussent à envisager le retour. On leur trouve mille raisons de se rendre ici et maintenant. Parmi les “appels” de leurs anciens compagnons et les “fetwas” d’imams people, on cite presque par politesse le harcèlement des maquis par les forces de sécurité. Ce serait, en effet, trop injuste et franchement ingrat de proclamer que les sacrifices des soldats et policiers qui crapahutent dans les djebels ne seraient pour rien dans l’armistice annoncée. C’est vrai que la lutte antiterroriste n’est plus ce qu’elle était, mais cette résistance, bien moins convaincue qu’elle ne le fut naguère, limite les capacités de nuisance du terrorisme.

Entre autres échos parvenus jusqu’aux rédactions, même Droudkel, émir “national”, envisagerait, après quelques sibyllins échanges avec l’un des adjoints de Ben Laden qui l’ont fâché, de restituer son agrément à Al-Qaïda et de revenir “s’intégrer” parmi nous.
Ces contes de la réconciliation que des confrères s’évertuent à réécrire ont une fonction de compensation : les articles de presse avisant de redditions prochaines nous offrent une paix virtuelle parce que le pouvoir n’a pas pu, malgré les sacrifices surhumains imposés aux victimes, assurer le moindre espoir de paix réelle. Pour cela, il fallait que la fiction médiatique dépassât effectivement la réalité sécuritaire.
Ils doivent avoir une sacrée confiance en nos autorités pour ainsi se mettre en contact avec elles à partir d’une position identifiée sans s’inquiéter pour leur santé ! Alors que non loin de là, des ratissages minutieux ne lèvent souvent que des casemates abandonnées et du matériel de propagande oublié.

Parallèlement à ces bonnes nouvelles du front, dont la concrétisation est toujours à venir, Farouk Ksentini, gardien des droits de l’Homme repenti, harcèle l’opinion publique sur le thème de l’amnistie générale. La condition posée par Bouteflika aux islamistes de déposer préalablement les armes commence-t-elle à gêner le processus de réhabilitation politique des terroristes ? Voudrait-on aller créer, avec tous ces films journalistiques sur les redditions collectives, une illusion de désarmements collectifs qui justifierait le passage à l’acte d’amnistie politique ? Il ne restera alors qu’à attendre le départ, lui aussi annoncé, de Zerhouni qui s’est engagé à ne jamais réhabiliter, administrativement, le FIS.
Le tournage de l’épisode de l’après-réconciliation est en cours. Il ne reste qu’à agréer les modifications apportées au scénario.

LIBERTÉ

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