Une caserne ciblée par un attentat suicide

La Dépêche de Kabylie 09/09/2007

34 morts et plus de 50 blessés à Dellys La soldatesque locale d’El Qaïda tente diaboliquement d’enfoncer le pays dans la psychose en planifiant à grande échelle ses attentats suicide depuis presque une année.

Moins de deux jours après l’attaque d’un kamikaze ayant fait 22 morts et une soixantaine de blessés au centre-ville de Batna au moment où l’on attendait, là, le passage du cortège présidentiel, l’ex-GSPC a récidivé en perpétrant hier un attentat similaire à l’intérieur d’un contonrnement militaire jouxtant le port de Dellys, 60 km à l’est de Boumerdès . Le bilan de l’acte brutal est effroyable puisque le nombre de morts recensé est passé entre 9 h et 12h de 10 à 25. Mais juste après, une source sécuritaire a signalé la perte de plus d’une trentaine de militaires suite à la forte explosion.

Celle-ci s’est produite peu avant 8 h, au niveau de l’enceinte portuaire sus-mentionnée, précisément dans la partie réservée à un détachement de la marine relevant de l’ANP. Les militaires venaient de procéder à la levée des couleurs - dans cette caserne composée de chalets en attendant la reconstruction des édifices endommagés par le séisme de 2003 -lorsqu’un jeune homme conduisant une fourgonnette fonça sur eux. Bourré d’explosifs, ledit véhicule de marque Mitsubishi, a-t-on indiqué, a écrabouillé en quelques secondes plus d’une dizaine de chalets. L’attentat suicide, similaire à celui ayant ciblé la caserne de Lakhdaria le 11 juillet dernier avec un bilan de 10 morts et 25 blessés, aura fait hier à Dellys plus d’une trentaine de morts, on annonçait en fin de journée 34 pertes humaines.

On déplore également 50 blessés soignés à l’hôpital de ce centre urbain, mais l’on ignore, à l’heure où nous mettons sous presse, le nombre de cas graves évacués vers les hôpitaux de la périphérie. Jusqu’en millieu de journée, le hululement d’une dizaine d’ambulances qui intervenaient pour l’évacuation des victimes se mêlait à la colère des riverains. Colère succédant à la panique, puisque la forte explosion a fait vibrer les quartiers avoisinants. Les vitres et rideaux des immeubles et locaux voisins, notamment ceux du lieudit Beau-Rivage ont volé en éclats.

A la question de savoir si la vieille Casbah mitoyenne au port a été touchée par la déflagration, un citoyen a eu ces mots: “ La mort ne rôde jamais dans une cité déjà en ruine.” Et sans vouloir extrapoler, notre interlocuteur rappellera que le développement de leur contrée a été violemment stoppé depuis l’apparition du terrorisme, il y a une quinzaine d’années.

Comment peut-on y relancer l’investissement lorsque les entrepreneurs ou ceux possédant des fonds subissent constamment les représailles des hordes islamistes locales ? Les rackets à outrance et rapts suivis d’exigence de rançons risqueront encore d’appauvrir cette région.

L’ex-GSPC devenu El Qaïda- Magherb réinstaure ainsi, à la moindre occasion, cette terreur qu’il exploite aussitôt pour imposer sa djizia dont une partie sera utilisée pour le renflouement de son trésor de guerre.
La violence orchestrée par cet ennemi de l’Etat républicain et de la société est allée, et pour cause, de pair avec l’appauvrissement des villageois particulièrement en zone semi-rurale. Double objectif que l’ex-GSPC s’est diaboliquement assigné depuis le 31 octobre 2006, deux mois après l’expiration officielle du délai accordé aux terroristes pour toute repentance.

Après les bombes de Dergana et Réghaïa avec un bilan de 2 morts et 25 blessés, il y eut d’autres attentats à la voiture piégée à Boumedès et Tizi-Ouzou. Le 13 février 2007, ces attaques ont fait au total 7 morts et une quarantaine de blessés dans différentes communes de ces deux wilayas.

L’ex-GSPC, poussant l’honneur à son paroxysme, planifiera, le 11 avril de l’année en cours, un attentat suicide devant le Palais du gouvernement et un autre à l’explosif près du commissariat de Bab-Ezzouar. On dénombrait alors 33 morts et plus de 60 blessés.
Début de l’été, le 11 juillet, l’hydre islamiste enverra encore un de ceux ayant bu son nectar dogmatique se faire torcher dans l’enceinte d’une caserne de l’ex-Palestro.
Bilan : 10 morts et plus d’une vingtaine de blessés dont cinq grièvement.

Une grande question s’impose cependant: à quand l’avènement d’un réel sursaut patriotique contre l’islamisme, qui aurait eu comble de malheur, l’audace de s’en prendre au chef de l’Etat.
Et pourquoi encore cette sorte de laxisme de la société civile suite à cet acharnement des hordes islamistes contre les symboles de la République ?

A Dellys, a-t-on rappelé encore, deux soldats se sont fait étriper, sous les bombes, il y a moins de deux ans, alors qu’ils surveillaient l’enceinte portuaire....  

par Salim Haddou.

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