Ce que pensent les Algériens de la presse nationale

 Entre respect et scepticisme

La dépêche de Kabylie 14/02/2008 Ce que pensent les Algériens de la presse nationale

Selon une enquête menée l’année dernière aux Etats-Unis, par des chercheurs sur ce que pensent les Américains de leur presse, les résultats étaient édifiants : " 64 % ont déclaré avoir un doute en leur presse écrite et audiovisuelle, " et cela en incluant la presse à scandale.
Ceci dit, que pensent les Algériens de leur presse ? Pour le savoir, nous avons interrogé plusieurs citoyens de différentes tranches d’âge ainsi que de niveau intellectuel. Entre pro et anti, les Algériens se prononcent.

À la fin des années 80, la décision de l’Etat de s’ouvrir sur le pluralisme en a réjoui plus d’un, mais cela sans compter sur la volonté du pouvoir en place de verrouiller l’information par tous les moyens surtout dans les années noires, en contrôlant les médias lourds, et ce, en leur imposant une feuille de route. Mais d’après les témoignages des différents sondés, l’arrivée de la presse écrite indépendante a été une bouffée d’oxygène pour le peuple et une bouée de sauvetage pour les défenseurs des droits de l’Homme et un accès crédible à l’information.

Les personnes interrogées nous parlent de leur point de vue vis-à-vis de la presse nationale.

Lyès, coiffeur: "Ya kho, sahafa c’est bien, moi je ne regarde pas trop la télé, ils nous donnent que du faux surtout la presse audiovisuelle, la presse écrite ça va, mais la télé c’est souvent erroné ".

Nous nous sommes rendus à la faculté de Ben Aknoun, un milieu intellectuel, pour mieux comprendre les attentes des lecteurs ainsi que leurs penchans. Les avis sont partgés.

Amine, étudiant en 3e année en droit: "Personnellement, il ne se passe pas un jour sans que j’achète un journal, c’est mon compagnon du jour entre sport, culture et politique, j’apprends énormément de choses.
Ceci dit, il y a certains organes de presse qui, au lieu d’essayer de répondre aux attentes des lecteurs, préfèrent verser dans la politique, surtout l’audiovisuel qui au lieu d’être une chaîne du peuple s’autoproclame comme un organe étatique "où est la démocratie ?” Son camarade enchaîne: “Où est la liberté de la presse en Algérie? Au lieu de laisser les journalistes faire leur travail, ils les jettent en prison.”

Jaâfar, médecin, 44 ans " A quand l’ouverture audiovisuelle en Algérie ? Personnellement je dirai qu’il y a manque d’information. On ne parle pas assez des problèmes du citoyen, il y a souvent diffamation de propos. Je ne vois pas l’intérêt de la presse si l’information n’est pas exacte. Moi je m’interroge comment les chaînes étrangères rapportent l’information avant nous. C’est absurde, cela étant dit, je rends hommage à tous nos journalistes qui travaillent dur pour nous informer de ce qui se passe autour de nous en bravant tous les dangers .”

Ammi Rabah, 68 ans, retraité " j’admire beaucoup la presse algérienne et je respecte beaucoup nos journalistes qui sont un modèle de culture et de savoir, je rends aussi un vibrant hommage à tous ceux qui sont tombés dans les années noires dans l’exercice de leurs fonctions . Ils font tout leur possible pour nous informer de manière crédible. Je pense que la presse est vitale pour nous comme la nourriture ".

Rafik, 22 ans, chômeur " la presse, c’est pas mon truc, c’est la plupart du temps faux, ils s’occupent pas assez de nous, ils ne parlent pas du chômage, on est livrés à nous-mêmes".

Samir, chauffeur-livreur " vous avez toujours des sources dignes de foi et vous faites tout pour contredire ce que rapporte l’ENTV mais ce qui est frappant c’est que quand il y a des attentats et des assassinats, l’entv n’en parle même pas alors que dans les médias étrangers ça fait la une des JT.”

S.Kamel, enseignant: "franchement, j’en ai marre quand je regarde la télévision, je vois le visage du Président, le journal télévisé lui est entièrement consacré, elle est accaparée par sa personne même si ces derniers temps, on a droit à quelques débats entre pouvoir et opposition ainsi que la vie privée de quelques dirigeants mais sans plus. J’accuse aussi quelques organes de presse qui font dans la diffamation mais pour le reste c’est acceptable".

Dans les approches, dans le contexte actuel où se trouve la presse nationale, la crédibilité de la presse est souvent remise en question ainsi pour certains les organes de presse ne font pas leur travail dignement et de manière crédible et ce, vu le verrouillage de l’information ainsi que l’absence d’une vériatable liberté de presse permettant au citoyen de bien se documenter et en remettant toujours les medias audiovisuels devant leurs responsabilités surtout que l’Algérie est dans les abysses du classement de la liberté de la presse par Amnesty international.

 

par Merbouti Hacène

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