Konaré réfute son ingérence en Afrique

Après les révélations de Sarkozy sur sa politique étrangère

Liberté 01/09/2007

Réaction du Commissaire de l’Union africaine aux ambitions étrangères du président français : ce n’est pas à lui de désigner les représentants de l’Afrique. Le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Omar Konaré, a violemment réagi aux ambitions de politique étrangère, exprimée la semaine dernière par le nouveau président français lors de sa rencontre, le 27 août, avec les ambassadeurs de la France à l’étranger.

 

Le continent réfute le droit que s’est donné Sarkozy de désigner les pays africains devant figurer dans les élargissements des organismes internationaux, tels qu’il les a envisagé, a déclaré l’ex-président du Mali. Le locataire de l’Elysée a proposé d'élargir le G8 des pays les plus industrialisés aux grands pays émergents en G13 incluant l’Afrique du Sud, la Chine, l’Inde et le Brésil. “Je me méfie toujours des systèmes de cooptation”, a lâché Konaré, qui a insisté sur l’indépendance de l’Afrique et ses capacités à choisir elle-même ses représentants. C’est tout juste s’il n’a pas dit que l’attitude du président français relevait du néocolonialisme, sinon d’une vision méprisante de ses États et nations.

Ce n’est d’ailleurs pas le ferme refus de repentance de la France sur ses siècles de colonisation, réitéré comme jamais cet été par Sarkozy, à Alger et à Dakar, qui démentira ces soupçons. Le président français, qui a présenté son projet d’“Eurafrique” dans sa virée en Afrique subsaharienne, a pourtant mesuré toute son impopularité dans le continent, et cela, malgré ses promesses d’en finir avec la “francafrique” de ses prédécesseurs qui avaient de la retenue en s’interdisant, notamment des mots qui fâchent et qui font remonter le passé colonial à la surface. Le Commissaire de l’Union africaine a profité de l’opportunité pour dire ce que le continent pense du G8. “S'ouvrir à d'autres est une bonne chose, mais la légitimité du G8 par rapport au système des Nations unies se pose”, a-il estimé en s’interrogeant s’il ne valait pas mieux réfléchir véritablement aux réformes à faire au niveau du système des Nations unies plutôt que de glisser subtilement vers un transfert de responsabilités vers le G8 ? Pour Konaré, le G8 a fini par prendre le dessus sur l’ONU dès lors que les dossiers chauds du monde se règlent dans ce club fermé et non plus à New York par la communauté mondiale et dans un cadre démocratique.

Konaré, qui estime que la présence de l'Afrique comme membre permanent du Conseil de sécurité est indispensable, rien que parce c’est en son sein que se traite 60% de problèmes africains et que l'Afrique est le seul continent à ne pas y être représenté, demande une place, mais ne souhaite pas que ce soient les autres qui désignent le représentant africain à la place des africains, comme l’a laissé présager Sarkozy.  

par Djamel Bouatta

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