Entretien express avec Y. Merahi, S.G du HCA

 L’élite doit proposer un projet pour l’amazighité”

La Depeche de Kabylie 23/04/2008 Entretien express avec Y. Merahi, S.G du HCA

D.D.K : Le salon tire à sa fin, les objectifs escomptés sont-ils atteints ?
Y. M : On n’est jamais satisfaits à 100 %, ils sont atteints en partie ; on a enregistré plus d’auteurs, et d’éditeurs et la qualité est en vue, des livres liés à la recherche sur la dimension identitaire. C’est vrai qu’au sein du public, il y a plus de curieux que d’acheteurs mais ce sont des lecteurs potentiels plus tard. Ils découvrent la dimension amazighe et la chose culturelle berbère. Malgré la défection, malheureusement, d’un cadre du ministère, il n’a pas donné signe de vie, on regrette cela, on a eu des conférenciers de renom.

Pourquoi l’itinérance du salon ?
Le salon est voulu itinérant car en Algérie, la circulation du livre est réduite à Alger et sa périphérie. On espère que le salon aura lieu l’année prochaine au Grand Sud. On pense à Ouargla, Tamanrasset, Illizi ou Ghardaïa… Sans l’aide des autorités locales (les walis), on ne pourra pas le faire, on les sollicite d’ores et déjà.

Que devient la symbolique du Printemps berbère, 28 ans après, selon vous ?
Le 20 Avril 80 a été le précurseur d’un mouvement démocratique qui a ramené en 88 le pluralisme que nous vivons en ce moment à l’algérienne. Ce qui est à regretter, c’est les 126 morts du Printemps noir ; on aurait pu faire l’économie de ces vies et en même temps faire avancer la revendication amazighe. Le pouvoir aurait pu avoir le courage nécessaire de faire de l’amazighité une dimension, de considérer la langue et la culture sans passer par le fauchage de la mitraillette policière. En vérité, aujourd’hui, tamazight est une réalité, pas comme nous la voulons, mais personne ne peut faire l’impasse. Ne confondons pas l’amazighité et tamazight, ses acteurs ne les confondent pas. Par la faute du système, Avril 80 qui était porteur d’espoir démocratique et citoyen a été terni par Octobre 88 et les massacres de 2001 en Kabylie.

Justement, quel est le rôle qui sera assigné, selon vous, à l’élite de la culture amazighe à l’avenir ?
L’élite de tamazight a un grand rôle à jouer, ce sont eux qui doivent proposer un projet pour l’amazighité, le porter à son terme et le défendre contre ses négationnistes.

Des étudiants ont étés empêchés de fêter le 20 Avril à Mostaganem… Un commentaire ?
On m’a informé que les étudiants allaient rappeler pour me donner le numéro de téléphone de la wilaya de Mostaganem. J’ai attendu leur appel,…Ils ne l’ont pas fait. Toutefois, le fait en soi est regrettable.

Un dernier mot…
La 4e édition du Salon du livre et multimédia amazighs a été réussi sous plusieurs aspects. Toutefois, je tiens à dire que le HCA a été "insulté" par la voix de deux organes de presse : Algérie News, par A. Dourari, directeur du Centre nationale pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight (CENPLET/ MEN) et la revue "Thafsut" en nous traitant de "pollueurs de l’édition". C’est, aussi, une manière d’insulter ceux et celles qui ont édité chez nous, dont des collègues à lui (A. Dourari), universitaires. Je ne sais pas ce qu’il cherche… Quels sont ses buts ? Mais, en tout état de cause, lui, cherche vainement, ne trouvant rien qui puisse déranger la bonne marche du HCA… Notre institution le dérange et c’est tant mieux.


Propos recueillis  

par Ahmed Kessi

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