Oran Les corps de 6 harraga repêchés à Béthioua

 Le Quotidien d'Oran 09 04 2008

Les cadavres de six personnes, âgées approximativement entre 25 et 40 ans, ont été repêchés, hier, par les éléments des gardes-côtes à l'entrée du port de Béthioua, dans la wilaya d'Oran.

En effet, il était environ 11 h 40, lorsque les gardes-côtes de Béthioua, qui se trouvaient en patrouille dans les environs, ont découvert les six cadavres flottant sur l'eau. Il s'agit, selon toute vraisemblance, des corps de candidats à l'émigration clandestine. Cette macabre découverte vient confirmer, encore une fois, une dure réalité à laquelle sont confrontés les services chargés de lutter contre ce phénomène. D'après les premiers éléments des investigations, les corps des victimes n'étaient pas dans un état de décomposition, ce qui confirme l'hypothèse que la mort remonte à quelques jours seulement. Il s'agit probablement de harraga qui auraient tenté l'aventure, mais pour lesquels, par malchance, les choses ne se sont pas déroulées comme ils l'espéraient. Selon les services des gardes-côtes, les identités des victimes n'ont pas encore été identifiées, ni leurs nationalités d'ailleurs. En attendant de nouveaux éléments, leurs dépouilles ont été déposées à la morgue de l'hôpital d'El-Mohgoun.

Cependant, cette affaire soulève plusieurs questions. Ces victimes font-elles partie d'un groupe de harraga qui auraient également péri en mer, mais dont les corps n'ont pas encore été rejetés ? Dans ce cas, quel était au départ le nombre total des candidats à l'émigration clandestine qui avaient pris la mer avec ce groupe ? Combien d'embarcations avaient pris le départ et de quelle plage ? Autant de questions que seules l'identification des victimes et l'enquête diligentée par les services de sécurité pourraient élucider. Chose qu'on ignore, pour l'instant, le mystère qui entoure cette macabre découverte reste entier.

Il faut dire ces « suicidaires » à la recherche d'un éden continuent à alourdir la liste des harraga portés disparus et des cadavres repêchés. A titre d'exemple, l'année 2007 est considérée comme une année particulièrement meurtrière pour les candidats à l'émigration clandestine. Selon un bilan du commandement des forces navales algériennes, au total 83 corps sans vie ont été repêchés durant l'année 2007. Un chiffre en constante croissance si l'on tient compte des bilans des années 2006 et 2005 et où 29 et 73 cadavres ont été respectivement repêchés. Face au problème des corps sans vie, celui des portés disparus qui se chiffre à plusieurs centaines eu égard au nombre de dossiers déposés par les familles au niveau des services de rétablissement des liens familiaux dépendant du Croissant-Rouge algérien et dont la mission est d'aider ces familles à retrouver la trace de leurs enfants. Du côté du commandement des forces navales, 60% des corps repêchés qui étaient dans un état décomposition très avancée, n'ont pas encore été identifiés. Au cours de l'année 2007, 1.530 harraga ont été arrêtés en Algérie dont 1.485 sont des Algériens. Ces arrestations, rappelons-le, englobent l'arraisonnement en mer (1.377 personnes) et le débarquement au niveau du port (153).
 

par K. Assia

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