Comme celui qui danse pour un aveugle

 Merci Fouroulou !

La dépêche de Kabylie 17/03/2008

Sadiya n l’euro et Kaci l’angoisse sont sidérés tama n Dihiya. Ils sont à la limite n wexciwet. A un degré moindre, le vieux Dezdeg aussi est stupéfait. Awal ulac, ils passent près d’une demi-heure à peser la sublime Kahina. Sadiya lui trouve même un air de ressemblance avec sa défunte mère : "Akka i tga yemma ad fell-as ye3fu yerhem : d tazeggaght, d tamelhant, teccur acettid…".

Dezdeg se réveille à son tour. Il invite ses deux complices à le rejoindre à l’extérieur de la tente pour leur dire :

- Je vais m’absenter. Je vais du côté de Tizi-Hibel rendre visite à Fouroulou.
- Tu reviens quand ?, demande Sadiya
- Dans deux heures akken !

Tizi Hibel. Samedi 15 mars 1939. Un tacot bâché s’échine à s’agripper sur une pente, laissant derrière lui un nuage de fumée et de poussière. Le véhicule est dépassé par une vieille femme chargée d’un fardeau de bois sec. La scène fait sourire Dezdeg qui trouve, qu’à part le tacot, Tizi Hibel de 1939 n’est pas très différent de At R’gad 2008.

Le voyageur des at R’gad arrive devant l’école primaire. Il n’entend aucun bruit. Juste le picotement de quelques volatiles fuyant les assauts de quelques mioches et trouvant asile dans la cour. Puis, en levant les yeux, il reconnaît la tête de Mouloud Feraoun derrière les vitres d’une fenêtre. Le vieux monte les quelques marches d’escaliers et se retrouve nez à nez avec le jeune Mouloud Feraoun. "id-turwem a tilawin !", s’exclame-t-il. Il jette un coup d’œil sur la table qui sert de bureau au fils du pauvre et lit sur une feuille volante : "Je me souviens comme si cela datait d’hier…". Dezdeg écrase une petite larme et va s’asseoir sur le bord du lit. Le crayon à la main, Fouroulou, lui, est debout. Il semble préoccupé. Il se dirige vers la fenêtre, scrute l’horizon et revient vers la table. Sans s’asseoir, il cherche une feuille déjà noircie et écrit à sa marge: "La désobéissance est un essai de liberté et un essai de courage. C’est pourquoi il faut la regarder avec amitié". Quelqu’un frappe à la porte. C’est Dehbia sa femme. "Aqla-k te3yid ernu mazal ur teccid ara !?", lui reproche-t-elle tendrement. "Tura, aqli-n", lui répond-il affectueusement. Dehbia sort en laissant la porte entrouverte comme pour lui signifier qu’elle l’attend.
Dezdeg n’a pu se retenir "Merci Fouroulou ! Merci Mouloud Feraoun !"
L’écrivain cherche d’où vient la voix et il finit par admettre : "Dehbia a sûrement raison je dois être fatigué"

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" …En fin de compte les mensonges auront plongé l’Algérie dans un affreux bain de sang : ils n’auront jamais tué que des hommes, et l’Histoire qui retiendra les évènements enregistrera sans doute, pour être digne d’elle-même, notre commune souffrance et notre égal attachement à la terre qui nous a vu naître…"

(L’anniversaire)  

par T.O.A.

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