Said Sadi devant le comité national Américain de politique etrangere

La dépêche de Kabylie 13/03/2008 SAÏD SADI DEVANT LE COMITÉ NATIONAL AMÉRICAIN DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE :
"Les démocrates en Algérie méritent suivi, attention et soutien"

C’est à New York que Saïd Sadi a entamé, hier mercredi, sa tournée aux Etats-Unis après une activité similaire au Canada. Le président du RCD était l’invité du très puissant Comité national américain de politique étrangère.

Devant les membres de ce comité, qui fait partie des quelques entités du genre qui font et défont la politique étrangère américaine et du monde donc, il fera entendre la voix des démocrates algériens, peu ou prou connus outre-Atlantique. «Pour des raisons historiques et géopolitiques, la perception de l’Amérique du Nord des zones critiques a été largement dominée par l’attention accordée au Proche et Moyen- Orient. La gravité de la question israélo-palestinienne, la situation en trak et les tensions qui montent autour du nucléaire iranien ont occulté un autre segment de cette aire des conflits : l’Afrique du Nord», commencera par faire remarquer Saïd Sadi. Or, enchaînera-t-il, «cette région est appelée à connaître des évolutions majeures qui peuvent en faire un exemple pour le meilleur comme pour le pire». Passant outre le cas libyen «dont il est difficile de prévoir les évolutions sur le court terme», Saïd Sadi centrera son intervention sur «les trois pays de la rive sud du bassin occidental de la Méditerrannée». C’est-à-dire l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

Après un bref et général état des lieux s’agissant de nos voisins, Sadi en arrive au cas algérien. Et ce sera, comme d’habitude, sans concession. «Mon pays, lancera Sadi, est à l’arrière-garde de toutes les évolutions. Une gerontocratie, qui est aujourd’hui l’une des plus anciennes au monde, paralyse la nation. L’actuel chef de l’Etat était déjà membre du gouvernement en 1962. Quand on sait que le peuple algérien est l’un des plus jeunes au monde, on comprend que face à l’autisme des dirigeants et devant l’absence de perspective, la réaction des cadres soit le refuge dans l’exil et pour les jeunes, l’émigration sauvage. » Ce, avant de se demander : «Faut-il dès lors être surpris que dans un tel marasme, Al-Qaïda ait choisi notre pays pour investir la région Afrique du Nord et Sahel ?» Puis, faisant appel à la comparaison, il assène : «Vous le voyez dans cette région, on se retrouve devant des parcours politiques radicalement différents. En Tunisie et au Maroc, et quelles que soient les insuffisances des politiques qui y sont menées, le mouvement des réformes émane des dirigeants. En Algérie, c’est la société qui tire vers le haut et essaie d’impulser une dynamique d’émancipation du pays.» Saïd Sadi considère que sans la stabilisation de l’Algérie, il n’y a point de construction de «cet ensemble nord-africain». Le président du RCD se veut plus précis : «J’insiste délibérément sur le cas algérien parce que l’internationale islamiste qui s’oppose à tout développement sur cette région a ciblé dès le départ deux pays. Le Liban, pays multiconfessionnel, plurilingue et multiculturel dont la stabilité et la réussite étaient inadmissibles pour tous les despotes de la région. L’Algérie, pour sa part, a été ciblée pour son potentiel de modernité et ses richesses naturelles (...).

En Algérie, la situation est présentée par Saïd Sadi en des termes des plus crus : «En fait, l’équation algérienne est très simple et je sais de quoi je parle puisque j’ai été par deux fois candidat à l’élection présidentielle. Les fraudes électorales mènent à une corruption généralisée qui induit une misère sociale dont la finalité est le terrorisme ou la fuite des cadres et l’exil suicidaire de la jeunesse.» Comme précédemment au Canada, Saïd Sadi, qui estime que «l’instabilité algérienne menace toute la région», plaide pour «une surveillance massive et qualifiée des prochains scrutins par la communauté internationale». S’il dit ne pas prétendre dicter aux grands partenaires de l’Algérie ce qu’ils doivent faire, Sadi dira qu’il est, en revanche, «facile de rappeler les erreurs à éviter. La bienveillance, ou pire, la complicité avec les régimes despotiques ne protègent jamais contre l’intégrisme. Bien au contraire, le despotisme fait toujours le lit de l’extrémisme». L’assistance et le soutien se doivent être orientés vers «la société civile qui se bat dans des conditions extrêmement difficiles. L’opposition démocratique (qui) assume son combat et ouvre des perspectives au pays. Le monde du travail (qui) s’émancipe de plus en plus des carcans officiels. Le journaliste (qui) se bat pour essayer d’informer librement malgré une répression qui vient encore d’atteindre un directeur de journal et un chroniqueur et la femme (qui) défend pouce pour pouce ses espaces de liberté. Ce potentiel mérite suivi, attention et soutien», insistera-t-il. Pour le président du RCD «si l’Algérie échappe aux scores brejnéviens en 2009, l’Afrique du Nord peut réaliser son union (...) et cette union peut être la première matrice qui ouvre de nouveaux espoirs à un monde musulman gagné par la régression et le renoncement».  

par Kamel Amarni

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