Des édifices publics incendiés et d'autres saccagés Emeutes à Chlef

 Le Quotidien d'Oran 28/04/2008

De violentes émeutes ont éclaté, hier, dans la ville de Chlef où plusieurs édifices publics ont été saccagés, incendiés et pillés. Les actes de violence se sont ensuite propagés à la commune voisine de Chettia.

Les échauffourées entre forces de l'ordre et des centaines de jeunes qui se sont poursuivies jusqu'à une heure tardive de la journée d'hier dans certains quartiers de la commune de Chlef se sont soldées par des dizaines de blessés, de part et d'autre, dont certains ont été admis à l'hôpital dans un état qualifié de «grave» et plusieurs arrestations parmi les émeutiers.

C'est aux alentours du tribunal de Chlef où devait s'ouvrir le procès de M. Yaakoubi, président de l'association des comités de quartiers en préfabriqué - ce dernier est poursuivi pour diffamation à la suite d'une plainte déposée par le wali- , que les troubles ont commencé. Une foule dense s'est rassemblée devant le tribunal pour tenter de suivre le procès, en présence d'un important dispositif sécuritaire. La tension était déjà perceptible mais rien ne présageait à ce moment précis à ce que des heurts aussi violents allaient éclater. En effet, aux environs de 10h30, et d'une manière aussi brutale que subite, des jets de pierres ont commencé à pleuvoir sur les forces de l'ordre. Des dizaines de personnes, principalement des jeunes, ont en effet commencé à lancer des pierres et des projectiles de toutes sortes en direction des policiers en faction devant le tribunal. Une panique s'en est suivie, où des automobilistes roulaient en sens interdit et des passants couraient dans toutes les directions pour fuir les violences.

Les choses ne s'arrêteront pas à ce stade. Les troubles se propageront petit à petit à toute la ville en passant par le centre-ville où les forces de l'ordre riposteront en lançant des bombes lacrymogènes en direction des émeutiers. Plusieurs édifices publics et privés ont été pris à partie. Ce fut le cas du musée régional situé à Haï Arroudj, de la direction régionale d'Algérie Télécom, du siège du cadastre, du nouveau siège de la direction de la formation professionnelle, situé à la cité «Vergère», de la direction régionale de la CNEP, de la faculté de droit et des sciences administratives et de la poste centrale, dont les sièges ont été saccagés à divers degrés de même que la station d'essence située sur la route d'Oran.

D'autres édifices ont subi des dégâts encore plus graves. Ils ont été incendiés à l'instar du nouveau siège de la direction des mines et de l'industrie (DMI), de l'annexe de l'APC située au quartier Bocca Sahnoun, de l'agence BEA et du jardin public et de loisirs de la ville. Même des véhicules privés qui étaient stationnés n'ont pas échappé à la destruction. D'autres édifices ont par ailleurs subi des dégâts d'une moindre gravité, avec des vitres cassées et des portes défoncées.

La commune de Chettia n'a de son côté pas échappé aux violences où des sources concordantes font état de la destruction d'un CEM et d'un lycée. Même les camions de la protection civile ont essuyé des jets de pierres comme en témoignaient les pare-brise casés. Un calme relatif est revenu graduellement au centre-ville, mais dans d'autres quartiers comme Bocca Sahnoun et Zeboudji, les violences ont continué jusqu'à une heure tardive.

Personne parmi les officiels qu'on a pu contacter hier n'était en mesure d'évaluer même approximativement les dégâts occasionnés aux édifices ciblés. A noter enfin que le procès du président de l'association des comités de quartiers en préfabriqué a été reporté pour la deuxième fois à la date du 11 mai prochain.

 

par Abbad Miloud Et H.Barti

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