Le foncier bloque Rebrab à Tizi-Ouzou

 La Depeche de Kabylie 14/05/2008 Le foncier bloque Rebrab à Tizi-Ouzou

Je ne peux pas construire une usine dans l’air”

Le groupe Cevital a l’intention d’installer une unité de fabrication de préfabriqué dans la wilaya de Tizi-Ouzou, parmi les 15 prévues sur le territoire national. Le groupe en a déjà réalisé trois, rappelons-le. Une unité à Alger, une autre à Oran et une dernière, en cours de réalisation, à Sétif.

Des régions qui n’ont rien à envier à Tizi-Ouzou mais qui offrent l’avantage de faciliter la tâche aux investisseurs. Des investisseurs qui ne se ruent pas sur la wilaya de Tizi-Ouzou, faut-il le signaler. Ceci dit, l’unité de fabrication de préfabriqué ne verra le jour qu’avec la contribution concrète des autorités locales. "Je ne peux pas construire une usine dans l’air!", nous fait remarquer Issad Rebrab, P-DG du groupe Cevital, rencontré hier à l’Institut de génie civil de l’université Mouloud-Mammeri, où il a animé une conférence-débat. C’est ainsi que l’éternel problème du foncier industriel revient. L’ensemble des investisseurs, même les plus tenaces et courageux, sont vite démotivés face à ce problème.

A ce propos, le premier responsable du groupe Cevital, qui fait partie de ces investisseurs jaloux de leur région, a proposé une solution au premier magistrat de la wilaya. Elle consiste à dégager une grande surface en dehors de la ville pour y ériger une zone industrielle en bonne et de forme. Le groupe Cevital s’est même proposé pour se charger de la réalisation des infrastructures, en préfabriqué pour la partie bâtie. Le groupe n’a pas encore reçu de réponse pour sa proposition. Cette idée, si elle venait à se concrétiser, ira droit vers les ambitions de la majorité des entrepreneurs, même de la région, qui abandonnent vite l’idée de s’installer à Tizi-Ouzou, vu les complications, l’impossibilité même de se procurer une assiette de terrain pour leurs projets. Sommes-nous au bout du tunnel? Il faut dire que les initiatives ne manquent pas de la part des investisseurs. Ce sont les décisions et la volonté des autorités qui ne suivent pas. Cela dit, unité ou pas unité de préfabriqué à Tizi-Ouzou ? Cela dépend des autorités de notre région.

Cevital n’est pas que l’huile végétale”

D’abord "Cevital n’est pas que l’huile végétale", dira M. Rebrab pour parler de son groupe, réorganisé en holding depuis près d’une année pour une meilleure gestion des entités. La raffinerie d’huile végétale ne détient que 5 à 10% des activités du groupe, selon son premier responsable. Il s’agit là de la plus grande raffinerie d’huile au niveau africain et même comparativement à celles existant en Europe. La majeure partie de sa production est absorbée par le marché national, pour concurrencer les produits des quatre autres producteurs algériens, et une partie est réservée à l’exportation.

Le groupe Cevital est l’une des entités économiques algériennes qui peut se targuer de revendiquer haut et fort sa puissance, notamment financière. Le groupe n’a pas arrêté son essor, depuis sa création en 1971. Avec 1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2007, quelque 6400 emplois directs pour la même année, le groupe est passé d’un à dix métiers et plus de 25 établissements et sites industriels et de recherche et développement. Fort de sa structure bilancielle plus que saine, un investissement perpétuel, sur fonds propres notons-le, le groupe a su se frayer des chemins que nul n’aurait osé emprunter. Pas moins de 115 milliards de dinars, dont 75% sur fonds propres, ont été investis entre 2005 et 2006. Toujours la meilleure stratégie et une analyse continuelle de l’évolution du marché, une recherche permanente du savoir-faire et de la technologie, un investissement juste sur le potentiel humain, ainsi qu’une transparence absolue au niveau de l’information financière seraient les clés du succès de Cevital. Secret que le premier responsable du groupe a bien voulu partager avec le parterre d’étudiants, venu en masse hier pour admirer celui qui a "commencé petit et qui est devenu grand".
En effet, M. Rebrab a conseillé aux étudiants aspirant à devenir, à leur tour, chef d’entreprise de "commencer petit et de voir grand", pour réussir toute entreprise. Vu les chiffres du groupe Cevital, au fil des années, nous nous apercevons que M. Rebrab parle en connaissance de cause. En effet, si le chiffre d’affaires du groupe a atteint 105 milliards de dinars en 2007, il n’était qu’à 9 milliards de dinars en 1999. Les perspective de clôture 2008 augurent les 140 milliards de dinars, selon le PDG du groupe. La croissance annuelle soutenue par ce dernier est de 50%. La contribution du groupe au budget de l’Etat suit, quant à elle, parfaitement ce rythme. Cevital agro-alimentaire, à elle seule, a contribué avec 49 milliards DA entre 1999 et 2006. Les 41 milliards de dinars restants ont été réinvestis dans d’autres projets. "L’Etat est le principal actionnaire du groupe si l’on prend compte de notre contribution en termes de taxes et d’impôts", nous dira M. Rebrab. La raffinerie d’huile végétale couvre pas moins de 140 % des besoins du marché national. La raffinerie de sucre qui produit actuellement 800 000 tonnes annuelles contre les 600 000 tonnes en début de production, passera, quant à elle à 1 800 000 tonnes annuelles prochainement. Quelque 900 000 tonnes seront destinés à l’exportation. La raffinerie de sucre couvre déjà pas moins de 180% des besoins du marché. Avec la branche agro-alimentaire, représentée par la production des huiles végétales, de la margarine, de l’eau minérale, ainsi que la raffinerie de sucre, le groupe Cevital est devenu indéniablement l’un des groupes les plus compétitifs au niveau national et même au delà.
En parallèle, le groupe a développé des activités sur lesquelles, d’ailleurs, peu d’investisseurs se penchent.

La raffinerie de sucre produit 800 000 tonnes par an

A défaut d’idées ou tout simplement par manque de cran. En tout cas, le groupe Cevital lui, n’a pas hésité. Même si la plupart de ces projets ont été initiés pour les besoins du groupe dans un premier lieu, ces entités sont parvenues à assumer cette tâche et à élargir leurs services aux besoins du marché national. Les produits, issus de ces différentes activités n’ont pas hésité à attaquer d’autres marché. L’unité de verre plat fait partie de ces projets. La ligne de production existante, au niveau de Larbaâ Beni Moussa, couvre actuellement 100% du marché national, avec seulement 30% de sa capacité de production. Les 70% restants sont destinés à l’exportation. Des chiffres aptes à connaître une envolée certaine, notamment avec l’extension de l’unité, à travers une deuxième ligne. Cela permettra à l’Algérie de se classer parmi les 10 plus grands pays producteurs en la matière, aux côtés du Japon, de l’Angleterre, des Etats-Unis d’Amérique et de la France qui occupent les quatre premières places. La ligne, sur 600 mètres de long, correspond parfaitement aux normes internationales recommandées en termes de qualité et de respect de l’environnement. L’unité est déjà certifiée ISO 9001 et a postulé pour la certification ISO 14001. Avec l’entrée en production de la deuxième ligne, l’unité de verre plat pourra multiplier son taux de couverture, et le quota réservé à l’exportation. Le groupe qui exporte déjà, à travers un bateau hebdomadaire à destination de l’Europe, compte doubler la mise prochainement. A l’image de la majorité des projets initiés, ces trois dernières années par le groupe, l’unité fait partie des activités dans lesquelles l’Algérie aspirera dorénavant de passer du rôle de l’importateur à celui de l’exportateur. C’est du moins ce que promet Issad Rebrab, en évoquant les projets aussi innovateurs qu’ambitieux du groupe. C’est le cas de ceux prévus dans le domaine de l’énergie. Il s’git de la construction de 3 centrales électriques. Ces dernières, en cours de réalisation, seront destinées à couvrir les besoins du complexe et de la ville de Béjaïa. Le groupe est en phase de discussion avec des partenaires allemands et italiens pour la production de l’énergie solaire. "Quand on sait que 1% de la surface du Sahara pourrait couvrir les besoins en énergie de l’Europe entière, on se demande ce qu’on connaît de nos richesses et surtout quand on se décidera à les exploiter", dira le premier responsable du groupe Cevital. Il est d’ailleurs question de réaliser, dans moins d’un an, une centrale électrique thermique, en collaboration avec les partenaires sus-cités, à titre expérimental.

Un complexe aluminium en cours de réalisation à Cap Djinet

En termes de projets, le groupe Cevital en continuelle innovation est en cours de réalisation d’un complexe aluminium au niveau de Cap Djinet. Le groupe s’est déniché un partenaire à sa taille et sa carrure. Il s’agit de Rio Tinto Alcan, leader mondial dans les activités liées à l’Aluminium. Ce projet, d’un montant d’investissement de 10 milliards de dollars, ambitionne de créer quelque 40 000 emplois directs. Le groupe prévoit par ailleurs de diversifier encore ses activités à l’avenir. C’est ainsi que l’on verra Cevital s’attaquer désormais aux domaines de la sidérurgie, la production d’électricité, la construction navale, la construction automobile, la chimie et pétrochimie, la cimenterie, la grande distribution, l’agriculture et bien d’autres secteurs en réflexion.

A l’horizon 2010 et 2012, le groupe passera à 25 000 employés, selon le P-DG du groupe. Les perspectives de clôture, pour cette même période, atteindront les 4 à 5 milliards de chiffre d’affaires.
 

par Samia Ayouni

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