Un mort, des blessés et des biens privés saccagés

 EL WATAN 17/05/2008 Un mort, des blessés et des biens privés saccagés

Les heurts reprennent à Berriane

Après avoir été le théâtre d’affrontements opposant des jeunes des communautés malékite et ibadite les 19 et 24 mars derniers, voilà que Berriane renoue avec la violence.

De violents affrontements ont éclaté tôt dans la journée d’hier entre des jeunes de Berriane (Ghardaïa), causant plusieurs destructions, des blessés ainsi que la mort d’un citoyen. Située à 45 km au nord de Ghardaïa, la ville de Berriane replonge ainsi dans le cycle de la violence. Cela, après avoir été, entre le 19 et le 24 mars dernier, le théâtre d’affrontements qui ont opposé des jeunes des communautés malékite et ibadite. Selon des témoignages concordants, les violences ont débuté vers 2h30 lorsqu’une bande d’une trentaine de personnes, dont certaines étaient encagoulées, ont commencé à casser les portes de quelques demeures dans les quartiers de Baba Sâad et d’El Madagh. Ces derniers ont, indiquent nos sources, sommé leurs occupants de quitter les lieux. Les agresseurs auraient commis une véritable razzia sur les biens des citoyens « expulsés » de leurs demeures. L’irréparable n’a pu être évité puisque dans l’un des quartiers assiégés, El Madagh, un policier résidant en famille, se croyant en danger, a usé de son arme à feu.
Il a blessé mortellement un citoyen qui a succombé à ses blessures juste après son arrivée à l’hôpital. D’après plusieurs témoignages, ces incidents ont pour origine les incessants jets de pierres lancés sur les véhicules et les bus scolaires transitant par ces quartiers. Cela aurait engendré des blessés et des dégâts graves.
La situation n’aurait cependant pas été prise au sérieux par les services de sécurité de la région.

Selon des témoignages, à chaque agression, les services de sécurité refusaient, pour un motif ou un autre, d’enregistrer les plaintes des citoyens victimes de ces jets de pierres. Ce qui, par esprit de vengeance, poussa ces derniers à appliquer la loi du talion, « œil pour œil, dent pour dent ». L’engrenage de la violence étant ainsi enclenché, des dérapages plus graves ne sont pas à exclure si des efforts concrets et immédiats ne sont pas engagés avec toutes les parties pour faire revenir le calme. « Les visites de façade et les effets d’annonce n’ont jamais été des modèles de règlement de crise », affirme un citoyen rencontré sur les lieux de l’affrontement. « Les responsables locaux ont une grande part de responsabilité dans ces affrontements cycliques que connaît la région. En effet, connaissant la composante sociologique de la région et alertés plusieurs fois sur les risques majeurs encourus par la région, ils sont restés recroquevillés sur leurs fausses certitudes », enchaîne, pour sa part, Mohamed, enseignant à Ghardaïa.

A souligner toutefois que le wali de Ghardaïa, accompagné des responsables sécuritaires de la région, s’est immédiatement rendu à Berriane après les premiers incidents. Après un conclave au siège de la daïra, il a transmis à la presse un communiqué dans lequel il « présente ses sincères condoléances à la famille du défunt » et annonce que « le policier, auteur du tir meurtrier, a été mis aux arrêts et qu’une enquête a été ouverture pour faire la lumière sur ces événements ».
 

par K. Nazim

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