Leur nombre délivré par les consulats d'Algérie a doublé en une année

 Les cartes consulaires, nouveau business des trabendistes

Le Jeune Indépendant 19/05/2008 Leur nombre délivré par les consulats d'Algérie a doublé en une année

Les cartes consulaires sont devenues une sorte de nouvelle manne pour des milliers d’émigrés algériens installés en France. Cette carte échangée aujourd’hui contre plus de 1 500 euros en France permet à son détenteur de faire passer, au nez et à la barbe des services des douanes, des marchandises souvent revendues au prix fort au marché parallèle. C’est connu, les trabendistes ont de la suite dans les idées. Ils ne négligent aucune piste susceptible de leur permettre d’inonder le marché informel national par des produits «importés» de «là bas», de France notamment, avec, en sus, le moins possible de taxes douanières.

 

Pour cela, ils n’hésitent pas à «profiter» de la misère des uns et de la cupidité des autres. La dernière trouvaille de nos «importateurs» est, en effet, «l’investissement» dans les cartes d’immatriculation consulaire, communément appelées «cartes consulaires», délivrées par les représentations consulaires algériennes à l’étranger aux ressortissants algériens ou binationaux qui la leur demandent. Ce «commerce» commence à prendre de l’ampleur en France notamment, où la communauté algérienne – ou d’origine algérienne – se compte par millions. Une préférence prononcée est manifestée par les trafiquants pour les cartes consulaires des étudiants, nombreux également dans ce pays.
Cette carte, appelée par nos émigrés «carte blanche», permet à chaque possesseur justifiant de trois ans de résidence ininterrompue d’effectuer un déménagement au pays, exonéré des droits et taxes douanières. La technique des trabendistes est simple et tout le monde trouve son compte sauf, bien évidemment, l’économie nationale. Elle surf sur les limites de la légalité.

Une aubaine pour les Français banlieusards
Les importateurs «dénichent» d’abord les possesseurs de ce genre de cartes n’ayant pas les ressources suffisantes pour envoyer un bien au «bled» ou les binationaux ouvrant droit à la délivrance de ce document mais n’envisageant aucunement de rentrer aux pays des grands-parents.
Les trabendistes négocient alors «l’achat» de ce document pour une somme de 1 500 euros en sus des autres «avantages», exigés, ceux-là, par la loi : un voyage gratis au pays, ou au pays des ancêtres pour les Français d’origine algérienne, car la loi exige la présence physique du titulaire du certificat lors des formalités de dédouanement, les services des douanes refusant les procurations.
Il suffit en effet aux binationaux de fournir, outre les documents exigés aux Algériens nés en Algérie, de fournir 2 actes de naissance de deux ascendants en ligne paternelle (père et grand-père) nés en Algérie pour ouvrir droit à la délivrance de la carte consulaire. Ils sont donc des milliers dans cette situation. Les «vendeurs» n’ont pas à trop se soucier puisque la loi leur permet de bénéficier d’une réimmatriculation consulaire leur permettant de se réinstaller de nouveau dans la circonscription consulaire. Celle-ci s’effectue dans les mêmes conditions que celles prévues pour la première demande d’immatriculation. Une aubaine pour toutes ces familles démunies des banlieues françaises.
Avec pour chacune d’elles une dizaine de proches ouvrant tous droit à cette carte et qui ne remettraient peut-être jamais les pieds en Algérie, le calcul de ces bénéfices providentiels est vite fait.
Le nombre des cartes délivrées par l’ensemble des consulats d’Algérie en France montre que ce trafic a boosté les demandes. Leur nombre à presque doublé entre 2006 et 2007. Les représentations algériennes ont en effet délivré 67 000 cartes en 2007 alors qu’en 2006 elles n’en ont délivré que 42 000.

Une source des Douanes algériennes nous a indiqué que les services de cette institution ont enregistré 9 122 déménagements, en provenance de France uniquement, depuis le début de cette année 2008. La même source a précisé que 4 715 de ces déménagements se sont effectués via les deux ports d’Annaba et d’Oran.
Certes, la valeur maximale admise pour le déménagement est de l’équivalent en euro de 2 millions de DA (200 millions de centimes) pour les travailleurs salariés et assimilés et de l’équivalent en euro de 1,5 million de DA (150 millions de centimes) pour les étudiants, mais cela reste toujours bon à prendre puisque exonéré des taxes. Car pour «l’acheteur» de la carte, le déménagement n’est généralement qu’un véhicule qui sera plus tard vendu au souk parallèle.
 

par Abdelhalim Mouhou

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