Le monde artistique kabyle en deuil

La Depeche de Kabylie 26/05/2008 Le monde artistique kabyle en deuil

Cid Messaoudi tire sa révérence

Cid Messaoudi, l’interprète de la célèbre chanson “Ak Ceyâ-gh Tavratt” vient de quitter le monde artistique kabyle.
Lui qui a marqué la chanson kabyle des années 60 et 70 tire sa révérence à l’âge de 68 ans à Paris des suites d’une crise cardiaque.

Originaire d’Ait N’zar à Iferhounène, Cid Messaoudi a marqué les mélomanes kabyles par sa voix sincère, éclatante et ses chansons limpides. Parmi les précurseurs de la nouvelle chanson kabyle de la génération d’après-guerre, Cid Messaoudi, tout comme " les anciens ", a légué un trésor musical aux générations futures.
Avec un répertoire riche, d’abord en enseignements, le défunt Messaoudi compte une vingtaine de chansons immortelles, telles Ulac wim mara Hku-gh, Ttxilek a lvaz bu lakhul, Agujil, Yugi Adighiv Lexyal-im, Attas Is Yennan Ijjah Iruh ou bien L’hub-im yexsar gul-iw yedja-d lejruh…
Ses chants sont un océan de sagesse connue dans le milieu des montagnards de Kabylie. Il embellit ses textes d’une musique des plus soignées et appropriées. Cid Messaoudi n’est pas seulement un artiste simple. Avec la génération d’artistes des années 60, ils ont brisé le tabou qui bannissait l’art et le reléguait au rang d’un "déshonneur".

Grâce à eux, le cœur de la chanson kabyle continue de battre malgré le black out médiatique imposé.
Grâce à leur combat contre une société, le moins que l’on puisse dire, fermée, aujourd’hui, la chanson kabyle est portée haut la main par plusieurs jeunes artistes, y compris des femmes. De par leur engagement pour l’art, nos anciens artistes ont grandement contribué à la survie de notre langue ancestrale.

Dans un message d’information adressé à la presse, Malika Domrane rend un vibrant hommage à celui qu’elle surnomme "Le rossignol de la chanson kabyle".
Un dernier hommage, lui sera rendu mercredi à l'hôpital Bichat à 9h 30, Métro Porte de Saint Ouen.
L'enterrement aura lieu le vendredi 30 mai dans son village d’Iferhounène.

Cid Messaoudi s’en va, mais son nom restera éternellement gravé dans les annales de la chanson kabyle. Toutes les générations du public kabyle se souviendront de cet artiste modeste qui ne cesse malgré le temps qui passe de chatouiller leurs tréfonds avec ses mélopées, que même les années n’arriveront pas à effacer.

A signaler seulement, qu’aucun hommage n’a été rendu à l’artiste de son vivant.
Les autorités concernées ou bien la famille artistique se dépêcheront sûrement, et comme à leurs habitudes, pour rendre un hommage posthume à l’artiste, maintenant qu’il n’est plus de ce monde.
 

par Mohamed Mouloudj

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