Tlemcen: Mémoire des Français dans la lutte de libération nationale

Le Quotidien d'Oran 09/06/2008

L'ECOLYMET (association des anciens élèves du collège et de la médersa de Tlemcen) a organisé, jeudi dernier à 17h30 au siège de la Fondation Mustapha Benkalfat (Mansourah), une conférence-débat animée par l'écrivain Dendane Sid Ahmed, intitulée «Participation des étrangers à la lutte de libération nationale». Tout d'abord l'auteur des cinq livres édités en Algérie et en France commença par rendre un vibrant hommage à M. Benhabib Omar, président de l'ECOLYMET, qui a réussi à «faire loger» cette association des anciens élèves dans un joli local de 500 m², cédé gratuitement par le mécène hadj Mustapha Benkalfat (que Dieu prolonge sa vie)

 

Cette belle salle de conférences, avec une vue à partir d'une terrasse sur les ruines de Mansourah, accueillera les adhérents qui viennent de toute l'Algérie et même de France, d'Espagne, pour des conférences programmées tous les quinze jours. Dendane Sid Ahmed a d'abord rendu hommage à Germaine Tillon, décédée à l'âge de 101 ans en 2007, ancienne déportée par les nazis en 1940 et conceptrice des CSE (Centres socio-éducatifs) en 1957 en Algérie et surtout auteur de l'ouvrage: «Le plus grand forfait de l'humanité c'est la traite des Noirs et la colonisation». Cette ethnologue, dira hadj Dendane, a dénoncé la torture, le code de l'indigénat et a démontré la clochardisation de l'Algérie lors de la commission internationale qui a enquêté en 1957 sur les prisons et a été reçue par le chef de la bataille d'Alger, Yacef Saadi. La deuxième partie de son exposé a été réservée à l'assassinat par l'OAS, le 15-3-1962, des six responsables des CSE (centres socio-éducatifs) à Château-Royal El-Biar: 1) Max Marchand (ancien inspecteur d'académie de Chlef et directeur des CSE, appelé «l'avocat des pauvres»), 2) Mouloud Feraoun (auteur du livre Le fils du pauvre), 3) Ali Hamoutène (instituteur), 4) Salah Ould Aoudia, 5) Marcel Basset, 6) Robert Aymard. Ces militants de la cause nationale, défenseurs des opprimés, ont été abattus de sang-froid par Roger de Gueldre, chef du commando Delta, avec 18 balles pour chaque martyr (extrait du livre de Philippe Ould Aoudia, fils de Salah).

Dendane, bien documenté, a cité d'autres grandes figures emblématiques qui ont aidé l'Algérie dans les moments difficiles tels que Henri Alleg (La Gangrène), Maurice Audin, Mandouze, Henri Maillot, Réseau de soutien Janson et tant d'autres anonymes. Francis Janson avait dit «Nous sommes l'autre face de la France !»

Bravo à l'ECOLYMET et son bureau de ranimer les mémoires et surtout dans un site aussi agréable que la Fondation Mustapha Benkalfat, un véritable jardin d'éden, près de la source de Mansourah et à côté de Béni Boublen, évoqué par Mohammed Dib dans le roman L'Incendie, sous le vocable «Les morts sur les vivants !» Le comité de l'association des anciens élèves doit penser aux vieux adhérents qui n'ont pas de voiture pour affréter un bus pour aller de la ville de Tlemcen au local de l'ECOLYMET à Mansourah, l'Office du tourisme et son sympathique président Abdellatif Mesli ne refuseront pas ce petit service ! Une autre recommandation, c'est d'inviter les étudiants et même les lycéens pour assister et se documenter en écoutant leurs aînés raconter l'histoire très riche de notre beau pays, l'Algérie. Les actes édités par l'ECOLYMET pendant ses huit années d'existence en sont une preuve tangible que cette association est dans la bonne voie, celle de «semer les graines de l'histoire» pour lutter contre l'amnésie.
 

par Sid'ahmed Cheloufi

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