Dahou Ould Kablia : « Je n’ai nullement défendu et encore moins justifié la mort de Abane Ramdane »


Dahou Ould Kablia se défend d’avoir défendu et justifié l’assassinat de Abane Ramdane, comme il l’a déclaré dans une interview au quotidien Echorouk publiée dimanche 1er novembre. L’ancien ministre de l’Intérieur affirme, dans une mise au point, qu’il a répondu par écrit et en français aux questions d’une journaliste du quotidien arabophone, à qui il reproche d’avoir mal traduit ses propos. Nous publions intégralement les précisions de Dahou Ould Kablia.

« Votre journal électronique (…) a repris les commentaires et les titres racoleurs du quotidien Echorouk, à qui j’avais accordé une interview avec réponse écrite (en langue française) aux questions préalablement posées par sa journaliste. Je n’ai pas du tout été satisfait par la traduction qui en a été faite. J’en ai fait part à son directeur général Monsieur Ali Fodhil.

Ceci dit, dans mes déclarations, je n’ai nullement défendu et encore moins justifié la mort de Abane Ramdane. Je me suis borné à évoquer les crises et les tensions qui ont émaillé le cours de la lutte de libération de 1954 à 1962, opposant certains responsables à leurs frères de combat. C’est une réalité historique que l’on ne peut cacher.

Pour le cas de Abane Ramdane, j’ai dit que celui-ci, malgré le travail gigantesque qu’il a accompli à Alger, de 1955 à 1957, a trouvé à la sortie hors du pays une ambiance qui ne lui était pas favorable. Car il s’est vite retrouvé en désaccord avec les militaires qui composaient majoritairement le nouveau CCE désigné par le CNRA en août 1957. Le désaccord était dû à l’incompatibilité manifeste entre des caractères opposés et des cultures politique différentes, ainsi que la divergence de vue totale sur la manière de conduire la Révolution, notamment la remise en cause du principe cher à Abane de la primauté du politique sur le militaire telle qu’adoptée par le Congrès de la Soummam.

N’étant ni acteur ni témoin, ce que j’ai écrit se retrouve dans les écrits et les déclarations de nombreux acteurs qui ont vécu cette période.

Ferhat Abbas en particulier a longuement mis en évidence, dans son livre « Autopsie d’une guerre« , la gravité de ce désaccord et ses efforts constants pour en réduire l’intensité. Chacun des deux camps dépassait le stade des joutes verbales pour en arriver aux menaces. Au final, l’équilibre des forces n’était pas à l’avantage de Abane, car ses pairs qui entretenaient l’illusion de protéger et de défendre la Révolution se sont ligués pour décider de sa fin tragique.

Ce n’est malheureusement pas un cas unique, avant lui Chihani Bachir et Abass Leghrour en 1956, après lui Lamouri et ses camarades en 1958, pour ne citer que les plus importants, ont connu le même sort et la même fin. Une fin qui jette quand même une tâche sombre sur la marche glorieuse de la lutte de libération.

En conclusion, pour ceux qui estiment que j’ai attenté à la dignité de Abane Ramdane, j’exprime mes regrets, à sa famille en particulier et je dis que j’ai eu l’occasion, lors d’une conférence à Tizi Ouzou même, de parler des apports de Abane Ramdane à la Révolution dans sa phase de construction et de Krim Belkacem dans le couronnement de la lutte, lors des mémorables négociations pour la fin de la guerre et pour le triomphe de la liberté en Mars 1962. »

TSA  

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