Madani Mezrag : un défi majeur pour le président Bouteflika et l’État algérien

Madani Mezrag : un défi majeur pour le président Bouteflika et l’État algérienLe conflit qui oppose Madani Mezrag à l’État algérien prend une tournure dangereuse. Alors que l’ancien chef de l’AIS avait annoncé la création d’un nouveau parti, le Front de l’Algérie pour la réconciliation et le salut (FARS), le président Bouteflika a réaffirmé que « les choix du peuple souverain » consignés dans la loi portant Concorde civile ainsi que dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, « seront intégralement respectés et préservés, sans concession aucune », fermant ainsi la porte à toute activité politique pour les ex-FIS.

Madani Mezrag a réagi ce lundi avec virulence aux propos du président Bouteflika. Considérant d’abord que « le Président est dans un état qui ne lui permet pas de prendre des décisions », l’ex-chef de l’AIS a prévenu « la partie ou le conseiller qui est derrière » le président que « s’il ne revoit pas sa position, il va entendre de moi ce qu’il n’a jamais entendu auparavant ». Madani Mezrag a poursuivi en affirmant sur un ton menaçant : « Nous allons présenter un dossier complet au ministère de l’Intérieur et nous allons obtenir l’agrément ».

Les déclarations de Mezrag ont été assez graves pour que le ministère de la Communication convoque immédiatement le directeur de la chaîne El Watan TV afin de fournir des explications. Mais le problème ne se situe pas là.

Les propos tenus par Madani Mezrag représentent le premier défi majeur pour le président Bouteflika et l’État algérien. Il y a quelques jours à peine, l’opinion publique a assisté à l’arrestation du général Benhadid pour des propos tenus lors d’un entretien sur Radio M, dans lequel il s’est attaqué au conseiller du président, Saïd Bouteflika, et au chef d’État-major Ahmed Gaïd Salah.

Certes, les déclarations du général Benhadid, où il qualifiait le conseiller du président de « malade mental » et de « détraqué », sortent du cadre de la liberté d’expression pour potentiellement entrer dans celui de la diffamation. Ces propos paraissent néanmoins relativement anodins face à ceux tenus hier par l’ex-chef de l’AIS, qui menace directement la stabilité du pays lorsqu’il met en garde de la sorte le chef de l’État. Que le général Benhadid, qui a participé à la lutte contre le terrorisme, soit poursuivi pour ses propos sans qu’il en soit de même pour Madani Mezrag, dont les propos sont autrement plus graves, serait incompréhensible.

Dans le cas où il ne prendrait aucune mesure à l’encontre de Madani Mezrag, l’État algérien perdrait toute crédibilité politique, et ne ferait que renforcer significativement les propos tenus par Mezrag et l’influence de ce dernier. Pire : l’inaction laisserait penser et confirmerait de fait qu’il existe bel et bien un accord conclu par le pouvoir, évoqué par l’ex-chef de l’AIS, afin de réhabiliter intégralement les éléments de son armée dans leurs droits civiques, faisant ainsi perdre toute valeur à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

TSA

 

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