Abdelaziz Rahabi : « Sarkozy sait qu’il y a une vacance du pouvoir en Algérie »

Abdelaziz Rahabi : « Sarkozy sait qu’il y a une vacance du pouvoir en Algérie »C’est la seconde fois en moins de deux mois que Sarkozy s’en prend à l’Algérie. Comment l’expliquez-vous ?

Il y a plusieurs explications. La première c’est qu’il appartient à un courant : la droite conservatrice qui a une certaine rancœur vis-à-vis de l’Algérie. La seconde, c’est une thématique qui rapporte sur le plan électoral et la troisième explication est interne à la France : il surfe sur des sujets qui font peur, l’islam et l’immigration.

Peut-on lier les attaques de Sarkozy au soutien du président Bouteflika à François Hollande ?

Non. Il fut un temps où Bouteflika a soutenu Sarkozy. Il a fait beaucoup plus de concessions économiques à Sarkozy qu’à Hollande. Sarkozy, fait aussi ces déclarations parce qu’il n’y a pas eu de réactions officielles à sa première sortie. Il le fait aussi parce qu’il doit savoir que l’Algérie traverse une crise politique, qu’elle a un défaut de gouvernance et une vacance du pouvoir qui l’autorise à faire ce genre de déclaration qui ont un caractère récurrent.

Sarkozy dit vouloir une révision des accords d’Évian…

Je pense qu’il vise plutôt les accords de 1968. Les accords d’Évian ne gênent pas Sarkozy, ce qui le gène ce sont les accords de 68, notamment le statut de l’immigration algérienne. Ce statut était considéré comme privilégié à l’égard de l’immigration d’origine algérienne. C’est ce qui gêne en réalité Sarkozy. Ce que dit Sarkozy n’a aucune consistance parce que, même les Algériens les considèrent dépassés par le droit commun.

Que sous-tendent les attaques répétées de Sarkozy contre l’Algérie ?

C’est dans le prolongement direct de la décision de Giscard d’Estaing qui dès son arrivée au pouvoir en 1975 avait demandé à l’Algérie de rapatrier 30 000 porteurs de cartes de résidence par an. Et c’est avec l’arrivée de la gauche au pouvoir que la France est revenue sur cette décision. À l’époque j’étais directeur des affaires consulaires. Nous avions même discuté des modalités de rapatriement des Algériens. C’était un moment d’une crise politique majeur. La plus grosse crise politique entre la France et l’Algérie c’était sous Giscard d’Estaing. Nous sommes en train de vivre le même scénario avec Sarkozy. C’est dans la pure tradition de l’extrême droite française. Sarkozy, c’est le prolongement de Giscard d’Estaing dans les relations algéro-francaises. C’est le continuum naturel de Giscard d’Estaing.

Sarkozy veut recruter dans l’extrême droite à travers le contenu de ses attaques contre l’Algérie. S’agit-il uniquement d’un discours électoraliste ?

Non. Il participe d’un courant, la droite en France qui a des positions xénophobes sur les questions de l’immigration et de l’islam. Sarkozy partage les positions de l’extrême droite sur ces questions-là. Il est dans la même lignée d’une extrême droite revancharde et populiste qui désigne l’islam et l’immigration comme responsables de la crise et au même temps la solution à leur problème.

La diplomatie algérienne a été silencieuse face au drame des Hadjis algériens à La Mecque. Comment expliquez-vous cette attitude ?

Il ne faut pas oublier que chez nous, il est question d’une vacance du pouvoir. Bouteflika se consacre à l’armée, il ne s’occupe pas du reste. Son agenda ne lui permet pas de suivre ce qui se passe dans le monde. En ce moment, il y a un sommet important à New York, l’Assemblée générale est en train de débattre de questions très séreuses et l’Algérie n’est même pas représentée.

TSA   

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