Des barrages dressés aux alentours de la ville

L’armée se déploie à GhardaïaL’armée se déploie à Ghardaïa

Instruite pour superviser le travail des services de sécurité, l’Armée nationale populaire (ANP) se déploie, pour la première fois, dans Ghardaïa, en proie à des affrontements intercommunautaires les plus sanglants de ces derniers mois.

Samedi, en début d’après-midi, deux barrages filtrants de l’ANP – barrages conjoints avec la police et la gendarmerie – ont été installés, l’un au sud de Ghardaïa, au carrefour dit de la zone industrielle de Bounoura (sur la route de Ouargla) et la RN1, et le second, au Nord, est dressé sur le CW147, plus exactement au lieudit El Kolate appelé aussi El Ghaba, à l’entrée d’une des plus grandes et importantes palmeraies de la vallée du M’zab.

Il s’agit d’unités légères, avons-nous constaté sur place. Deux sections de militaires venant en appui des policiers et des gendarmes en faction et dont une dizaine de milliers sont déjà déployés dans et autour de Ghardaïa, Berriane et Guerrara, mais dont l’efficacité est profondément remise en cause. Le choix de la palmeraie de Ghardaïa n’avait rien de fortuit.

Depuis l’année dernière, des rumeurs diffuses et malveillantes évoquaient déjà la présence dans cette forêt dense de palmeraies de «camps d’entraînement», de «caches d’armes», de «bandes de cagoulés», etc.

Pour l’heure, aucun ratissage, vu les effectifs minimes de l’armée déployés, ne semble en préparation. Par ailleurs, le CW147, parallèle à la RN1, constitue une voie d’accès et d’approvisionnement essentielle pour tous les quartiers du nord-ouest de Ghardaïa. Au petit ksar de la palmeraie de Boulila, le déploiement «timide» de l’armée n’inspire pas l’emballement.

«Sauf si celle-ci, affirme Yahia, se décide vraiment à faire le ménage dans la palmeraie, où les agressions et la chasse au Mozabite sont très fréquentes.» Aux palmeraies de Oued Adira, Arriden, c’est la désolation. «Nous ne pouvons pas nous approcher de nos palmeraies sous peine de mort ou de lynchage», ajoute-t-il.

Les palmiers qui ont échappé aux incendies criminels, des hectares consumés, sont depuis des mois à l’abandon, rongés par les ronces et les mauvaises herbes. L’éden ravagé. Sous un soleil de plomb, quelques dizaines d’ouvriers agricoles maliens tentent de redonner de la vie au paysage désolant de décrépitude. «Même eux, ils ne sont pas épargnés par les bandes d’agresseurs», dit Bakir.

«Il arrive qu’on les relâche sans leur argent, parfois même sans pantalon.» Une piste est aménagée par les habitants non loin de la retenue collinaire Bouchen, le chef-d’œuvre d’ingénierie séculaire et son système d’irrigation et de partage d’eau, lui aussi tombé en décrépitude. Une voie de contournement de la RN1 et du CW147 passe par Edaia Ben Houa, là où déjà, en 1985, a eu lieu la «première» tuerie, les premiers affrontements sanglants de la vallée du M’zab.

El Watan   

 

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