Condamnée à mort en 1957

La moudjahida Djamila Bouazza n’est plus

La moudjahida Djamila Bouazza, une des figures remarquables de la Révolution algérienne, s’est éteinte hier à l’âge de 78 ans, à l’aube, à la clinique El Azhar d’Alger, a annoncé l’APS citant des proches de la défunte.

Hospitalisée samedi dernier à minuit, Djamila Bouazza «a rendu l’âme ce matin, épuisée par la vie», a indiqué hier à l’APS, son mari Boussouf Abboud. La défunte a été en 1957, la première condamnée à mort avec sa compagne de lutte, Djamila Bouhired, par le tribunal militaire français.

Le 25 avril 1957, Djamila Bouazza, agent de liaison et membre du «réseau bombes» de Yacef Saadi, avait été arrêtée. Transférée à El Biar, le 9 mai 1957, elle est interrogée et torturée par le capitaine Graziani, lit-on dans un portrait, publié le 29 juin 2014, conscré à cette icône de la Révolution, dans le magazine Mémoria, consacré à l’histoire de l’Algérie. Djamila Bouazza est née en 1938.

Elle est employée au Centre des chèques postaux à Alger, quand elle fut recrutée par Djamila Bouhired par l’intermédiaire de Habib Réda (Mohamed Hattab) et de son frère Madjid. Djamila Bouazza était fiancée à Madjid, ils devaient se marier en août 1957.

C’est une jeune fille de 19 ans, qui avait reçu pour tâche de poser le 26 janvier 1957 une bombe à la terrasse du Coq Hardi, brasserie située rue Charles Peguy, relate le même magazine. La bombe réglée pour exploser à 17h a fait 4 morts et 60 blessés.

Pour cette mission,Djamila Bouazza, cette jeune fille charmante, aux longs cheveux noirs, aux yeux marron clair, surnommée Miss cha cha cha, s’était fait teindre en blonde pour passer inaperçue. Les forces spéciales ont laissé croire tantôt que c’était Djamila Bouazza qui avait dénoncé Bouhired en avouant aux enquêteurs avoir déposé les bombes de la rue Michelet, le 9 novembre 1956, et du Coq Hardi, que Djamila Bouhired qu’elle lui avait remises, et tantôt qu’elle avait été dénoncée par Djamila Bouhired, relatent plusieurs textes consacrés à cette jeune fille engagée dans la lutte armée ayant trompé les stratégies des forces spéciales coloniales.

Djamila Bouazza a été incarcérée à la prison de Maison-Carré (El Harrach) où elle a retrouvé Djamila Bouhired, Jacqueline Guerroudj et Zora Drif. Djamila Bouazza a été condamnée le 15 juillet 1957 à la peine de mort par le tribunal permanent des forces armées d’Alger, présidé par M. Roinard. Le procès s’est terminé tard dans la nuit. Mais, devant la campagne menée par Jacques Verges et Georges Arnaud, qui ont signé un manifeste, publié aux éditions de Minuit, suivi de l’ouvrage d’Henri Alleg, qui ont alerté l’opinion internationale, sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité.

Elle a été graciée le 8 mars 1962. La date de l’inhumation n’a pas encore été communiquée par ses proches.
 

El Watan 

 

 

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