REMANIEMENT MINISTERIEL

Remaniement : la communication catastrophique de la présidence

Remaniement : la communication catastrophique de la présidenceCe n’est plus un remaniement, c’est un tango. Un pas à droite, un pas à gauche. À ceci près que les danseurs de la présidence semblent s’être affranchis de toute notion du rythme.

Ce lundi 18 mai, un communiqué d’El Mouradia annonce la nomination de Youcef Yousfi, ancien ministre de l’Énergie, comme conseiller à la présidence. Ramtane Lamamra, lui, accède au grade de ministre d’État et Abdelkader Messahel voit son poste redéfinit. Des retouches qui interviennent quelques jours à peine après le jeu de chaises musicales. Et deux terribles erreurs de communication.

Ainsi, Youcef Yousfi donne l’impression d’être repêché aux rattrapages. Élève assidu, ministre dans plusieurs gouvernements depuis 1997, l’homme s’est vu priver du portefeuille de l’Énergie au profit de Salah Khebri. Un désaveu suite à sa gestion controversée du gaz de schiste ? La presse et l’opinion publique veulent le croire et y voient la raison de sa mise à l’écart. La présidence, elle, lui ouvre ses portes pour le consoler.

Mais que n’a-t-il été nommé en même temps que Tayeb Belaiz, lui aussi proche d’Abdelaziz Bouteflika ? L’ancien ministre de l’Intérieur est revenu à la présidence le jour même où il quittait ses fonctions gouvernementales. Comme s’il fallait l’épargner de l’expérience du chômage. Youcef Yousfi n’aura pas eu cet honneur. Il fait penser à ce fils indigne que l’on chasse de la maison après une bêtise et que l’on autorise à revenir quelques heures après. À nouveau au chaud, mais humilié.

Le cas de Ramtane Lamamra soulève davantage de questions. Au moment où le ministre des Affaires étrangères bouclait avec brio les négociations maliennes, la présidence décide de lui adjoindre un ministre, non pas délégué mais de plein pouvoir : Abdelkader Messahel, chargé des Affaires maghrébines et africaines, et de la Coopération internationale.

Ramtane Lamamra aurait-il perdu de son influence ? Cinq jours plus tard, la Coopération internationale revient dans le giron du natif d’Amizour. Il gagne du galon et devient ministre d’État. Que s’est-il passé durant ces 120 heures ? Abdelkader Messahel a-t-il estimé que le gâteau était trop gros pour lui ? Ou Ramtane Lamamra s’est-il roulé par terre pour un redécoupage des prérogatives ? Aussi séduisantes qu’elles puissent être, les deux hypothèses sont un peu farfelues. Plus probable, la prise de conscience en haut lieu des risques d’une diplomatie algérienne affaiblie. Mais là encore, que n’y a-t-on pensé avant ?

Cette valse-hésitation prêterait presque à sourire si elle n’intervenait pas après d’autres reculades et errements du gouvernement, hier sur le cahier des charges automobiles, la semaine d’avant sur les licences d’alcool. Une gestion au doigt mouillé qui fait penser à cette anecdote – terrible ! – sous la présidence Pompidou en France. Ce dernier charge Pierre Messmer de former en urgence un nouveau gouvernement. Au premier Conseil des ministres, Georges Pompidou s’étonne de ne pas voir Jean-François Deniau autour de la table. À la place est assis Xavier, son frère. C’est que la précipitation fut telle que Pierre Messmer fit entrer dans son équipe le « mauvais Deniau. » C’était en 1972.

TSA  

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