Vente d’hélicoptères italiens à l’Algérie

Un autre scandale de corruption éclate

Vente d’hélicoptères italiens à l’Algérie
Un autre scandale de corruption éclateLe groupe industriel italien Finmeccanica aurait corrompu des dirigeants algériens, par l’intermédiaire d’une société offshore qui a facturé des opérations commerciales fictives, pour décrocher le contrat de fourniture de 24 hélicoptères. La commande de ces hélicoptères d’un montant de 460 millions d’euros dont l’acquisition, entre 2009 et 2011, devait équiper la police, la Protection civile et la Marine algérienne, fait l’objet actuellement d’une enquête de la justice italienne. AgustaWestland, filiale du constructeur aéronautique italien Finmeccanica, a déjà eu par le passé maille à partir avec la justice locale à la suite de fausses factures liées à un contrat de 12 hélicoptères de luxe d’un montant de 560 millions d’euros en Inde.

 

Le groupe mis en cause s’est dit «disposé à collaborer avec la justice», se considérant comme «victime». L’enquête, initiée en 2014 par la police tributaire italienne, concerne un contrat de 460 millions d’euros pour l’acquisition par le gouvernement algérien, entre 2009 et 2011, de 24 hélicoptères AgustaWestland, fabriqués par la filiale de Finmeccanica, le premier groupe industriel italien (dont l’Etat italien est le principal actionnaire) spécialisé dans la construction aérospatiale et l’élaboration de systèmes technologiques pour les secteurs de la défense et de la sécurité.

Les investigateurs suspectent la création par les dirigeants de l’époque de Finmeccanica de «fonds noirs» pour corrompre des dirigeants algériens qui auraient favorisé la société italienne lors de l’octroi de cette grosse commande d’hélicoptères destinés à la police et à la Protection civile. Des pots-de-vin auraient été versés à des décideurs algériens à travers des sociétés-écrans qui ont émis de fausses factures sur des transactions inexistantes pour altérer les paramètres de l’avis d’appel d’offres au détriment des autres concurrents, dont un constructeur américain.

C’est en remontant la filière d’une société étrangère qui aurait joué le rôle d’intermédiaire dans cette présumée opération de corruption et grâce à des interrogatoires et à des activités rogatoires que les investigateurs ont obtenu du parquet de la ville de Burzio Arsizio 41 mandats de perquisition à travers toute l’Italie (Varese, Milan, Bergame, Gènes, Novare, Padoue, Sassari, Syracuse, Trévise et Udine). Les premiers soupçons d’une éventuelle irrégularité de cette opération commerciale entre Finmeccanica et le partenaire algérien sont apparus lors de l’enquête concernant une autre affaire de corruption qui a entaché la réputation du groupe italien.

En 2010, AgustaWestland décrochait un contrat faramineux avec un autre partenaire, l’Inde, pour un total de 748 millions de dollars relatif à la livraison de 12 hélicoptères Agusta à l’armée indienne, dont une partie devait être montée dans le pays asiatique pour le faire bénéficier du transfert de technologie.

Le scandale éclate en février 2013 et le patron de Finmeccanica, Giuseppe Orsi (qui n’était plus à la tête du groupe depuis deux ans), est arrêté et incarcéré ; il est suspecté d’avoir ordonné une opération de corruption pour soudoyer le chef de l’aviation militaire indienne.
Grâce à un système de fausses facturations pour des opérations commerciales fictives, une somme importante aurait été versée au responsable de l’India Air Force afin de modifier les critères de l’appel d’offres et favoriser l’hélicoptère italien AgustaWestland. Touché de plein fouet par ce scandale, le parti indien Le Congrès, qui était au gouvernement, a vite annulé la transaction, bien que l’Inde ait déjà reçu une première livraison de trois hélicoptères.

Le procès concernant cette affaire s’est conclu, en octobre dernier, par la condamnation de Giuseppe Orsi à deux ans de prison pour «fausses factures», mais le chef d’inculpation de «corruption internationale» n’a pas été retenu. La défense et l’accusation ont fait appel du verdict. Ce nouveau scandale, dont les dimensions seront délimitées par les investigations et un éventuel procès, tombe très mal pour Finmeccanica qui a, ironie du sort, rendu publique, cette semaine, une «nouvelle stratégie pour contrer la corruption».

 
El Watan   

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