Elle a classé l’Algérie "pays à risque"

La France souffle le chaud et le froid


La France appelle ses ressortissants à ne pas se déplacer en Algérie avant d’être signalés au centre de crise du ministère des Affaires étrangères. Une instruction qui ne cadre pas avec le rapprochement politique qui s’opère entre les deux pays.

L’instruction qui circule actuellement sur le déplacement des citoyens français en Algérie reste énigmatique et étrange. Elle a été actualisée le 25 février dernier où les autorités françaises soulignent « la persistance d’un risque terroriste élevé dans la région» en y ajoutant que «la plus grande prudence s’impose à tous nos ressortissants résidant en Algérie ou prévoyant de s’y rendre ».

D’où vient ce risque soudain de terrorisme qui menacerait les Français en Algérie ? Selon la réponse des mêmes autorités, il s’agit de « certaines zones du nord-est du pays où évoluent encore des groupes terroristes ». Elles mettent en gardent le déplacement dans la région de Tizi-Ouzou suite au cas de l’enlèvement d’Hervé Gourdel. Tout comme les responsables diplomatiques français recommandent à leurs ressortissants de ne pas aller au Sud devenu ainsi une zone non fréquentable.

Ce parti pris envers l’Algérie est-il l’oeuvre des officiels du Quai d’Orsay ou une considération du risque Algérie qu’on veut gonfler ? Toute l’interrogation est là face à laquelle se heurte désormais le partenariat exceptionnel entre les deux pays. Le timing est choisi dès lors pour faire du « grabuge » à une relation qui commence à déranger certains cercles animés de leur haine de voir deux pays se réconcilier sur de nouvelles bases de relations politiques et économiques. S’il est sensé de dire que le risque existe dans certaines localités, les autorités algériennes sont les mieux placées pour en savoir plus sur ces questions d’ordre sécuritaire.

La contradiction vient des représentants français qui déclarent souvent dans leur séjour en Algérie que le pays est « entièrement sécurisé » et que c’est un bon endroit pour fructifier les affaires et d’investir. Cette instruction qui veut limiter la mobilité des Français en Algérie s’inscrit en porte à faux au dynamise des relations entre les deux pays. Et la plupart des Français qui sont en Algérie pour quelque motif que ce soit ne se sentent pas menacés de se déplacer de ville en ville sauf dans les localités estimées « dangereuses » qu’ils doivent éviter. L’autre raison qui veut que ce risque sécuritaire soit exagéré, c’est l’importance des évènements dramatiques et les guerres qui se déroulent en Libye et en Syrie.

Si les Français sont menacés dans ces pays, pourquoi automatiquement le seraient-ils en Algérie ? Il est évident selon les observateurs que cette tentative de limiter les déplacements des ressortissants français en Algérie n’est pas sans être liée à d’autres considérations qui veulent ternir l’image d’un pays le rangeant comme pays où le terrorisme est notoire.

C’est également briser l’image d’un Etat qui veut réconforter ses partenaires européens sur tous les fronts et les inviter à mieux se rapprocher de la réalité algérienne. Les autorités algériennes auront donc à réagir face à cette volte-face des officiels français et des explications doivent être fournies sur cette instruction.


Le Midi Libre  

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